Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.
10 Février 2026
Ça ne pourrait pas être décevant par hasard ?
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Les retransmissions et les émissions sportives ne cessent de nous faire prendre des vessies pour des lanternes ou du moins des anciens sportifs pour des journalistes maniant avec virtuosité la langue française. Nous ne sommes jamais au bout de nos surprises quand ces anciens licenciés prennent le micro à la manière d'un porte-voix brandi dans les tribunes.
La dernière perle de ces experts en linguistique mouvante est cet adjectif qui fleure bon l'anglicisme pour prendre la place d'un décevant qui doit leur écorcher la bouche. Ils ne sont du reste pas avare en formules étonnantes qui les poussent toujours plus à tourner le dos à la langue de Molière. Ainsi ils estiment qu'il est bien plus simple de franchir une step qu'une marche qui est souvent trop haute pour eux.
On pourrait aisément les mettre au corner, pardon au coin mais ce n'est pas la peine puisqu'ils sont souvent off side plus souvent qu'ils ne sont hors-jeu même à la toute fin de la rencontre lorsque survientle money time, cet instant fatidique durant lequel ils promettent des sommes faramineuses pour qui répondra à une question bêtifiante.
Ils tirent toujours contre leur camp ou à défaut contre notre langue, ce qui n'est guère étonnant de la part de consultants ayant joué pour le Qatar ou les Émirats Arabes Unis. Ainsi le tir au but est un pénalty tandis que l'essai se fait Try. Même le ballon dans les filets devient un Goal tout comme le gardien qui s'y oppose vainement. Quant au personnage sur le banc qui se veut entraînant, il ne peut être qu'un coach pour tirer à hue et à dia avec de vielles ganaches.
Pour que les supporteurs qui encouragent sans nuance et avec grandes vociférations leurs idoles, les médias n'hésitent pas à envoyer un reporter au sein du Kop, une tribune exaltée surtout pour les rencontres de balle au pied, tandis que les adeptes de l'ovalie se contentent de se mêler entre adeptes des deux camps lors des matchs de Rugby. Dans ces instances, le fair-play ne se teinte jamais de courtoisie ni de tolérance et les noms d'oiseaux volent aussi bas que les chants homophobes et les cris de singes qui se désignent parfois du terme de monkey pour dissimuler l’ignominie de la chose.
Pour tuer le temps les ultras créent des tifos manière de ne pas perdre leur latin avec des banderoles ou des calicots dont ils ignorent pour la plupart le sens exact. Ils sont ultras et parfois hooligans sans se soucier de l'esprit sportif. Pour eux l'essentiel n'est pas de participer mais de se conspuer, qu'importe la langue.
En cas de litiges le recours au replay ralentit considérablement la partie d'autant que la VAR n'est pas un département français. Il convient alors de se référer à un referee qui se situe loin de là dans un car vidéo pour savoir si le score peut intégrer cette action. Du côté des bancs, les teams sont dans l’expectative car il convient de ménager le management. Trop de pression risque fort de provoquer des débordements.
Entre temps, penchés sur leur computer pardon ordinateur, ils examinent les data n'ayant rien d'autre à dire sur les évolutions techniques et les statistiques de joueurs qui pensent plus sûrement à gonfler leurs données qu'à effectuer le geste efficace. Il serait même question d'un expected goal, un potentiel but attendu ou espéré qu’ils commenteront plus finement lors d'un débrief, une sorte de bilan pour ces experts en expertise.
L'interview des acteurs de la rencontre ne ressemblera en rien à une entrevue mais plutôt à un monologue sans intérêt d'un joueur essoufflé et pressé d'en finir. L'essentiel de ces conversations de couloir viendra alimenter le fameux talk-show qui poursuivra la redoutable épreuve. Concours de truismes et de fadaises largement agrémenté par des interventions de supporters dont on connaît l'objectivité et la nuance. C'est chaud et ça cause surtout pour ne rien dire.
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