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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Le Rêve aux illusions

Des rétiaires et défilés  …

Pour Jacques et Mado, des gens de peu parmi tant d'autres …

 

Le petit peuple de France se presse sur le pavé. Derrière des banderoles, devant des ouvriers futurs chômeurs, encadrés de concitoyens en galère, ils crient leur dépit, leur colère, leur souffrance.

Ils sont comptés par des forces de l'ordre qui en oublient l'arithmétique pour complaire aux puissants. Pourtant ils se massent sans compter : sans compter cet argent qu'ils offrent bien naïvement à ceux qui n'en espèrent pas tant, sans compter leur peine et leurs efforts pour survivre au quotidien, sans compter sur les journaux locaux ou les télévisions nationales pour rendre compte raisonnablement de leur détresse.


Pendant ce temps, sur les radios périphériques, le poujadisme a la parole. Chacun caquette et les plus terribles propos côtoient les douleurs indicibles. Pourtant ce sont toujours les chantres de la réaction qui s'y expriment le mieux. Il est plus facile de se faire entendre quand on défend froidement ses intérêts que lorsqu'on lutte désespérément pour survivre.

 

Alors l'impression qui domine est une terrible cacophonie. 

D'un côté des égoïstes supposés, des imbéciles des basses classes, incapables de comprendre ce qui se joue au niveau mondial. Des êtres de peu qui ne voient que par le tout petit bout de leur lorgnette, qui en oublient les réalités économiques, qui ne peuvent prendre cette hauteur qui leur ouvrirait les yeux sur la vacuité de leurs revendications en cette période si complexe ...


De l'autre, des éclairés et des initiés, des gens de beaucoup de ces classes « comprenantes » qui se navrent de tant d'égarements, de tant de volonté morbide de tout détruire pour des égoïsmes si mesquins à l'heure où les bourses s'effondrent, où les indices virent au rouge, où la conjecture s'effondre et que la croissance, cet eldorado du gogo, se travestit de coefficients négatifs.


Et puis il y a le terrible secret … !


Ce qui ne doit pas être dit faute de  perdre tout écho, faute d'avoir ce droit portant inaliénable de haïr celui qui nous gouverne. Car c'est bien de cela qu'il est question !


Comment ne pas haïr cet être hautain et prétentieux, cette caricature de sa marionnette, cette poupée vaudou que l'on rêve bourrée d'épingles et de gris-gris ?


Comment accepter que la « méprisance » de la République nous donne cette image inacceptable de la France ? Cet être de chair si gourmand de jolies femmes, d'argent, de puissants, de reconnaissance et des courbettes, cette adorateur de lui-même, ce chantre du bons sens ; cette nouvelle dictature de la non « pensance », nous blesse à chaque instant et nous humilie à tous les autres ! Comment avoir confiance en l'État lorsqu'on devine que rien n'est fait pour nous et que tout est pensé pour cette élite financière qui sait, elle,  ce que travailler veut dire ?


Car bien sûr, aucune de ceux qui défilent ne connaît la valeur du travail, celui qui se fait contre une monnaie qui ne soit pas de singe, qui se voit rétribuer chaque heure supplémentaire effectuée à la valeur de son investissement et de son mérite. Les fainéants défilent pendant que la vraie France continue à travailler pour le bien de tous, naturellement et de leurs comptes en banque, "numérairement"  . . .


Haineusement vôtre.
BR

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