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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Exercice imposé !

La passion  moins évidente …



    Une conférence ovale à la maison des sports organisée conjointement par les comités du Loiret et du Centre. Est-ce le poids des ans ou plus élégamment, le renouvellement des cadres, mais je ne connais pas la moitié des membres de cette docte assemblée. Le monde ovale a d'ailleurs subi une petite révolution qui m'avait échappée : sept femmes sont venues écouter la bonne parole technique. Elles apportent une touche de charme à ce qui naguère n'étaient que de vilains rassemblements machistes et braillards !


    Seuls nos amis cravatés n'ont pas changé. Le temps ne semble pas avoir de prise sur eux à moins que ce ne soit le renouvellement démocratique qui ne soit pas assuré. Mais je m'égare et risque d'être encore taxé de mauvais esprit, ce qui n'est jamais tout à fait faux !


    Comme il se doit dans le monde sportif lorsque nous sommes exonérés de la rigueur du corps arbitral, la conférence ne débute pas à l'heure prévue. Un organisateur s'empresse de nous expliquer qu'un retard indépendant de sa volonté est à déplorer. Comme nous le subodorions tous, nos amis les conférenciers arriveront en retard et se feront attendre comme des vedettes du spectacle ou des dirigeants fédéraux.


    L'attente se meuble d'apartés. Les conversations se font ovales comme il se doit. La blessure de l'un, le résultat de l'autre, le parcours du combattant en formation, la quête des billets pour le prochain France-Écosse, les nouvelles de nos sélections de jeunes. Je reste à l'écart de cette agitation verbale, le billet prend déjà forme alors que les vedettes ne sont pas encore arrivées.


    La demi-heure réglementaire écoulée, nos hommes arrivent étincelants dans leurs beaux survêtements officiels, bardés d'un coq et d'une bande tricolore. Quelques applaudissements polis pour oublier l'attente et saluer l'entrée d'un ancien international aux 86 sélections. Il est flanqué du Directeur Technique national adjoint et d'un comparse qui se fera parfaitement oublier.


    On déploie le grand écran, on installe le vidéo projecteur outil indispensable à toute intervention de nos hommes de la science rugbystique. Je crains qu'on nous serve l'une de ces incontournables animations qui fait le tour de tous les stages que j'ai pu fréquenter. Mon inquiétude sera fondée, la conférence aura un goût de réchauffé.


    C'est le DTN adjoint qui ouvre le bal pour donner un peu de solennité à l'exercice imposé qui va suivre. Je retrouve sa posture embarrassée, cette gène à s'exprimer en public qui l'a toujours desservi alors qu'il a sans doute des convictions fortes et des compétences certaines. Une timidité qui n'est pas habituel en pays d'Ovalie et qui le pousse à bien vite donner la parole à plus à l'aise que lui.


    L'ancien international est lui bien plus à l'aise. Il est adossé à la table, il se montre décontracté, sa parole est claire, il semble parfaitement au fait de son affaire. Pourtant bien vite, la présentation se limitera à une relecture de l'écran agrémentée de quelques commentaires. Nous resterons à la surface des choses, ce doit bien être assez pour le public qui est là.


    Il est vrai que tout près de moi, un garçon que je n'apprécie guère, un de ces jeunes cadres qui ne respectent rien et n'ont jamais montré grand chose a sorti l'ordinateur pour se donner l'air d'avoir l'air. Je me demande ce qu'il peut bien noter à moins qu'il ne compte servir in-extenso la même soupe à une formation prochaine. Les mots s'enchaînent, les slogans bien gentils, les évidences incontournables que nous sert un discours fédéral qui n'a pas changé depuis des lustres.


    Il y a bien loin de ce discours policé et purement théorique avec l'incroyable complexité de notre sport. Les repères sont connus, chacun les a intégrés et pourtant la mise en œuvre pose toujours d'incroyables difficultés quand il faut se colleter à la réalité de nos terrains amateurs.


    C'est sans doute cet écart entre le joli discours de salon et la réalité prosaïque de nos pelouses que nous espérions. Les dés étaient sans doute pipés, l'assistance bien loin de la passion qui était notre dans nos soirées d'entraîneur à Super-Besse. D'ailleurs, l'exposé bien vite bouclé, la parole est offerte à l'assistance pour un débat technique qui peine à prendre corps et qui ne trouvera jamais son âme !


    Seul, mon chauffeur d'un soir se lance dans une question à sa façon. Comme le joueur qu'il est encore, il a une légère propension à la gourmandise. La question se fait longue démonstration. La passion pointe enfin le bout de ses émotions, il a dans la voix les trémolos de ceux qui savent tenir une séance. C'est le moment enfin de trouver un peu de chaleur dans les réponses de nos spécialistes qui se mettent au diapason avant que de retomber dans la léthargie qu'impose cette assistance trop convenable.


    Les vieux grognards ne sont pas dupes. Ils sortiront de la salle avec la certitude qu'on s'est joué d'eux. La commande a été remplie, gentiment, rapidement. Nos instances ont rempli leur obligation de formation continue. Quelques éducateurs en recherche de professionnalisation par le Rugby sont venus chercher une attestation supplémentaire. Tout ça est trop lisse, trop terne pour que je m'y sente à ma place.


