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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

En réseau

Drôle d'évolution.

 

 

Jadis réservés à une poignée d'individus plus ou moins louches à moins que ce se soient des gens influents désirant mener la société de manière insidieuse et obscure – ce qui avouons-le ne les distingue guère des premiers – les réseaux avaient une préférence certaine pour le souterrain, la clandestinité et le mystère. Il faisait bon de ne pas se vanter en public de son appartenance à un réseau d'espions ou bien à une secte puissante. La discrétion était non seulement de mise mais plus sûrement une garantie de survie tandis que des signes de reconnaissance leur permettaient de se distinguer de la masse.

Suivant l'évolution technologique des réseaux câblés, leurs homologues humains ont définitivement quitté les profondeurs de la terre afin de s'afficher au grand jour, quitte même à s'envoyer en l'air à grands sauts de satellites. Le Réseau qui jusqu'alors nécessitait un maillage discret, composé d'éléments ayant le moins de connections possibles entre des composants éloignés les uns des autres, a pris le contre-pied radical des mesures de sécurité. Il s'est ouvert à tous, déployant son influence sans aucune mesure de filtrage, de sélection et de contrôle.

Le réseau cesse alors d’être un réseau pour se transformer étrangement en un instrument qui ratisse le plus large possible, ne se souciant plus de la qualité de ses membres. Curieusement, c'est avec la fin des réseaux hertziens qu'apparait ce phénomène planétaire d'une vaste communauté qui n'a pour seul centre d'intérêt que l'illusion qu'ont bien voulu leur faire miroiter les créateurs de ces monstres maléfiques.

Être en réseau c'est désormais accepter de son plein gré ou à son corps défendant, de participer à ce vaste marché numérique de la collecte d'informations personnelles, qu'elles soient intimes, mercantiles ou idéologiques. À ce titre, les réseaux sociaux fonctionnent exactement à rebours de leurs ancêtres : « les réseaux d'espions ».

Pour les seconds, quelques individus disséminés dans un pays ennemi, s'évertuaient à recueillir le maximum d'informations sur tous les aspects de l'organisation de leur cible, prenant des risques énormes pour découvrir ce qui devait rester caché. Au contraire, désormais, les nouveaux maîtres du bal n'ont qu'à tirer bénéfice de toutes les données que leurs innombrables taupes leur confient puis en faire un commerce juteux, exonéré d'impôts et de taxes, ça va de soi.

C'est bien la seule similitude avec les réseaux anciens. Les nouvelles hydres de la collecte d'information n'usent de la clandestinité qu'au niveau fiscal avec une efficacité qui laisse pantois les observateurs attentifs. Comme dans le passé, il y a forcément des individus retournés, corrompus qui permettent d'échapper au contrôle afin d'agir en toute irrégularité. Ceux-là sont les véritables traîtres.

Autrefois, c'étaient les premiers à tomber et le plus souvent à payer de leur vie leur forfaiture. Aujourd'hui, il en va tout autrement pour ces bandits puisqu'ils ont le plus souvent accès à des hautes fonctions, bénéficiant de la manne financière de ces structures mafieuses qu'ils ont laissé prospérer avec une bienveillance coupable.

Il est même une nation que je ne peux citer au risque de tomber sous les foudres d'une justice plus allergique à la vérité qu'aux agissements souterrains de haut-vol, où le maître du jeu, le Monarque tout puissant baigne depuis toujours dans la combine, favorisant les sociétés les plus vermoulues qui soient, leur ouvrant toutes grandes les portes de sa nation.

Naturellement, ceci ne peut se passer dans notre bonne République, vous devriez vous en douter. Nous sommes loin de ces misérables affaires qui mettent en accusation des présidents qui ne tomberaient jamais du fait de leur impunité puis des lenteurs d'une justice aux ordres. Cherchez ailleurs, ici ce n'est pas possible.

À contre-secret.

 

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