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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

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Quand le four aboie, les chiens trépassent…

Proverbe orléanais.

 

 

Est-ce la candidature aux municipales d'Orléans du député des plateaux télé qui a redistribué les cartes dans la grande course à l’échalote qui anime tout le petit monde politique local ou bien la fermeture de l'usine Brandt qui a mis le feu aux poudres, mais depuis peu, les coups d'éclats succèdent aux coups tordus, les annonces tonitruantes aux déclarations généreuses, les multiples candidats jouant de la surenchère pour se faire valoir en digne chevalier de la défense du patrimoine industriel local pour rester à la page comme on dit lors des fêtes johanniques.

N'oublions jamais que la société Brandt que les banques et l'État liquident sans état d'âme ici était le spécialiste unanimement reconnu de l'électroménager de haut de gamme et à commencer par le four qui électrise tout le Landerneau local sans doute en référence au trépas de l'héroïne de la place. Rien de tel qu'un four de qualité pour mijoter l'alose ou la pintade, le coq au vin ou le cochon de lait, le gigot d'agneau ou le cuissot de biche tandis que certains revendiquent des plats végétariens et que le bon Richard envisage d'y enfourner des miches de pain.

Mais pour garder la flamme ou remuer les dernières cendres, il faut sauver les meubles tout en conservant sur le grill la propriété industrielle. Le dernier épisode a vu la Métropole se porter acquéreuse des brevets de la défunte marque. Trois millions d'euros qui s'envolent en fumée pour une institution qui s'offre pareille possession immatérielle qui sort de son champ de compétence, en guise de chant du cygne au devenir incertain.

Les brevets puis le bac pour se maintenir à flot, la communication bat son plein sur les bords de Loire pour faire parler de soi, se présenter comme le plus solide défenseur des intérêts économiques des citoyens qui quoi qu'il se passe ultérieurement, continueront majoritairement à aller acheter leurs appareils électroménagers en Chine. Les vrais responsables ne sont-ils pas là sans que quiconque n'ose leur mettre les points sur les i.

Les responsables qui jettent l'argent du contribuable par les fenêtres ou les paniers de basket devront un jour se montrer réalistes et cesser de croire au Père Noël. Les meilleures intentions du monde sur le plan local ne sont d'aucun effet quand au niveau national mais également européen rien n'est véritablement mis en œuvre pour échapper au naufrage de notre industrie et à l'hégémonie économique de l'Empire du Milieu.

Le coup de communication est fameux, les discours plaisants puisqu'ils flattent le citoyen dans le sens du poil (poêle également) sans pour autant avoir la plus petite prise pour mettre en branle les belles promesses. Ces brevets ne seront que des petits bouts de papier qui feront vite long feu. L'essentiel étant que la réalité ne saute aux yeux des habitants qu'une fois le suffrage passé.

La politique est certes un sujet brûlant mais en la circonstance la société Brandt produisait également de merveilleux réfrigérateurs qui pourraient servir à refroidir les ardeurs des promesses de nos candidats. En cherchant bien parmi tous les brevets, il faudrait trouver celui d'une planche à billets pour couvrir les dépenses somptuaires qui ne servent qu'à amuser la galerie.

Il y a là une surenchère à laquelle les différentes listes n'échappent pas. On rase gratis même si je ne pense pas que la marque fabrique encore des rasoirs électriques. La foire aux voix passée, il est fort probable que l'on se retrouve tous avec une belle gueule de bois, et une note des plus salées. Une fois encore, les fours aboient et ce seront les chiens d'Orléans qui trépasseront.

La folie des grandeurs mène cette joyeuse troupe, qu'importe la couleur et la sensibilité. Les projets les plus fous sont toujours les meilleurs pour convaincre l'électeur qui oublie bien trop vite que les promesses n'engagent que ceux qui leur donnent du crédit. Par la suite, il faudra bien se résoudre à les ranger dans la colonne débit tout comme il faudra pleurer également sur la mort inéluctable de ce beau fleuron de l'industrie. Fermons le ban et l'usine Brandt en dépit des proclamations oiseuses des uns et des autres.

 

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