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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

France - Argentine : histoire de frères ennemis

Si pareils

 

si dissemblables ….



France – Argentine, un match pas comme les autres, une confrontation fratricide où pour une fois, la langue n'est pas commune. Le Rugby a toujours ce don de transcender l'histoire, de révéler aux nations ce qu'elles sont vraiment. À ce titre, les dernières joutes contre les pumas ne furent pas, loin s'en faut, à notre honneur !

Reprenons tout depuis ce jour où William prit le ballon sous le bras pour cesser d'être un pousse-citrouille. Il y avait plus qu'un geste de rébellion dans ce choix. Toute une caste souhaitait ainsi se démarquer de l'immense masse laborieuse qui, ô l'incroyable prétention, voulait elle aussi pratiquer le sport.

Le Rugby est né de la volonté de rester entre-soi. Dès sa naissance, il contenait cette volonté de la confidentialité, ce désir d'un élitisme social de bon aloi. Les ouvriers, la plèbe sur les terrains de football et les gentlemen dans les clubs-house et occasionnellement sur le pré.

Les hommes au béret basque et à la baguette vinrent s'insinuer dans le cercle fermé. Ce ne fut pas facile d'accepter ces braillards, tricheurs et si peu convenables maudits français. L'intronisation demanda temps et couleuvres à avaler pour les mangeurs de grenouille. Ils étaient tolérés et pas plus.

Le Rugby se développa dans l'Univers de sa très gracieuse majesté. Les anciennes colonies constituant ce monde ovale qui ne voulait pas s'ouvrir aux peuples indélicats. Paradoxalement, c'est sur les mêmes bases sociologiques que se construisit le Rugby de la Pampa.

En Argentine, le Rugby est l'apanage de la classe intellectuelle. Les joueurs sont dans la grande tradition anglo-saxonne : médecins, avocats, hommes d'affaires, universitaires … Ils sont à ce titre collègues de nos rivaux à la rose. Mais ils demeurent indécrottablement latins, le crime de lèse-majesté par excellence !

Les braillards et les pumas sont de la même sensibilité rugbystique. Toujours à la recherche de l'entourloupe, du coup interdit, de la récrimination douteuse du côté pile. De l'envolée lyrique, du geste magnifique, de la folie collective, de l'improvisation sublime côté face. Alors, les rencontres entre Français et Argentins ne son pas tout à fait ordinaires, tout peut arriver.

Cependant, l'argentin est fourbe, retors, malin. Son éducation le pousse à aller jusqu'au bout d'un plan de bataille, à ne pas se laisser détourner de son but ultime : Battre les Français. Alors, s'il faut l'espace d'un match abandonner la chatoyance pour adopter l'affreux pragmatisme anglais, ils le feront avec méticulosité pour abattre leurs frères de lait.

Car c'est là le point essentiel de cette rivalité. Presque tous les joueurs argentins évoluent en France. Ils connaissent tous leurs adversaires et se font un malin plaisir à les déstabiliser par cette rouerie qui est chez eux un art merveilleux.



Depuis la Coupe du Monde et la stupide lecture de la lettre de Guy Moquet, par celui qui allait devenir à force de flagornerie le ministre de qui vous savez, les Argentins se sont imposés trois fois contre des Français englués dans leur suffisance quand il s'agit d'affronter un adversaire supposé plus faible ( 7 défaites françaises sur les neuf derniers matches) . C'est l'éternel défaut des sportifs d'un pays qui a toujours préféré les exploits sans lendemain à la froide et méticuleuse logique du succès.

 


De quoi sera fait le prochain match, vous le saurez en regardant cette rencontre qui se déroulera juste à côté du seul stade de Rugby construit à l'occasion de la coupe du Monde 2007 et qui pour l'occasion est trop petit. Encore une manière bien française de se planter !

YvesduManoirement vôtre

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