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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Mon bestiaire de l'Orléanais - 1 -

Au pays des chiens.

La belle ménagerie que voilà.

 

 

La grande histoire pour beaucoup se résume aux frasques des grands hommes, à leurs amours avec les belles dames qui souvent ne jouent que le second rôle tandis que les gueux passent à la trappe. Il y a pourtant un autre biais pour envisager la formidable épopée d'une cité, lovée en bord de Loire, qui se plut à mettre en avant quelques animaux au point d'avoir un temps, l'un d'eux sur son emblème tout en voyant ses habitants flanqués du sobriquet de Chiens.

 

Prenons la peine de suivre les traces de nos amis les bêtes qui participèrent d'une manière ou d'une autre à cette grande aventure sur près de deux mille cinq cents ans. C'est d'abord un oiseau, un temps disparu de nos contrées, qui a l'honneur d'ouvrir le ban. Aigle pêcheur, il fut le symbole de la tribu gauloise qui demeurait ici. Il était représenté sur les pièces et les grands personnages étaient enterrés avec des plumes de pygargue.

Concomitamment, la culture celte s'impose avec ses dieux et ses symboles. À Ceno la lointaine, ce port sur la Loire qui fait le lien entre la Méditerranée et l'Atlantique, le Sud et le Nord, on célèbre Cenan, le père de Lug le grand souverain, toujours accompagné de son sanglier. Lug donnera l'adjectif Ligérien tandis que son animal fétiche sera retrouvé dans le fabuleux trésor de Neuvy-en-Sullias qui est exposé au musée archéologique d'Orléans.

 

L’insurrection celte de - 53 av JC qui démarre ici, va donner le prétexte à l'installation durable d'une nouvelle culture, de nouveaux dieux et d'autres noms. César baptise l’oppidum gaulois qu'il a brûlé du nom de Cenabum et durant cinq siècles, la paix romaine s'impose sur les rives de Liger. C'est au moment de la chute de l’empire en 451 que la cité retrouve son penchant pour les belles histoires avec le miracle de Saint Aignan qui délivre le pays des hordes d'Attila avec la complicité d'une armée de guêpes. Les guêpins feront la gloire de la culture locale jusqu'à ce qu'on se pique en haut lieu de retirer l'insecte des armoiries.

Sur place, Rome a le bourdon ce dont profite immédiatement Clovis et ses francs pour prendre la place en fondant son pouvoir sur le mariage de l'église et de l'état. Pour frapper les esprits, chasser les vieilles croyances celtes revenues à l'ordre du jour, il fait appel aux bonnes recettes de la légende dorée. En 511, en même temps qu'il y a un concile avec 32 évêques, le brave Saint Mesmin va terrasser le dragon de la roche Béraire. Il sera imité en cela par une cohorte d'aspirants à la béatitude qui se réunissent dans le club de Sauroctones ligériens, sorte de société secrète dans laquelle tous les membres sont de mèche.

L'église venait de faire son trou dans le Val d'Orléans et marqua ses limites avec deux ponts et une même histoire de Diable qui tirait le chat par la queue. Mais ceci se passera un peu plus tard dans les années 1200. En attendant, le roi Robert le Pieux va mettre le cochon au cœur des échanges commerciaux avec la célèbre foire Saint Aignan en 1020. Le cochon en pain d'épices arrivera bien plus tard tout en laissant un souvenir impérissable dans le cœur des orléanais.

Mon bestiaire de l'Orléanais - 1 -
à suivre ...

 

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