Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
30 Juin 2026
Compromis, chose due !
Entre la poire et le fromage ou plus exactement entre les sénatoriales et les présidentielles, va-t-on enfin parvenir à un peu plus de sagesse et de parcimonie dans notre plateau de grosses légumes qui entendent ne pas se partager les fruits de la présidence. Dans cette fabuleuse course à l'échalote, nul n'entend couper la poire en deux sous prétexte que la place est aussi juteuse que l'on peut l'imaginer.
Pourtant, il y aura bien plus de poires dans cette affaire que de candidats au terme de ce marathon de l'égo qu'entendent nous proposer nos joyeux protagonistes, piaffant d'impatience sur la ligne de départ. Ils sont si pressés du reste d'afficher leurs ambitions à défaut de leurs propositions, qu'ils n'attendent même pas que le fruit soit mûr pour faire les beaux sur nombre de plateaux télé et pendant des meetings où ils se complaisent tous à faire le poirier pour décrocher la Lune.
Les plus avisés d'entre-nous se paient leur poire, comprenant tout le pathétique qu'il y a dans ce lamentable concours de fatuité qui gouverne ceux qui se pensent encore constituer l'élite de la nation. Ils sont si pitoyables qu'ils en arrivent à susciter pitié et mépris à la fois quand ils se déclarent, persuadés qu'ils sont : que le temps est venu pour eux, que la poire est mûre, et qu'ils vont balayer tous leurs rivaux.
Ils oublient quand dans le panier, il y a déjà quelques poires blettes, que d'autres ne mûriront jamais en dépit de tous leurs efforts et qu'il ne s'agit jamais de vendre la peau du fruit avant que de l'avoir convenablement épluché. Ils se fourvoient plus encore en ignorant que c'est un fruit à pépins et qu'il n'est pas exclu que certains leur restent en travers de la gorge. Les vers sont dans tous les fruits qui se présentent à nos suffrages car pour arriver là, ils ont dû faire assaut de bassesses et de trahisons.
Quant aux vieux routards de la chose, qui de porte-greffes en porte-greffes, continuent de se présenter sur l'étal des citoyens, ils pensent sans doute qu'une triple distillation produira un nectar sans pareil qui les propulsera en tête des sondages et plus tard, au sommet de l'arbre. L'alcool de poire est certes réputé pour favoriser la digestion mais à force de gaver le peuple, il est des moments où plus rien ne passe.
Quant à ceux qui tomberont de l'arbre avant que de parvenir à leur « faim de pouvoir », leurs assommants discours ont fini par nous en boucher un coing. Qu'ils ramènent ainsi à longueur d'antenne leur fraise pour tout et à tous propos, alors qu'ils sont tous responsables à des degrés divers de cette sidérante décadence nationale, nous donne envie de les envoyer dans les roses ou bien dans les pommes.
Toujours est-il que ce sont les citoyens lucides qui vont avaler durant cette fastidieuse période, des poires d'Angoisse, se demandant à quelle sauce ils vont être mangés par cette troupe d'incapables patentés. De déconfiture en déconfiture, la suite ne sera pas de la tarte, ça va de soi. Pomme, poire, coing et tout ça pour, à l'arrivée, ne donner que des nèfles !
Dire que ce manège se nommera campagne sans que nulle récolte prometteuse n'aboutisse au terme de ce parcours qui placera immanquablement sur le trône un être aussi fat, fade et falot que tous les précédents, qui de passage de témoin en passation de pouvoir, n'ont tous eu de cesse que de faire assaut de médiocrité, d'impuissance et de vacuité.
Si la raison l'emportait un jour, il serait grand temps de renoncer à ce régime monarchique si peu démocratique et à bout de souffle qui n'a jamais rien donné de bon. Voter une nouvelle fois dans le cadre de cette cinquième République obsolète et dépassée, ce n'est certes pas couper la poire en deux, mais se tirer une balle dans le pied en confiant à un nouveau fruit aussi véreux que tous les autres, l'essentiel des pouvoirs.
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