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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Bandits de grands jardins.

La flambée des prix.

 

 

Camille Pissaro

Les primeurs, maraîchers et revendeurs des zones estivales sont des chasseurs de prime qui en veulent manifestement à notre porte-monnaie. La flambée des prix a coïncidé avec celle des forêts sans qu'ici, nul ne vienne mettre un peu de modération dans cette folie. Il est vrai que le touriste est une victime idéale, un mouton que chacun ici se fait un devoir de tondre avec une application qui mérite notre admiration de victimes sacrificielles.

Alors qu'il faut d'abord poireauter dans des files d'attente dans lesquelles chacun s'acharne à tirer son épingle du jeu pour gagner quelques places, une fois votre tour arrivé, vous n'avez plus assez de lucidité pour regarder le prix (quand ils sont affichés). C’est ainsi que des figues à 14€50 le kilogramme demeurent la référence absolue de cette foire d'empoigne.

Mais n'ergotons pas sur les princes des légumes ou les vedettes des fruits. La cerise d'Espagne s'autorise encore des excès quand d'autres devraient se demander s'il est bien utile d'en faire l’acquisition en juillet. Si le melon se montre raisonnable et fort bon paraît-il, il n'en va pas de même des pêches et autres dérivés qui de plus sont rarement mûres tandis que leur prix reste en travers de la gorge.

Camille Pissaro

L'estivant qui cuisine – catégorie qui n'est sans doute pas la norme si j'en crois le monde aux terrasses des nourrissoires insipides – doit, s'il veut préserver son budget, ne pas tenter l'aventure des tomates anciennes. Elles doivent provenir de galions coulés jadis dont des chasseurs de trésor ont fini par les extraire des soutes englouties. Elles en font voir de toutes les couleurs à ceux qui en font l'achat.

Le haricot vert, légume habituellement de saison, grimpe en flèche au point que les tuteurs finiront par être nécessaire à qui a l’extravagance de vouloir en manger une cuisine. Le risque est grand de finir sous tutelle tout en se contraignant, pour amortir le choc, à les manger avec leurs fils et leurs queues. Il est vrai que la canicule explique en partie la spéculation sur laquelle jouent quelques malandrins.

Je pourrais citer à plaisir tous ces bons produits qui ont eu une poussée de fièvre et de prix en cet été où tout flambe aisément. Je doute qu'un produit échappe à la folie spéculative des centrales d'achat et même de certains producteurs. Je me garde pour la bonne bouche cet achat déraisonnable de 3 têtes d'ail, 5 oignons rouges et une douzaine d’échalotes pour 13€ 40, j'en reste encore sans voix.

Décidément, nous ne sommes que des vaches à lait que l'on presse en tous lieux et en toutes circonstances, trouvant moult prétextes pour justifier toutes les hausses possibles à l'exception notoire de nos salaires et pensions. Il est bien évident que les parlementaires échappent à cette rigueur budgétaire, eux qui sont les grosses légumes de cette farce indigeste.

Nous pourrions collectionner les raisons multiples qu'on nous renverra en guise d'explications de la météo au contexte géopolitique, de la guerre en Ukraine qui n'en finit pas et des dépenses princières de notre monarque, des incendies, des catastrophes et d'une conjoncture qui produits des effets, toujours dans le même sens. Les canailles s'enrichissent et le peuple se serre toujours plus la ceinture dans ce qui est encore la septième économie de la Planète.

Quant aux commerçants, en bout de chaîne, qui essuient le mécontentement de leurs derniers clients, n'oublions pas qu'ils sont surchargés de taxes et d’impôts ce qui n'est nullement le cas des grandes fortunes de ce pays et d'ailleurs ainsi que des enseignes de la grande distribution. Il ne faut pas s'étonner alors qu'ils en veulent à notre oseille.

Camille Pissaro

 

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