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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Guêpins et guêpiers.

Et pourtant si différents.

 

 

Otto Plantema

Le dérèglement climatique provoque bien des bouleversements qui sont pour la plupart fort désagréables mais n'est pas exempt de belles et grandes surprises qui nous mettent un peu de baume au cœur. C'est ainsi qu'un magnifique oiseau chamarré, qui jusqu'alors ne poussait pas le bout de son bec jusqu'aux rives de notre Loire, a daigné nous rendre visite.

Il est vrai qu'il ne pouvait en être autrement puisque le guêpier d'Europe avait été certainement créé pour un jour venir rendre visite aux guêpins durant son séjour estival. Quoiqu'il n'y ait guère de ressemblance entre ces deux patronymes, il n'en demeure pas moins un attachement viscéral à la guêpe qui constitue une bonne part de l’alimentation de notre ami ailé alors que l'insecte fait partie intégrante de l'histoire locale depuis le 14 juin 451.

Il est fort probable que ces charmants oiseaux migrateurs ignorent tout d'une histoire écrite avec une autre plume que la leur pour une prise de bec entre les Huns d’Attila et les habitants d'Aurélianum. Ceci n'interdit nullement de se réjouir désormais de leur présence du 15 mai au 15 août sur nos rives sableuses et nos modestes falaises ligériennes.

Pratiquant à l'instar des hirondelles de rivage, le guêpier creuse son trou pour abriter son couple. Voilà du reste un couple qui mérite bien des éloges puisqu'ils constituent une exception dans le règne animal. Nulle distinction en effet entre le mâle et la femelle qui partagent pareillement une robe chatoyante aux merveilleuses couleurs de l'Arc en Ciel.

Otto Plantema

Tous deux sont parés de couleurs aux reflets métalliques mêlant harmonieusement le bleu-vert turquoise au ventre, au poitrail et au bas des ailes. Se mêle alors le brun-roux sur le dos, la calotte et le haut des ailes ainsi que le vert sombre pour la queue. Le bec légèrement incurvé se colore de noir tandis qu'ils s'observent avec une iris rouge dans un œil noir. Ajoutons pour compléter le tableau une bavette jaune bordé de noir. Quant au dessus des ailes,il propose un ton vert à bleu-verdâtre, tandis que le dos est roux et jaune, la queue et les filets se teintent de vert sombre. Ses courtes pattes et ses doigts sont gris-brun. Une pure merveille qui réjouit ceux qui parviennent à l'admirer.

Pour ceux qui ignorent tout de ce plaisant animal, sachez qu'il vient sur nos rives avec sa compagne pour une parade nuptiale qui consiste en un claquement d'ailes avant que la dame se laisse convaincre en un simulacre de mise à mort avant que de réunir leurs deux cloaques pour que puissent se dérouler la fécondation.

Ils vont couver alternativement, le partage des tâches étant la règle chez eux pour une couvaison de cinq œufs durant 3 semaines. Les petits naissent et passent à la phase de nourrissage durant 3 à 4 semaines avant que de prendre leurs destinées en ailes. Ce sera ensuite l’épreuve la plus redoutable puisqu'ils partiront migrer en Afrique de l'Ouest dans un long périple qui laisse sur le flan 30 % des voyageurs.

Sur place, les natifs de la Loire s’évertueront à trouver un compagnon ou une compagne parmi des guêpiers venus d'autres coins de l'Europe, pratiquant ainsi un métissage qui favorise largement le capital génétique des futurs rejetons. Une nouvelle naissance a lieu en Afrique si bien que pour eux, et au grand désespoir d'une idéologie en vogue, le droit du sol ne signifie pas grand-chose.

Comble d'ironie, ils reviennent au pays pour passer l'été sans le moindre passeport ce qui pourrait corroborer l'hypothèse ou la théorie du grand remplacement. Il me faut ajouter, en toute honnêteté que ces immigrants viennent malheureusement chez nous pour se taper la ruche puisqu'ils sont aussi friands d'abeilles pour le grand dam des apiculteurs.

Ce billet n'a rien d'un traité d'ornithologie puisqu'il est l'œuvre de l'un des derniers défenseurs de l'esprit guêpin qui fit longtemps le miel de la littérature de l'orléanais.

Otto Plantema

 

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