Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
8 Septembre 2026
Souvent une vaine quête aux adhérents.
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Si certaines associations ne sont pas en mal d'adhérents si bien qu'ils en viennent à refuser de nouvelles inscriptions, faute de place, de locaux, d'éducateurs ou de créneaux disponibles, d'autres se lancent à la quête d'éventuelles vocations par le truchement de cette grande foire aux activités socio-culturelles, sportives ou de loisirs. C'est alors que sur un espace dédié aux rassemblements, se réunissent tous ceux qui entendent accroître leurs effectifs.
L'idée a dû germer dans une ville quelconque qui depuis a fait des émules dans tout le pays. Le premier week-end de septembre est dédié un peu partout à ce grand raout du bénévolat (dans la plupart des cas à l'exception de certains sports qui sont entrés dans l'ère de la professionnalisation illusoire de leurs cadres), de la bonne action et de la convivialité autour d'une passion commune. Que ce soit le samedi ou le dimanche, tout ce qui appartient à l'univers associatif s'expose avec le secret espoir de convaincre des incertains de se joindre à eux.
Le problème réside dans ce qu'il faut mettre en valeur pour attirer le chaland qui déambule de stand en stand sans trop savoir ce qu'il vient chercher. Celui-là est le plus difficile à prendre dans les rets. Comment attirer son attention ? Que lui dire pour éveiller curiosité, intérêt, envie d'aller plus loin ? Que faut-il exposer pour attirer son regard et ralentir son pas ? Il y a de nombreuses activités qui ont bien du mal à se résumer par un titre, une affiche, un slogan.
Autant pour ceux qui viennent avec l'intention de s'inscrire à une activité précise, le contact est aisé, autant pour les autres, provoquer le coup de cœur n'est pas chose facile d'autant plus que chacun sait le peu de chance de trouver l'oiseau rare. Alors derrière le stand, on discute entre adhérents sans vraiment se soucier du badaud qui passe. Il est vrai que l'expérience prouve qu'en dehors des activités sportives, il est bien délicat d'attraper des mouches avec du vinaigre.
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Il convient d'être présent en dépit de la certitude de faire chou blanc pour complaire à la mairie, démontrer sa vitalité associative, montrer sa bonne volonté et sa reconnaissance. C'est une forme de devoir de représentation auquel il serait imprudent de déroger. Du côté des élus, chacun se montre attentif à une participation qui va de soi.
Le forum est bien plus une agora, puisque le premier est romain, ce qui impose un travail éponyme pour en obtenir les fruits escomptés tandis que le second est grec et pousse simplement les participants à aller se faire voir, pour faire seulement acte de présence. Je sais que ceci est tiré par les cheveux même si je ne fais qu'exprimer l'opinion de nombreux responsables d'associations qui ne tirent jamais le moindre bénéfice de cette journée incontournable.
Fort heureusement un vin d'honneur, une petite animation, quelques rencontres fructueuses entre associations ou avec des élus, donnent de l'épaisseur et de la consistance à ce moment qui remplit d'autres fonctions que celles initialement annoncées. Bien peu de recrutement et beaucoup plus de projets parmi ces irréductibles individus qui donnent encore de leur temps bénévolement.
Les néo-ruraux absents sont devant Netflix ou se pressent au supermarché. La vie de leur commune de résidence ne les préoccupe guère, ils vivent leurs loisirs ailleurs et parfois prétendront qu'il ne se passe jamais rien d'intéressant là où ils habitent. Les grandes agglomérations les aimantent avec leurs extraordinaires animations spectaculaires et cette foule qui est le signe indiscutable d'une qualité qui ne peut se concevoir dans leur « bled ».
Ici, le confidentiel ne peut les éblouir, la simplicité ne parvient pas à les toucher, la convivialité avec des inconnus ne les motive guère, la culture les insupporte, la solidarité les exaspère, le don de soi est hors de propos. Ces représentants de cette nouvelle société ont tourné le dos à ce qui fit jadis la gloire et l'honneur de la loi de 1901. Eux, ils sont les enfants d'un autre siècle, celui de l’individualisme, du repli sur soi et de l'égoïsme exacerbé.
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