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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Mon bestiaire de l'Orléanais - 2 -

Bestiaire

 

 

Des animaux, tout au long de son histoire

L'accompagnèrent une période ou un moment

Ils demeuraient sur les rives de la Loire

Et écrivirent une page de son roman

 

Les uns, à tire-d'aile, certains venant des flots

Quelques autres, de la forêt des Carnutes

Qu'ils y fussent endogènes ou qu'ils vinssent sac au dos

Ils commémoraient Lug et certains Belzébuth

 

Beaucoup y apportèrent leur contribution

Influant le déroulement des événements

Son blason célébra la participation

D'une petit bête durant plus de mille ans

 

Après ce miracle un monstre sema la terreur

Crachant le feu sans le moindre discernement

Un moine cénobite attendait son heure

Afin de terrasser l'effroyable méchant

 

Satan se mit en tête de lui bâtir des ponts

Pour le paiement de cet insigne service

Il dut se contenter d'un bien maigre jeton

Une monnaie de singe pour tout maléfice

 

La rivière fit la gloire de ses pensionnaires

Les migrateurs y apportant l'abondance

Tout en nourrissant ce curieux imaginaire

D'un extraordinaire pays de bombance

 

Au fil du temps cependant, ils furent oubliés

Ce bestiaire se retrouva le bec dans l'eau

Seule la petite Lorraine resta honorée

Les Orléanais oublièrent leurs animaux

 

Un âne bâté se charge de ce lourd fardeau

Les réconcilier avec leur diversité

Tous ces héros hériteront d'un fabliau

Afin de célébrer leur rôle dans leur cité

 

 

 

Une curieuse ménagerie

 

 

 

Le loup attendait son heure. Il était à l'affût et ne manque pas de surgir au coin du bois dès que l'époque se charge de lourdes menaces. Il fait sa première apparition attestée dans l'hagiographie avec l'orme au loup de La Chapelle en 1130 puis reviendra épisodiquement semer la terreur au point d'occuper à maintes reprises tous les esprits et les récits. La bête de Gidy ou d'Orléans aura son heure de gloire et la littérature s'emparera de ce terrifiant loup cervier jusqu'à sa dernière résurrection en 1806.

 

Mais reprenons le cours chronologique de notre bestiaire en suivant tout d'abord les pas des pastoureaux, qui veulent délivrer le roi de France prisonnier des infidèles. Derrière l'illuminé Jacques de Hongrie en 1251, une troupe de croisés arrive en Orléans. Des noms d'oiseaux sont échangés entre étudiants de la cité et porteurs de la croix. Un massacre sera perpétré qui vaudra le surnom de Chiens aux Orléanais sous la plume d'un chroniqueur Nicolas Paris.

 

Pour montrer que leur réputation n'est en rien usurpée, les orléanais vont faire parler d'eux un peu plus tard. Nous sommes cette fois en 1338 et la cité connaît une grave famine. Les gens de Meung forts de tous les moulins qui tournent le long des mauves et de leurs riches plaines de Beauce, organisent un convoi muletier pour venir au secours des affamés en leur portant de la farine. L’accueil des hommes d'armes derrière les remparts de la cité est des plus agréables : « Les voilà les ânes de Meung ! » Ce à quoi les insultés répondirent de fort belle manière :« À Meung, des ânes, il en passe, mais il n’en reste pas… »

Mais tout ceci est tombé dans l'oubli puisque la ville d'Orléans n'existe et ne se raconte qu'au travers de l’événement le plus important bien avant les premiers pas des humains sur la Lune. Nous sommes en 1429 et je ne vous ferai pas l'injure de vous préciser ce qui advint ici le 8 mai. Par contre il m'appartient de vous informer que fin avril eut lieu un phénomène naturel qui ne fut pas sans conséquence.

 

Un formidable ban d'aloses vint se jeter dans les filets d'une population affamée puisque assiégée alors que dans le même temps une bergère, mue par le feu sacré, apportait du ravitaillement. Le poisson avait pour nom vernaculaire « La pucelle » ce qui laissa des traces durables dans cette histoire. L'alose, durant très longtemps fut au menu du banquet offert aux humbles par monseigneur l'évêque à l'occasion des célébrations de cette page majeure de l'Histoire de France.

 

 

Le castor réclame lui aussi sa place dans cette ménagerie historique. Il y joua un rôle subalterne à maintes reprises se faisant tour à tour, la lubie d'un roi totalement toqué de sa fourrure, le fournisseur d'une substance pharmaceutique miraculeuse venue du saule, de la viande maigre selon une interprétation très personnelle de la zoologie de nos chers moines. Il est de plus à l'origine de l'industrie de l'osier en restant sans cesse sur les dents.

Circonférence Bonimentée

 

Mercredi 17 août 19 h

Paillote d'Orléans

Pour faire le tour de la question sans se mordre l'aqueux

 

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