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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Vitalité Rurale

La force de la vie culturelle

 

 

Sans en perdre mon latin, je m'interroge sur ce qui peut distinguer ce qui est Vital à la campagne en opposition à la vie trépidante et somme toute assez triste de la grande ville. D'autres, au lieu de se gratter la tête, ont tout simplement pris le taureau par les cornes – ce qui eut été problématique au cœur de la cité – pour apporter la culture là où l'État et le désastre économique ferment tout ce qui peut faire encore lien.

La vitalité par le beau, le créatif, le convivial, le festif, le distrayant. Il ne fallait pas être grand clerc pour y songer mais plus sûrement un ermite, égaré dans son refuge, oublié de beaucoup et désireux de rebondir tout en donnant un élan à cette campagne qu'il chérit tant. Il est vrai que fixer attentivement le décor derrière un œilleton aiguise la passion et donne des ailes de colibri.

La Vitalité sera rurale ou ne sera pas dans l'esprit enfiévré de celui qui entend déplacer des montagnes dans notre territoire désespérément plat. Qu'à cela ne tienne, les obstacles ne manquent pas qui se dressent sur tous les chemins de ceux qui entendent ne pas subir le dictat du pragmatisme économique, de la grande concentration, de la facilité et de la médiocrité qui déplace les foules.

Le plus redoutable obstacle, paradoxalement, provient de ceux-là même qui râleront en prétendant qu'il ne se passe rien dans leur coin, qu'ils sont les exclus de la culture, les oubliés des évènements de toute nature. Ils s'indignent de ne profiter de rien, d'être quantité négligeable et quand un spectacle, une animation, une exposition vient frapper à leur porte, ils trouvent prétexte pour ne pas s'y rendre.

Ils ont beau jeu d'affirmer qu'ils n'étaient pas au courant. C'est si facile de passer à côté des affiches sans les lire, de parcourir le journal d'un œil amnésique, de se couper des communiqués de sa commune. Il suffit de prétendre être débordé, de n'avoir pas pris le temps, d'affirmer que la communication avait été certainement mal faite, pour se dédouaner d'une petite visite, d'un brin de curiosité ou d'une participation active.

Il est vrai qu'à la maison, il y a bien mieux, plus facile et surtout bien plus connu. Sur l'écran magique d'une lucarne à blaireau, les grandes vedettes internationales viennent sans leurs gros sabots jusque dans leur salon. Alors, pensez donc, pour se déplacer pour des inconnus qui ont l'outrecuidance de venir s'imposer alors qu'ils ne sont pas d'ici ?

Ces gens s'imaginent sans doute qu'il y a la possibilité de faire venir à deux pas de chez eux, les idoles de pacotille de leur miroir aux paillettes. Et si par hasard, le monde de la culture de masse ne les touche nullement, les séries et les films à la maison, feront largement l'affaire pour justifier leur apathie, leur absence et leur ablation de la curiosité.

La Vitalité en prend un coup. Le public est maigre, les efforts ne sont pas récompensés même si ceux qui sont venus se félicitent d'avoir franchi le pas. Comment remuer ceux qui restent agrippés à leur canapé, à leurs certitudes, à leur confort, à leurs goûts façonnés par un consumérisme culturel qui ne fait aucune place à la création locale ou de proximité ?

Les deux instigateurs, organisateurs poursuivent inlassablement leur mission, oubliant les désillusions, les coups d'épée dans l'eau, les opérations déficitaires. Ils se veulent les preux chevaliers de la Ruralité, ils se refusent de plier devant cette réalité poisseuse d'une nation qui a subi avec une rare efficacité le rouleau compresseur du formatage intellectuel. Ils reprennent inlassablement l'un son œilleton, l'autre ses pinceaux et tous deux leur bâton de saltimbanque des villages pour proposer une nouvelle animation, un autre événement selon ce terme désolant d'une modernité vide de sens. La bataille du sens, c'est lui et elle qui la livrent. Sortez donc le nez de votre écran et allez à leur rencontre et à celle de ceux qu’ils font venir tout près de chez vous.

À contre-tendance.

Merci vous deux ...

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