Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
6 Septembre 2026
Demandez le programme …
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An'hui j'vons vous narrer les aubours et les belles heures d'un baladin de nos chemins de Loire. Parti d'hez lui, où il était pourtant si bénaise, il a pris sa besace sur le dos : un hoteziau aferé, pour s'en aller remonter le fleuve jusqu'à sa Source lointaine. Y'a ben queques bourgeoisiaux pour le traiter de berlaudin, mais n'en avait cure, il voulait conter fleurette à la belle dame brune, fille Liger et sauvage qu'il entendait ben biger jusque dans son berceau.
Chaque jour sans bourdir, il avala les lieues à rebrousser la levée et les berges, à clabauder les gens du voisinage pour trouver gîte pour la nuit et belles histoires à coucher sur le papier. Il se fit colleux des récits d'antan comme des vies des gens d'maintenant. Sans décesser une minute, il a égréné les mots qu'il a péché de ci de là le long de l'eau qui s'étiolait en cet été si sec.
Il s'est embisstrouillé sur des senquiers mal fléchés, cassé l'nez sur des barrières de paysans mangeux de berges, mis en danger sur le frayé des autos. Pourtant, il a pris l'temps de jaspoter avec les gens du voisinage, d'écouter les plaintes des peineux, les amuseries d'la pratique des auberges. Trimardeux sur les traverses, y'en a ben qui lui firent la lippe quand d'autres, mieux embouchés, lui faisaient offrande de queques sourires ou parfois d'une lichet d'vin.
Sur l'papier d'un carnet, il a gribouillé ce qu'on voulait ben lui céder, marinier à pied, il a jeté l'encre noir sur de papier blanc. Des histoires vraies ou ben fort arrangées, des confesses grimacières ou des agaceries de bavards, des menteries plaisantes ou des sornettes qu'il fallait accroire. Il en oubliait parfois sa chère rivière mais n'avait de cesse que de s'en retourner vers elle et d'écouter ses plaintes et ses récits. De tout ça, il a engagé pour les veillées, toutes sortes de balivernes et autres billevesées qui peuvent tomber dans vos orailles si vous l'prenez l'temps de vous poser icit.
Laissez les ouésiaux qui' s'berdillent le long des stands à gogos des rouyiers de nos louées, c'est la bourse à tertous qui se démange. Au lieu de vous trépigner sur l'devant de l'estrade, posez donc vos culs et écoutez ses histoires. Enfeingnantez vous pour un petiot moment, vous les villotiers en virés et rabedez l'époque où des colporteurs et autres trimards des grands chemins vous narraient des histoires, des contes, des légendes et autres balivernes égayantes .
Not' dame Liger, la belle et rebelle Loire, n'est que prétexte pour vous autres à r'devir les pequits aux yeux émerveillés qui écoutaient le diseur au coin du feu un beau soèr de veillée. Laissez les mots suivre le courant, acceptez que la grand voile se gonfle d'émotions et que le vent de galerne vous soublaille de sapré belles bonimenteries !
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