    Je n'ai pas aimé ce discours ampoulé, vide de passion, d'emphase et d'excès. Le rugby pourtant doit être bien plus que cette gentille théorie d'échiquier au rabais. La complexité de notre sport ne peut se satisfaire de ce train-train sans originalité ni richesse. Il est davantage fait de la force et de la faiblesse des hommes, de leurs compétences et de leurs impossibilités, de leurs volontés et de leurs refus. Des trahisons et des égoïsmes, des difficultés liés à la météo et des impondérables, de la pression ou de la peur.


    Rien de tout ça n'a été évoqué. Tout devait tenir dans ce bel arrangement de mots bien choisis, cette belle mécanique dialectique vide et soporifique. Je suis rentré avec la déception chevillée au cœur et un billet qui va encore me faire quelques amis !


    Franchement vôtre.

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L
<br /> <br /> Re-....<br /> <br /> <br /> REmplacer le mot "enfant" par les balablateurs..<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Diane Drory<br /> <br /> <br /> Psychologue et psychanalyste<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Main<br /> <br /> <br /> <br /> <br />    BAVARDER POUR BAVARDER<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Les Articles:<br /> <br /> <br /> par éditions<br /> <br /> <br /> par thème<br /> <br /> <br /> Les Formations<br /> <br /> <br /> Les Conférences<br /> <br /> <br /> Les Thèmes de Conférences<br /> <br /> <br /> Les Livres<br /> <br /> <br /> Contactez-moi<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Ohthéo<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> "Ma fille est un vrai moulin à paroles. Elle a mis<br /> beaucoup de temps avant de se décider à parler mais croyez-moi, aujourd'hui, elle rattrape le retard!"<br /> <br /> <br /> Ces enfants bavards, ne supportant pas un moment de<br /> silence, parlant de tout et de rien, répétant parfois, à plusieurs reprises, la même anecdote, ils ne sont pas si rares et chose certaine, ils fatiguent l'adulte leur tenant<br /> compagnie!<br /> <br /> <br /> Inès, charmante petite fille de 7ans, est épuisante<br /> tant elle est intarissable. Elle fait partie de cette catégorie d'enfants dont on dit: "Elle parle pour ne rien dire."<br /> L'agacement parental quant à son incessant bavardage ne la laisse guère indifférente puisqu'elle déclare d'un ton mi-figue, mi-raisin: "Savez-vous à quel moment mes parents m'aiment le<br /> plus? Eh bien c'est lorsque je ne parle pas!" Même sachant cela, Inès ne peut s'empêcher  de parler sans<br /> arrêt.<br /> <br /> <br /> Reste à savoir si<br /> l'enfant bavard à outrance, parle réellement sans but, si vraiment il tient sans cesse le crachoir pour ne rien dire? Je ne le pense pas. Un adulte peut, consciemment tenir un discours<br /> "politique", un discours cherchant à aveugler, à étourdir, ou à occuper l'interlocuteur sans que ce discours ne recèle de message particulier. L'enfant, par contre, ne sait que parler<br /> "vrai" même par son  bavardage creux, l'enfant moulin à paroles, cherche à signifier quelque chose d'essentiel..<br /> <br /> <br /> Quid alors d'un<br /> enfant Inès qui parlerait pour ne rien dire? Plusieurs messages sont possibles:<br /> <br /> <br /> -Soit il nous<br /> parle de son angoisse face au vide du silence car s'étourdir de paroles est une façon comme une autre d'empêcher une pensée angoissante, triste ou difficile de remonter à la surface du<br /> conscient et de vous harceler.<br /> <br /> <br /> -A moins que ce ne<br /> soit une question restée sans réponse ou sans mots qu'il cherche à éviter; il parle alors tout azimuts pour éviter la possibilité qu'un moment de  silence  s'installe, tant il<br /> craint de son attention consciente qu'elle se focalise sur la question restée en suspens.<br /> <br /> <br /> -Une constatation: les enfants bavards ne le sont pas<br /> d'office avec tous les adultes. Dans certains cas, le bavardage sert à protéger l'adulte de ses propres angoisses. En papotant sans cesse, l'enfant provoque un bruit de fond permanent<br /> évitant ainsi à l'adulte de se retrouver face au vide du "non-bruits"!<br /> <br /> <br /> -Prendre sans cesse la parole, peut aussi être une<br /> façon illusoire d'occuper un espace; le silence serait alors pour l'enfant synonyme de perte d'une place affective. Il craint, s'il se tait, de disparaître du champ d'attention de<br /> l'adulte. L'enfant bavard comme une pie, sollicite et envahit au maximum tout le l'espace du champ sensoriel auditif de l'adulte.<br /> <br /> <br /> -D'autres raisons encore, sans doute, poussent<br /> certains enfants à occuper ainsi inlassablement le devant de la scène auditive d'une famille. En tous cas, parler sans arrêt, est une façon de couper la parole à l'autre, ce type de<br /> discours n'attendant pas une intervention de l'interlocuteur. Dans la même foulée, le bavard se noyant dans un flot de paroles vides, s'empêche de formuler ce qu'il à vraiment à<br /> dire.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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B
<br /> <br /> Le bavard se noyant dans un flot de paroles vides, s'empêche de formuler ce qu'il à<br /> vraiment à dire.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Mais avait-il vraiment quelque chose à dire ?<br /> <br /> <br /> Sans doute que oui mais l'envie au moins faisiat défaut ...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Bon dimanche mon ami<br /> <br /> <br /> <br />