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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les petites envies feront les grandes économies.

Changement de paradigme.

 

 

La chasse au gaspi est ouverte, les bonnes vieilles recettes refont surface tandis que le citoyen doit immédiatement modifier ses comportements, hérités jadis d’une injonction encore présente à toujours dépenser plus pour le bien d'une économie fondée sur le pillage des ressources. Il y a de quoi y perdre la tête, d'autant que l'exemple ne venant jamais d'en haut, seul le peuple doit payer de sa personne pour mettre en branle le nouveau processus.

Soucieux de ne pas me disperser, je compte ici examiner à la loupe un tout petit aspect des choses, afin de démontrer la complexité de ce changement de paradigme et les conséquences qu'entraîneraient véritablement les modifications de nos comportements quotidiens. C'est pourquoi, je vais me borner à la plus prosaïque de nos activités, à la plus nécessaire aussi, puisque chacun de nous, doit y sacrifier, toute honte bue.

Le petit pipi met dangereusement en péril les ressources hydriques, non pas parce qu'il apporte sa dose de produits toxiques dans les eaux vannes de nos réseaux de tout à l'égout mais bien plus parce qu'à chaque fois, notre ridicule miction impose de tirer une chasse qui n'est pas de nature à satisfaire la nécessaire sobriété hydrique qu'impose notre nouveau climat.

Et encore, je fais fi ici de tous ces sanitaires modernes, édicules aseptisés, vespasiennes normalisées, automatisées, qui refont un nettoyage du sol au plafond pour la moindre visite, le plus petit dépôt qu'il fut liquide ou solide. Le simple besoin vient alors mettre en péril les ressources en eau de toute une région tant ses sanisettes énergivores sont gourmandes ce qui finira par manquer. Elles furent cependant les ambassadrices d'un système libéral qui a vu même dans ce besoin élémentaire, une source importante de revenus.

Pour renforcer ce qu'on pourrait qualifier de passage obligé, les estaminets d'autrefois ont été éradiqués alors qu'en toute logique, la loi est venue au secours de Decaux et consort, afin que nul ne sorte son petit jet dans la nature. Le législateur sait se montrer impitoyable pour contrecarrer ce qui est somme toute naturel, afin de pousser à la consommation. La loi interdit d'uriner sur la voie publique, même derrière un arbre ! C'est l'article R632-1 du code pénal modifié par le décret n°2010-671 du 18 juin 2010 –art. 4 qui prévoit et punit de l'amende prévue pour les contraventions de 2e classe. L'argent en la matière non fécale, étant toujours le nerf de la guerre pour un parlement bien moins regardant sur ses honteux gaspillages.

Apporter sa dose d'azote dans la nature, sans user de cette eau potable qui nous sert honteusement à rincer les cuvettes et les urinoirs serait donc un crime affreux, une menace pour la moralité publique. Conscients de l'absurdité d'une telle contrainte et soucieux d'apporter une réponse satisfaisante, les grands communicants de ce pouvoir si peu vert, viennent de conseiller à tout à chacun de faire ses besoins sous la douche afin d'économiser l'eau.

Il faut véritablement être sorti d'une grande école pour envisager pareille solution. Les bras m'en tombent et je me refuse à tenir l'objet de ce délire alors que le puissant jet de la douche, se met en branle pour éliminer le petit filet de mes mauvaises humeurs. Certains diront que je cherche la petite bête alors que justement, on me conseille de la mettre en action sous la poire pour épargner l'usage de la chasse. Chercher l'erreur.

Tout comme la toilette sèche devant pareille absurdité, je reste coi devant l'immense pertinence d'un tel conseil. Je suis même certain, que nos joyeux lascars ont convoqué une commission, grande ou petite, peu importe, pour nous pondre une telle ânerie qui certes coule sur le bon sens d'un pouvoir qui chaque jour cherche à abrutir un peu plus le peuple.

J'ai donc décidé de prendre la plume pour traiter de ce sujet épineux tout en faisant mes besoins dans mon jardin en attendant que des escouades zélées ne viennent m'obliger à passer sous la douche pour pisser tout mon saoul. Notre nation est fort mal embarquée, le petit jet salvateur devenant une affaire d'état tandis que l'eau continue de couler sous les pieds d'un zouave qui ne baisse pas sa culotte pour faire ses besoins.

À contre-jet

 

 

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