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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Naissance d'un conte.

De l'idée à sa réalisation.

 

 

Il se peut que certains lecteurs s'étonnent ou bien s'émerveillent d'une imagination qui me permet ainsi, fort régulièrement, de créer un nouveau récit, de proposer un scénario qui permet de mettre en action des personnages qui évolueront dans le cadre d'une histoire qui peut passer pour un conte. Ne soyez pas surpris ni même laudateurs, tout ceci repose sur des techniques et des stratégies qui n'ont rien de miraculeuses.

Tout d'abord, pour évacuer les griefs des tenants du conte classique, ce que je propose ne relève pas de ce genre car je m'émancipe à la fois du schéma classique avec ses codes, ses principes, ses incontournables et sa résolution et d'autre part, je ne revendique nullement cette étiquette que je trouve sclérosante et porteuse de rejet parmi les béotiens de la chose.

Ceci posé, il n'y a naturellement pas de recette pour créer une histoire qui pourra ou non se raconter par la suite à un public. C'est d'ailleurs le premier point à expliciter. Un texte peut parfaitement tenir la route, satisfaire des lecteurs et ne jamais passer la phase de l'oralité. Il y a un mystère qui ne m'appartient pas d'élucider. Par contre, dans le cas contraire, il y a fort à parier qu'entre la mouture initiale et le récit en public, bien des transformations s'imposeront à son locuteur pour donner davantage de vie, de suspens, de l'humour parfois à un écrit qui nécessitait de nombreuses retouches que seul le retour d'un auditoire permet.

Ceci posé, passons donc à une explication par l'exemple, ce qui permet d'illustrer sans toutefois de généraliser, ce qui en la matière est rigoureusement impossible. C'est donc de la naissance d'un conte particulier qu'il est question ici en vous laissant le loisir de le découvrir à votre guise avant ou après la lecture de son bulletin de naissance.

Tout a commencé par une racontée menée par des Mauritaniens. Un récit duquel du reste je perdis le fil, déclencha chez moi le processus créatif qui prit plusieurs jours avant d'aboutir à sa réalisation. Le conteur raconta une histoire ancrée dans son territoire avec au préalable l'évocation de trois proverbes locaux qu'il demanda au public de retenir. Puis l'aventure se déroula durant laquelle le public en restituant un proverbe permettait de surmonter l'épreuve et de passer à l'étape suivante. Ce qui se passa alors, je ne sais car je m'étais arrêté à ce procédé qui mit en action mes réflexions…

Ainsi je retins l'idée de trois proverbes qui serviront de clef à la bonne marche d'une aventure qui avait besoin de subterfuge pour avancer et finalement triompher. Ceci acquis comme structure de base, il me fallait déterminer un personnage et surtout son prénom. Ayant l'intention de faire du proverbe, de l'adage, de la sentence le support même du récit, le héros ne pouvait que s'appeler Maxime, vous comprendrez pourquoi j'espère.

Le proverbe relevant de la transmission, une forme particulière d'enseignement j'en fis le système éducatif d'une vieille grand-mère à son petit-fils. Le souci de transmettre un message m'imposait d'évoquer cette forme particulière de la sagesse populaire par des exemples, des situations qui constitueraient l'entrée en matière du récit.

Ne restait plus qu'à sélectionner trois proverbes et pour bien faire, d'aller puiser dans le répertoire universel des adages que je ne connaissais pas et que je choisis de manière aléatoire sans idée préconçue. À partir de là, il ne restait plus qu'à se laisser porter par le récit pour trouver l'opportunité d'utiliser un proverbe afin de résoudre une difficulté rencontrée par le héros.

Rien ne fut prémédité. L'histoire s'imposant à son créateur, Maxime le héros me contraignant à suivre son épopée et à lui tendre la main pour passer à l'étape suivante tandis que les proverbes retenus servaient de cadre et de contrainte à la logique narrative. La chute viendrait d'elle-même à la seule condition que j'accepte de me raconter moi-même cette histoire que je créais ainsi. Ce n'est donc pas compliqué, comme vous pouvez vous en rendre compte !

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