Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
20 Juin 2026
Un harmonieux mélange des genres.
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Ils aiment à se retrouver chaque année dans une grange munie de quelques gradins, au cœur du Sancerrois, sans que le breuvage local n'influence en rien les débordements des uns et des autres. Ce sont toutes les expressions artistiques scéniques qui les réunissent afin de partager les passions des uns et des autres.
Les uns vont chanter, d'autres déclamer, certains bafouiller avec le talent extraordinaire de celui qui se prend volontairement la langue dans les confusions lexicales. Il y a des musiciens et des amoureux des mots, sans qu'il existe de frontière en ce noble aréopage ni de jugement de valeur.
Certains se produisent occasionnellement, justement parce qu'ici, ce bonheur est permis sans critique ni regard hautain de la part de ceux qui font de temps à autre les artistes. Ceux-là, profitent de l'aubaine pour explorer d'autres univers, histoire sans doute de jouer eux aussi les aventuriers de la scène en arpentant d'autres domaines.
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Tout a commencé par un récit très personnel, relevant sans aucun doute d'une confession. L'émotion pointait et attestait qu'en cet endroit, tout est permis sans honte ni censure de la part des comparses. Puis un accordéoniste se lança à son tour dans un exercice qui lui est cher. La fantaisie affleure tandis qu'il glisse deux ou trois sujets graves sans avoir l'air d'y toucher.
Un autre prend la place pour déclamer des textes quelque peu osés d'un humoriste chanteur, manieurs de mots et de métaphores, d’assonances et de propos coquins. Il se régale de pouvoir ainsi donner en partage ses admirations, lui qui la plupart du temps se contente d'accompagner musicalement ses partenaires.
Le suivant, plusieurs fois du reste au cours de la soirée, vient faire assaut de virtuosité oratoire en bafouillant avec une maîtrise admirable des textes de Pierre Repp qui se jouent de toutes les confusions possibles. Plutôt que de fréquenter une orthophoniste, il démontre que les vire-langues sont une forme élaborée du discours théâtralisé.
Autre jongleuse en sa manière très personnelle, une faiseuse de fables courtes nous cisèle des petits poèmes qui en quelques vers conduisent l'auditeur surpris à une chute qui provoque l'hilarité. Jeux de mots et formules détournées se multiplient tandis que le public n'a pas le temps de reprendre son souffle qu'une nouvelle saillie drôlatique pointe le bout de sa frimousse.
Le maître de séant vient à son tour déclamer un texte grave, un poème qui dévoile en partie le sens de sa passion littéraire. C'est fort, émouvant et reçu avec l'écoute et l'émotion qui sied à de pareils instants. Puis, sans transition aucune, il plonge avec fracas dans un récit d'une actualité brûlante et désolante.
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Un chanteur s'autorise à présenter a capella un texte qui lui tient à cœur. Habitué des chorales, il se trouve au premier plan, seul, avec un plaisir non dissimulé. Il s'autorise à nous présenter son pote le Gitan avant que d'entonner plus tard la Complainte de Mandrin. Un récit particulièrement évocateur pour un raconteur d'histoires.
Un chanteur patenté prend le relais en prenant la route 43 en guise de cadeau à un camarade. Une chanson dite, pleine de rythme et d'énergie qu'il a créée il y a plus de quarante ans. Ce fut un moment fort qui préfigure son tour de chant programmé le lendemain. Il reviendra sur scène pour une nouveauté qui toucha un public qui n'eut de cesse d'écouter chacun des protagonistes avec une bienveillance rare. Quant à votre serviteur, il se gardera bien de vous dire ce qu'il fit en cette instance.
Ce fut un moment rare qui enthousiasma tout ceux qui eurent le privilège de le déguster dans sa diversité, sa fragilité, sa spontanéité si précieuse. Merci à tous ceux qui nous firent ce merveilleux cadeau qui prouve qu'il est permis d'écouter pour mieux s'entendre.
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