Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
4 Août 2026
Mettre la main dans nos poches !
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L'existence est rude sur les hauts plateaux du pouvoir, balayés par les vents contraires, chahutés par un peuple ingrat et mis à mal par une conjoncture des plus défavorables. Chacun fait en sorte de passer entre les gouttes, de se préserver au mieux des difficultés qui sont le lot de leurs concitoyens, qui eux n'ont pas la possibilité de se mettre à l'abri des innombrables périls qu'une époque impitoyable sème sur leur route.
Dans ce contexte délétère et soucieux de montrer l'exemple comme le firent jadis les monarques de l'ancien régime, le Président en personne n'eut de cesse de dépenser sans compter pour les frais inhérents à la magnificence du Palais, les frais de réception et les voyages, donnant ainsi le sentiment à ses sujets que le train de l'état n'a pas à subir les aléas bassement matériels. Nous devrions leur en savoir gré au lieu de quoi les jaloux et les envieux lui en veulent.
En bons serviteurs de l'État les seconds couteaux de la pyramide ont suivi leur cher chef de file dans cette course en avant des dépenses fastueuses. Chacun y allant de sa contribution pour donner encore l'illusion de l’opulence de la septième nation la plus riche au monde, qu'importe si les membres de la communauté nationale doivent quant à eux se serrer la ceinture pour maintenir le décorum de la cour.
Pour faire bonne mesure, les parlementaires ont eux aussi accepté d'augmenter leurs différents avantages même si la mesure est compliquée à justifier lorsqu'ils retournent dans leur circonscription. Mais ce sacrifice, ils l'ont consenti sachant qu'ils se doivent de se maintenir en haut du panier alors que la tempête gronde dans les soutes. C'est pour eux un devoir que de se placer ainsi bien au-dessus de la ligne de flottaison et nous devrions leur en savoir gré.
Dans ce merveilleux aréopage des pleins de soupe, des nantis, des grands bourgeois qui ont fait don de leur personne au service de l'État il est une personne qui a poussé plus loin encore cet impératif d'en appeler à la rigueur budgétaire, aux économies à grande échelle, à la contribution de toute la masse laborieuse des gueux et des manants.
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Ministre de la santé, médecin ayant encore conservé une activité professionnelle pour montrer l'exemple, elle s'est sentie contrainte d'imposer une nouvelle mesure d'économie qui touchera tous les assurés sociaux en augmentant à 200 euros le montant des sommes restant à la charge des patients sur leurs dépenses de médicaments et de consultation. Une mesure qui s'impose pour permettre de compenser les dépenses que son conjoint va coûter à la collectivité nationale.
Son cher époux, ancien directeur général du centre hospitalier d'Orléans, présentant une fin de règne délicate a fait sacrifice de son ambition professionnelle pour accepter de se mettre au service de tous en prenant le poste hautement rémunérateur de conseiller d'état en service extraordinaire (si extraordinaire qu'il en demeure vague et incertain) pour cinq ans de pantouflage.
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Nous pouvons ainsi admirer le joli coup de passe-passe de la dame qui songe avant de disparaître dans la prochaine tourmente ministérielle, de mettre en place une mesure de financement pour le poste obtenu par son époux au nom des services qu'elle a elle-même rendus. Comme dans pareil cas, la pilule est dure à avaler, c'est précisément dans le pilulier des braves gens que la dame est venue effectuer sa ponction financière. C'est admirable de subtilité et d'adresse.
Je ne doute pas une seule seconde de la crise de conscience morale qui a précédé cette démarche de la part de cette dame qui a mis son énergie et ses compétences au service de son seigneur et maître. Elle a fini par accepter le royal présent en mettant en place une habile mesure de compensation financière tout en appliquant le principe qui prévaut toujours parmi cette noble caste : En appeler au sens du sacrifice en mettant la main dans nos poches ! Je ne peux que la féliciter pour ce coup tordu qui atteste si besoin en était encore nécessaire qu'elle a désormais tout saisi des règles qui prévalent dans ce microcosme misérable.
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