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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En carafe

Asséchons ces cœurs secs.

 

 

 

 

Quelques soubresauts syndicaux, des piquets de grève opportunément placés et la nation reste en carafe faute de carburant. Il en ira de même par la suite avec le gaz ou l'électricité tandis que nos réserves stratégiques tentent de faire le plein. À l'encontre du papier toilette, des pâtes alimentaires et du riz, chers à nos joyeux écureuils des pénuries, les sources d'énergies se mettent difficilement en conserve pour le particulier.

Oh, il y a bien eu quelques indignes individus pour remplir des bidons d'essence, sans doute pour pouvoir prendre la fuite lors du prochain exode. Où iront-ils quand le pays sera paralysé ? Vers le nord ? C'est fort peu probable, les problèmes de chauffage y seront largement amplifiés par un climat qui ne plaide pas en faveur de ce point de chute. Vers le Sud ? Ils devront alors revisiter leur représentations sur ces peuples de fainéants qui viennent profiter de nos avantages sociaux.

Les futurs exilés de l'énergie défaillante ont soudain pris leur disposition depuis longtemps. Résidences fiscales et néanmoins secondaires au soleil, ils se frottent les mains de laisser derrière eux des voisins qui se gèleront tandis qu'ils iront se faire dorer la pilule au soleil. Retraités indignes, spéculateurs honteux, actionnaires hideux, ils sont les nouveaux charognards de la nation.

Pire encore, ils ont massivement voté pour ce misérable petit banquier qui quoique le plus jeune à tenir ce poste, insulte la jeunesse et l'avenir tout en étant adoubé et élu par la vieille garde, oublieuse des avantages dont elle a bénéficié. Ce n'est donc pas le pays qui est en carafe mais plutôt la mémoire et l’empathie chez cette cohorte égoïste et veule.

Que mettent-ils dans leurs réservoirs ces monstres arthritiques et geignants ? Tout ce qu'ils ont subtilisé aux générations laborieuses, le pactole de leurs investissements si rentables qu'ils ont mis au chômage ceux qui voulaient encore travailler, les profits issus de l'héritage des générations précédentes et qu'ils entendent dépenser jusqu'à la dernière goutte sans rien laisser à cette jeunesse qu'ils exècrent.

Leur comportement est d'une violence rare sous une façade de dignité et de respectabilité. Ils iront se vautrer dans leur sofa, au bord d'une piscine, avec quelques domestiques à leur service, tandis que la misère déferlera sur le territoire qu'ils ont laissé à l'abandon tout en le privant de leur participation fiscale. Curieusement, ils reviendront voter pour que des clones de l'actuel briseur du modèle français continuent leur travail de sape sur l'héritage dilapidé du conseil national de la résistance.

Ils n'ont même plus l'excuse d'avoir été du nombre des résistants, y compris ceux de la dernière heure. Ils sont nés quand il n'était plus temps pour eux de choisir un camp, ils furent les avides bénéficiaires des trente hideuses glorieuses, ils ont amassé afin de ne garder que pour eux, le fruit d'une prospérité collective. Ils récoltent aujourd'hui, loin du pays, pour leur seule jouissance de vieux débris du libéralisme mortifère.

Qu'ils restent au diable, que leurs biens sur le territoire qu'ils ont trahi et abandonné soient confisqués, qu'ils perdent cette nationalité qui n'a de raison d'être que par la solidarité fiscale. Leur présence ponctuelle sur le sol de France n'a plus aucune raison d'être. Ils ont fait un choix, qu'ils restent donc en carafe dans leur villégiature paradisiaque tout autant que fiscale.

Pire que tout, ces ogres abjectes sont les plus grands destructeurs de la Planète par leur train de vie dispendieux : avion, croisière, piscine … sont au menu de leur appétit en carbone. J'ai honte d'appartenir à cette tranche d'âge d'où émergent de tels individus. Je tiens présentement à formuler toutes mes excuses à cette jeunesse qui sera spolié par ceux de ma génération qui ont fait le choix de rayer la solidarité générationnelle de leur système de pensée.

À contre-génération.

Tableaux : Hopper puis Dolan

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