Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
17 Septembre 2026
En leur coupant les vivres.
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Puisqu'il se murmure un peu partout à leur propos que la soupe doit être bonne compte tenu de la voracité avec laquelle ils se précipitent tous pour demander leur part du gâteau, il n'est qu'une mesure à prendre pour leur couper la chique et les mettre au pain sec : Renverser la table et tous ces maudits commensaux qui vivent sur le dos des braves gens qu'ils saignent pour leur seul appétit vorace d'honneurs certes mais plus encore de privilèges.
Mais revenons tout d'abord sur la formule initiale. Il est fort peu probable que la soupe fasse partie des mets qu'on sert à nos parasites en goguette. Un consommé à la rigueur pourvu qu'il fut préparé par un chef étoilé avec des produits rares et onéreux. Le prix est d'importance pour exprimer la légitime déférence que le citoyen doit à leur immense sacrifice.
Les entremets quant à eux doivent être à la mesure de leur situation dans la hiérarchie de cette caste politique. Plus on tutoie le sommet de la pyramide, plus il convient de proposer des plats raffinés, goûteux et rares. Les fonctions exercées imposent cette escalade culinaire qui s'exprimera pleinement avec le ou les plats suivants.
Plus le citoyen est mis sur le grill, plus il est saigné à blanc, plus il passe à la moulinette, plus il est essoré, plus il convient de servir ce qui se fait de plus précieux en matière de gastronomie. C'est une forme d'impératif moral. Plus le citoyen ordinaire voit fondre son pouvoir d'achat, plus ses représentants doivent marquer leur distance avec un appétit d'ogre.
Nous éviterons la litanie des plats suivants au risque de vous causer une indigestion, péril qui paradoxalement ne touche jamais nos habitués des banquets si peu républicains qu'ils en sont princiers dans des lieux prestigieux de l'ancien régime. N'allez pas chercher à faire une remarque sur ce fameux régime maigre qui ne concerne jamais nos élites républicaines.
Le sommet cependant n'est pas dans le menu mais dans tout son environnement. Les couverts atteignent des prix faramineux. Pour ne pas être bien dans votre assiette, il suffit de connaître le prix d'achat de la vaisselle présidentielle. C'est avec les vins que la coupe est pleine tant par le coût que par la quantité. C'est à croire que nul contrôle d'alcoolémie ne concerne ces boit-sans -soif en représentation.
Alors Renverser la table sera un mouvement d'humeur qui a son prix même s'il est peu probable que vous puissiez accéder sur le lieu des agapes. En bons dignitaires d'un système monarchique, ils prennent la précaution d'écarter le commun de la cérémonie. Plus l'entre-soi est de rigueur plus ces profiteurs éhontés qui prétendent, la bouche pleine, agir de la sorte pour afficher le train de vie de l'État se montrent d'une cupidité délirante.
Même dans le cas extrême que l'un d'eux, fasse provisoirement un petit passage par la case prison, la cantine de ce dernier ne sera pas la même que celle de ses codétenus, comme si le régime parlementaire exigeait de toujours mettre les petits plats dans les grands pour ces individus qui au lieu de servir le peuple souverain, se servent sur son dos sans y aller par le dos de la cuillère.
Autrefois, on les qualifiait de grosses légumes et parfois d'huile, comme si la sagesse populaire avait compris que l'essentiel pour ces gens-là était de se rincer au frais de la Princesse. En renversant toutes les tables des banquets, réceptions, vin d'honneur et autres sauteries à petits fours et vins pétillants, nous ferions un grand pas vers un serrage de ceinture qui s'impose.
Les commensaux de la République sont des pourceaux gras et goinfres qui méritent d'être saignés pour de bon. Cette cinquième République risque fort de s'achever en eau de boudin et pour une fois, nous cesserons d'être les andouilles de la fête. Sus aux commensaux de l'indignité républicaine.