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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Les boîtes à livres.

La fausse bonne idée…

 

 

Elles ont fleuri dans nos villes et villages, investissant parfois les cabines téléphoniques d'antan, une sorte de message prémonitoire annonçant la mort du livre ou du moins un coup bas porté aux librairies indépendantes. Comme toutes les fausses bonnes idées des élus qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, celle-ci recèle bien des travers qu'il convient de dénoncer pendant qu'il demeure des lecteurs pour parcourir ces modestes lignes.

La boîte à livres a pour première dérive de faire du bouquin un objet jetable dont on se débarrasse en pensant qu'il y aura bien quelqu'un pour prendre en charge ce misérable témoin d'une autre époque. C'est ainsi que ce sont assez souvent des épaves qui sont glissées là, en attendant qu'une main charitable vienne les sortir de là. Chez les bouquinistes, les livres étaient sélectionnés, choyés et seuls les présentables étaient offerts à une seconde vie. Parfois dans les boîtes, c'est une mort lente qui les attend !

Le second inconvénient réside dans ce rapport déshumanisé que ce système propose à l'hypothétique futur lecteur. Dans une librairie ou chez un bouquiniste, un lien se crée entre le vendeur et l'acheteur fait de conseils, de commentaires, de simples discussions autour d'une des plus belles passions : la lecture. Là, une main indifférente prend un ouvrage, la plupart du temps sans rien savoir de l'auteur. Le livre y est devenu un bien de consommation navrante.

Les boîtes sonnent aussi le glas pour nombre de libraires. Chaque jour, des librairies ferment boutique dans l'indifférence de ceux qui ont décidé de l'installation des boîtes tout en confiant leurs bibliothèques de préférence à des bénévoles qui feront de leur mieux tout en prenant la place de bibliothécaires formés qui ne trouvent plus d'emploi. La mort lente de ces réseaux sonne aussi celle de la culture dans cette nation.

Effet encore plus pervers, le choix proposé par ces réceptacles à livres abandonnés est calamiteux. Le pire de la littérature y croupit en espérant que les yeux fermés, un individu en quête de quelques instants d'occupation, ne vienne tirer au hasard l'un de ces ouvrages. Quand il ne restera plus que ces poubelles à livres pour trouver un bouquin, on imagine aisément l'extraordinaire régression du choix qui s'offrira aux derniers lecteurs

Ces boîtes s'inscrivent également dans une logique proche de celle qui conduit des traîtres à la lecture, à commander un livre sur Amazon. Ces personnes ne savent plus différer une envie. C'est comme pour tout le reste : tout de suite et maintenant. Ils ne veulent plus se rendre dans une librairie, supportent encore moins de prendre le risque de ne pas trouver l'objet de leur désir et se refusent à commander chez un professionnel qui n'assurera pas les mêmes délais des fossoyeurs du livre. La boîte c'est un livre de suite, sans attendre, l'expression même de notre époque, qu'importe que ce soit n'importe quoi !

Enfin ces misérables boîtes induisent l'idée que le livre peut être gratuit. C'est réduire à néant le travail de l'auteur, mépriser la longue chaîne de sa publication, bafouer les conseils du libraire. Ces lecteurs prennent un bouquin puis le jettent. Quand ils se retrouvent devant un auteur qui vend le fruit d'un long travail, d'une pénible élaboration, ils trouvent bien trop élevé le prix d'un objet qui à leurs yeux n'en a plus. C'est ce que ressentent tous ces auteurs anonymes qui confrontés aux lecteurs de ce type, se voient souvent reprochés qu'ils ne donnent pas le fruit de cette longue création littéraire.

Vous allez une fois de plus prétendre que j'exagère, que je vois tout en noir. Allez donc interroger les professionnels du livre, observer le contenu de ces poubelles à livres déprimés, suivez le sort de ces malheureux bouquins qui se retrouvent plongés dans un sac à dos ou le panier de commissions. Le livre mérite respect et admiration et surtout, le livre a un prix.

 

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J
L'IA précise "Ce système solidaire favorise le partage"<br /> Dans un seul sens. Aujourd’hui, seuls les contenus créés par une personne physique<br /> sont protégés par le droit d’auteur. Un outil d’intelligence artificielle ne peut pas être reconnu, et donc déclaré, comme auteur ou coauteur d’une œuvre de l’esprit.
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J
Aperçu IA Ce système solidaire favorise le partage et donne une seconde vie aux lectures oubliées, même si l'on y trouve parfois des livres abîmés ou peu récents.<br /> Les points forts: Gratuit: Aucun abonnement ni inscription. Accessible: Ouvert tout le temps, jour et nuit. Surprenant: Permet de faire des découvertes inattendues. Écolo: Fait circuler la culture et évite le gâchis. <br /> Les limites: Choix aléatoire: Beaucoup de romans de poche et peu de nouveautés. État variable: Présence parfois de vieux manuels ou de livres abîmés par l'humidité. Manque de civisme: Risque de stockage abusif ou de revente des lots par des tiers.
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R
Jean<br /> <br /> L'IA en ce domaine comme dans tous les autres se moque éperdument des droits légitimes de l'auteur. Il y a tant de mépris dans ce rebut livresque !