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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En faire tout un fromage …

Soyons coulant.

 

 

 

Si la faim justifie parfois les difficultés digestives, la gourmandise en révèle plus sûrement la cause tandis que les ballonnés du petit matin pointent d'un doigt inquisiteur, la lourde responsabilité du maître queux. La vie transitoire et vacancière en une petite collectivité humaine a de menus inconvénients, chacun y allant de ses pratiques alimentaires et apéritives pour au terme de la soirée, afficher une saturation certaine du tube digestif. Il est d'ailleurs à déplorer que bison futé s'arrête sur le seul trajet routier, dédaignant donner des itinéraires de délestage sur cet aspect de la circulation.

C'est donc la malheureuse victime d'un encombrement relevant du bouchon, qu'un quidam en phase de surcharge intestine vint me faire grief de l'excès de bombance qui lui tracassait les entrailles. Faire ripaille de manière continue impose d'avoir un peu plus d'estomac que ce pauvre camarade en mal de défécation.

En l'absence d'une voie libérée enfin, en dépit d'une abondance de biens consommables, l'individu en question fit porter le chapeau, à moins que ce ne fut la toque, sur celui qui officie aux fourneaux, le mettant sur le grill pour justifier ses difficultés de l'heure. Le point justement mérite débat et c'est vers vous que je me tourne afin de vous prendre à témoin.

La proposition de mets n'est est en rien une injonction à la voracité. Chacun pouvant user de son libre arbitre pour ne se mettre sous la dent ou bien en bouche que ce dont il a besoin. Hélas, le phénomène d'entraînement et la dimension conviviale sont des freins considérables à la modération personnelle.

Mon accusateur public en est à ce titre un parfait exemple, n'hésitant nullement à retourner la veille au soir, précédant son dépôt de plainte, dans la boulangerie d'où je venais d'acheter du pain, pour faire l’acquisition d'une Côte d'Argent, une bûche de génoise enrubannée de crème anglaise et de pignons de pins. Le besoin de sucre chez ce diabétique notoire, ne cesse du reste de me surprendre.

Ajoutons qu'avant d'en arriver à cette extrémité dînatoire, le sus-dit procureur de l'arrêt public, se jeta avec goinfrerie – je n'hésite pas à l'affirmer pour ma défense- sur les mignardises qui accompagnèrent l'incontournable apéritif. La coupe n'étant jamais pleine, le plateau de fromage fut réclamé à corps et à cris tandis que pour prolonger le plaisir du gâteau, le café et son verre de rhum furent comme il se doit dans pareil dérapage, agrémentés de carrés de chocolat qui en dépit de leur forme, vinrent boucler ce cercle vicieux.

Voilà monsieur le procureur les circonstances du drame intestin, replacées dans leur contexte. Je peux si vous le désirez et afin d'éclairer votre lanterne vous préciser ce menu qui constitue ici la pierre d'achoppement d'une cohabitation pourtant fort agréable. Après un déjeuner que je peux qualifier de copieux, le dîner se plaça sous le signe de la frugalité, du moins dans sa conception initiale : salades d'endives et crottin chaud au miel sur sa tranche de pain. Les éléments ajoutés ne furent jamais de mon fait

Vous voyez donc la parfaite mauvaise fois d'un camarade qui impute à autrui une responsabilité sienne. Je réclame cependant aucune sanction à l'encontre de celui qui faute de pouvoir se délester a soulagé sa mauvaise conscience en faisant porter le lourd fardeau à son hôte. Je demande simplement à son encontre une mesure de substitution à la prison : un séjour prolongé dans la cabane au fond du jardin afin d'y évacuer sereinement tous ses griefs et d'y purger sa lourde peine.

À contre-voie

 

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F
Belle journée à toi cher Nabum.<br /> Et attention aux ripailles.. mais tu es raisonnable comme Bonimenteur...<br /> Ouah ouaf..<br /> Bises et à bientôt <br /> La Fée moqueuse du Forez
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C
Martine<br /> <br /> Avec moi la raison déraisonne