Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

De la bulle au sceau

Tous ces bulletins qui nous hantent.

 

 

Alors que les parents s'extasient devant les bulletins scolaires de leur progéniture, désormais aussi long que vide de sens grâce au miracle de la validation des compétences, chacun peut à loisir coincer la bulle ou la laisser éclater avec la myriade de bulletins qui crèvent le plafond de notre quotidien.

Mais n'allons pas si vite en besogne et prenons le mot à la racine ou plus exactement au tout début de notre arrivée. Notre bulletin de naissance fut notre premier pas dans ce monde de l’administration triomphante de nos existences. Il n'est d'ailleurs pas impossible qu'il se transforme radicalement et devienne une puce électronique qui nous sera injectée à l'oreille ou bien ailleurs. Je vous en paie mon billet !

Nous avons au demeurant fort mal auguré de la suite de l'été avec des bulletins de vote qui ont semé une belle pagaille dans le pays. Dérivé du vieux français « bullette », nous y avons ajouté un « O » pour en faire une boulette qui reste en travers de la gorge du maître de ballet de l'Élysée. La majorité se perd dans les méandres de compromis à venir qui n'ont pas fini de nous donner la nausée.

Une autre bulle s'invite à notre été. Celle-ci a pris ses aises dans le pays et se pique de devenir chronique. C'est le fameux bulletin de notre système de santé, en phase terminale afin de parachever la mission que se sont donnés les différents gouvernements successifs. Le maudit virus semble avoir été convoqué par nos chers fossoyeurs des services publics afin d'achever ce grand corps déjà si mal en point.

Pour les bulles tombées du ciel, à l'exception notable de celles de sa sainteté le Pape, n'attendons pas les bonnes nouvelles pour notre pouvoir d'achat. Il sera préférable de se couvrir la tête et de courber le dos avec tous ces bulletins météorologiques qui nous annoncent la grêle et la tempête, les alertes orange et même rouges avant sans doute de guetter dans le ciel l'arrivée des bombardiers russes. Le ciel finira par nous tomber sur la tête, la vieille angoisse gauloise se réalisera enfin.

D'autres nouvelles pleuvent sur vos têtes de manière si fréquentes que désormais vous n'y prêtez plus la moindre attention même s'ils ne cessent de vous manipuler à leur guise. Ce sont les innombrables bulletins d'information qui crèvent tous les écrans et font de vous des sots de la pire espèce, avalant tout sans même y prêter attention. Les mauvaises nouvelles s'affichent, s'invitent même sur vos téléphones et vos ordinateurs en un flot continu et mortifère.

Il fut un temps où le bulletin ne faisait pas tant de tintamarre. Il se faisait discret, se rabougrissait au fil du temps et d'une politique qui vise toujours plus à récompenser les profiteurs au détriment des travailleurs. Le bulletin de salaire tourne à la peau de chagrin tandis que les rémunérations des actionnaires et autres complices de cette farce ne cessent de s'envoler. Les retenus sont pour la grande masse, les multiplications pour quelques initiés et héritiers.

Les différentes corporations se plaisent à éditer des bulletins afin d'informer leurs membres. Parmi ceux-ci, le bulletin scientifique a pris une toute autre forme avec le conseil de défense des scientifiques aux ordres qui n'eut de cesse d'émettre des recommandations tournant à l'injonction sous perfusion. Voilà bien un bulletin qui a fini par nous sortir par les yeux.

Ces braves blouses blanches nous rétorqueront qu'ils n'avaient d'autre but que de nous éviter d'avaler notre tout premier bulletin afin de ne pas tomber sous le dernier acte de notre passage dans cette vallée de larmes : le bulletin de décès qui ne sera délivré que pour les porteurs de votre dernière bière.

J'ai naturellement laissé en cours de route bien d'autres bulletins qu'ils soient paroissiaux, municipaux, officiels, d'expédition ou que sais-je encore. Le bulletin est partout, le poids de l'autorité, du contrôle, de la subordination également. La bulle n'est pas prête d'éclater, elle se fait si insidieuse que vous n'y prenez plus garde, subissant cette avalanche de billets, directives, normes, brèves, annonces de toutes natures au point où la communication est si brouillée que vous en perdez la raison au nom de celle d'un État qui n'a jamais aussi bien personnifié l'Hydre mythologique.

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article