Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
24 Avril 2026
Le conte et sa chanson
/image%2F0994634%2F20260424%2Fob_410590_lalouette-et-le-pinson.jpg)
Il advint que deux jeunes tourtereaux, la cuisse légère et l'humeur sautillante : une alouette et son pinson, s'aimaient d'amour tendre en dépit de toutes leurs dissemblances. Comme ils adoraient par-dessus tout se faire de tendres becs, ils convinrent d'unir leurs destinées n'en déplaise aux gens trop sérieux, ainsi qu'aux cartésiens de tous poils. Pour narrer leur histoire, ils me sifflèrent afin que d'une plume alerte, j'écrive leur romance.
Le couple tenait pour acquis qu'une belle cérémonie allait sceller un mariage qu'avait célébré sur la plus haute branche d'un charme un compère ailé en queue de pie. Les amoureux avaient l'intention de convier à une grande et belle assemblée tous les animaux de ce charmant coin sylvestre. C'est ainsi qu’après la noce, un banquet devait réjouir les becs fins tout comme les fines gueules de la place.
Convier toute cette faune à table suppose d'avoir de quoi les nourrir. Pour ces drôles d'oiseaux, quoique ayant domiciles dans un arbre, le paiement en monnaie de singe n'était pas à l'ordre du jour. Il leur fallait compter sur la générosité de leurs hôtes pour les régaler, un banquet partagé sortie du carnier en somme à moins que ce ne fut d'une musette. L'alouette tout particulièrement était très à cheval sur cet aspect de la fête.
Un chaud lapin, voulant leur épargner de faire un four, se fit un devoir d'apporter du pain. Il est vrai que pour lui, la baguette côtoyait toujours son chapeau et qu'il entendait ne pas perdre une miette de cette belle festivité. Confronté à une incompréhension propre à son espèce, le pinson repoussa la proposition prétextant que le pin n'était pas son goût lui qui préférait les feuillus.
Un corbeau voulut prendre sa suite. Chacun attendait qu'il propose du fromage, vous étiez nombreux du reste à vouloir lui ôter de la bouche. L'oiseau, échaudé par une aventure dont un fabuliste avait fait des gorges chaudes, leur proposa du gigot. Entre son aile ou la cuisse, pour lui le choix était aisé. L'alouette repoussa l'offrande, la viande risquait de se mettre à dos tous les végétariens de l'endroit.
Une souris, fort aise au demeurant que le gigot fut écarté, entendit proposer des bons grains en enfilant sa livrée. Elle avait élu domicile dans un baril qu'elle avait investi par le trou du fût. Elle déclara que pour que les convives soient gais, le vin serait le plus précieux des breuvages. Pinson confirma la chose, lui qui en connaissait un rayon sur la question. L'alouette craignant les débordements et la confusion sémantique recommanda la parcimonie à la souris.
Un rat qui depuis le début attendait son tour, avait quant à lui une proposition qui était dans ses cordes. Il disposait d'un violon et d'un panier à salade. Il suggéra que des musiciens se chargeassent d'alimenter la fête, loin des différents régimes alimentaires qui distinguent les uns des autres. Il fut accueilli à bras ouverts avec cette suggestion qui enchantait nos deux oiseaux.
Ne restait plus qu'à se soucier d'un détail d'importance pour qui voulait danser tout son saoul. Que faisait ce maudit empêcheur de danser en rond, ce vieux matou si prompt à venir jouer les rabat-joie. Pinson prétendit qu'il dormait dans le grenier et qu'il n'y avait rien à craindre. Le rat se réjouit, un peu vite il est vrai, en priant les musiciens de se joindre à eux à tue-tête.
Le barouf réveilla le greffier qui fit bonne et prompte justice ; Il cloua le bec aux musiciens et emporta sur la pointe des pieds le rat pour le déguster entre-chats avec un opéra que le pâtissier avait concocté pour l'occasion. Puis il tenta vainement de s'en prendre aux deux héros de la fable qui avaient pris leurs ailes à leur cou.
Pinson qui venait de se mettre la corde au cou se pendit à la plus haute branche tandis qu'un rossignol chanta ses louanges pour séduire à son tour la belle alouette qui trouva fort aimable ce nouveau cavalier. Une alouette, un cheval et son équipage, ne l'oubliez jamais menèrent le rossignol à son tour à la noce.
/image%2F0994634%2F20260424%2Fob_963ec6_che-cy.jpg)
. L'alouette et le pinson
L'alouette et le pinson
Ont voulu se marier,
Mais le jour de leur noces
N'avaient pas de quoi manger.
Ma Nanon
Tout de bon
Oui bientôt nous ferons la noce
Ma Nanon
Tout de bon
Oui bientôt nous nous marierons.
Par ici passe un lapin,
Sous son bras tenait un pain,
Mais du pain nous avons trop
C'est d'la viande qu'il nous faut.
Ma Nanon…
Par ici passe un corbeau,
Dans son bec porte un gigot,
Mais d'la viande nous avons trop
C'est du bon vin qu'il nous faut.
Ma Nanon…
Par ici passe une souris,
A son cou porte un baril.
Mais du vin nous avons trop
C'est d'la musiqu' qu'il nous faut.
Ma Nanon…
Par ici passe un gros rat,
Un violon dessous son bras.
Bonjour à la compagnie
N'y a-t-il pas de chat ici.
Ma Nanon…
« Entrez ! musiciens ! entrez !
Tous les chats sont au grenier. »
Mais du grenier sort un chat,
Il emporte le gros rat.
Ma Nanon
Tout de bon
Oui bientôt nous ferons la noce
Ma Nanon
Tout de bon
Oui bientôt nous nous marierons.