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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Pogrom de Blois et autres turpitudes

La mémoire ne peut être sélective


 

Il s'est passé parfois des événements inavouables en bord de Loire que le devoir des élus est de ne pas jeter aux oubliettes de l'Histoire pas plus qu'il serait raisonnable de les porter aux nues. La liste des tâches indélébiles est conséquente et exprime les vicissitudes que connurent les ligériens au fil des époques. Ils ne furent ni meilleurs ni pires que les autres, simplement l'importance que prenait alors la Loire dans la vie du pays fut sans nul doute l'occasion de ces débordements qu'il convient de transmettre pour tenter de ne plus tomber dans les mêmes travers.

L'histoire de ce qui allait devenir bien plus tard la France, s'est écrit sur nos rives. À commencer par l'insurrection celte qui est menée en 52 avant JC par Cotuatos et Conconnetodumnos avant que Vercingétorix ne prenne la relève et s'attire les lauriers de la célébrité. La cité de Ceno fut rasée et César la baptisa Cenabum.

Attila se cassa les dents en faisant le siège d'Aurélianis en 451 – c'est du moins la version officielle pour célébrer la gloire de Saint Aignan – et faire entrer la cité dans la grande histoire avant que Clovis, bien aidé par une flopée de dragons et autres bêtes mythiques, ne scellent l'union du sabre et du goupillon pour un pouvoir royal qui aura de beaux jours devant lui. Nous étions en 511 et nombreux sont ici ceux qui ont oublié le rôle des guêpes dans l'aventure.

Puis des visiteurs nordiques vinrent semer l'effroi et la mort pour s'emparer des trésors d'une église qui n'eut de cesse d'accumuler les richesses au cours de ces époques. Les Vikings, en maintes incursions furent alors les plus redoutables monstres qui soient, d'autant que ce sont les clercs qui racontèrent leurs exploits, en noircissant le tableau.

Le calme revint en bord de Loire tandis que c'est au sein de l'église et du pouvoir que des voix s'élevèrent pour dénoncer les abus des uns et des autres. L'affaire fit grand bruit tandis que les clercs qui s'indignaient du train de vie de l'état et du clergé furent brûlés lors du premier bûcher européen des hérésies le 28 décembre 1022, en Orléans. Évènement considérable qui est passé lettre morte dans cette ville si fière de son passé.

C'est à Blois que survint alors le premier Pogrom de l'histoire, le 26 mai 1171. 32 juifs, hommes, femmes et enfants, furent brûlés vifs sur ordre du comte Thibaut V. Accusés sans la moindre preuve, d’avoir assassiné un enfant chrétien lors d'un meurtre rituel, ils payèrent de leur vie. Blois ouvrit le bal d'une pratique qui allait se répéter à maintes reprises mais cette fois, la ville ne ferma pas les yeux et posa une plaque pour rappeler ce drame.

Puis ici, l'histoire se figea définitivement avec l'épopée Johannique, la seule célébration et commémoration, en prenant bien garde de gommer tout ce qui viendrait heurter le récit idyllique d'une cité en symbiose avec le maître des cieux. Non pas qu'il faille oublier ce glorieux épisode mais plus précisément l'inscrire dans un continuum qui mérite de ne pas être oublié.

Puisque peu de temps après, les guerres de religions vinrent rougir les eaux de la Loire. On fit grands massacres ici de Huguenots ou de chrétiens lors de combats terribles, d'exactions épouvantables et d'une Saint Barthélémy qui trouva des bourreaux dans nombre de villes ligériennes. Ceci ne doit jamais être évoqué, puisque l'amnésie est confortable en la matière.

Les heures sombres ne s'arrêtèrent pas en si bon chemin. Le commerce triangulaire fit la fortune des uns et le malheur d'autres, qui encore aujourd'hui, ne trouvent pas grâce dans le récit du passé local. Ceux qui se sucrèrent firent bien peu de cas des esclaves qui firent la prospérité de quelques grandes villes ligériennes et en premier lieu Orléans. L'évoquer relève toujours du crime de lèse-majesté…

Crime qui du reste fut longtemps celui de Hélène Mouchard Zay qui se battit avec une obstination admirable pour que naisse le mémorial des enfants du Vel D'hiv et que les camps de Pithiviers, Beaune la Rolande et Jargeau cessent de disparaître dans des mémoires bien commodes. Elle ne trouva pas que des élus favorables à son action et parmi ceux-ci, certains lui mirent des bâtons dans les roues.

Prétendre être une ville d'Art et d'Histoire suppose de ne pas choisir ses récits et effacer les autres. La Ville de Blois a montré l'exemple, mais il est vrai qu'elle est le siège de remarquables Journées historiques. Il serait bon qu'en Orléans, on se rafraîchisse un peu la mémoire.

 

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L
Bonjour Nabum... Personne n'est blanc ou noir sous les cieux, et un grand bravo à ces personnes qui œuvrent pour que les leçons du passé peu glorieux ne se reproduisent pas. Ces personnes et leurs efforts ne sont qu'une goutte rafraîchissante dans l'immense océan de la bêtise humaine. Je n'ai jamais oublié le rabbin frappé à Orléans il y a tout juste un an, et qui se reproduira plus tard à Neuilly-sur-Seine, au royaume uni et ailleurs, avec des blessés et des morts.<br /> https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/04/23/agression-du-rabbin-d-orleans-le-mineur-auteur-des-faits-condamne-a-seize-mois-de-prison-ferme_6599348_3224.html#:~:text=Le%20mineur%20qui%20avait%20agress%C3%A9,France%2DPresse%20(AFP).
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R
LH<br /> <br /> L'histoire est ainsi faite qu'elle bégaie d'autant plus aisément qu'on efface ce qui déplait sans en retenir les avertissements (jamais des leçons)