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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Loire vue de selle - 7 et fin -

7 : Martine et le cénobite

 

 

Le dernier matin pour moi qui suis dans l'obligation de laisser l'aventure s'achever sans mon rapport quotidien et largement distancié. J'ai donc fait le choix d'assister aux deux animations, celle du matin à Saint Dyé-sur-Loire pour les plus grands et la visite de Chambord avec son incontournable château pour les plus jeunes.

Les deux visites sont intimement liées puisque le port de Saint Dyé fut celui qui reçut tous les matériaux pour la réalisation de ce chef d'œuvre de la Renaissance. François premier du reste, en bon prince aurait s'il l'avait pu, dévié la Loire pour simplifier la tâche. Ne pouvant arriver à ses fins, il fit de ce charmant village la plaque tournante (et dormante) de son grand dessein ; en effet, il n'y eut pas moins de douze tavernes pour héberger ceux qui œuvraient à quelques kilomètres de là.

La maison de Loire du Loir-et-Cher, dont il n'est pas besoin de vanter le dynamisme, proposa un jeu de piste dans le vieux bourg. Une activité liée tout naturellement à la Loire mais aussi aux multiples lieux d'exception de ce site qui paradoxalement ne connaît pas le succès qu'il mérite tant il est riche d'éléments qui méritent le détour.

L'équipe de la maison de Loire compense largement ce manque de popularité touristique totalement injustifié en accueillant les scolaires et les groupes avec un dynamisme sans pareil. Les enfants du reste ne s'y trompèrent pas et participèrent avec enthousiasme. Tandis que les élèves étaient à la poursuite de leur trésor, un autre s'ouvrait à nous, modestes accompagnateurs.

La grande église de la place était ouverte par la gardienne des clefs et des secrets : dame Martine. Une petite dame souriante, pleine d'entrain et de bonhommie. Elle se proposa immédiatement de raconter son église, son village, son histoire, ses grands hommes. Il y avait chez elle une gourmandise qui donnait envie de l'écouter sans qu'elle joue de pédanterie ou de culture encyclopédique. Un bonheur contagieux pour notre plus grand plaisir.

Rapidement les élèves se joignirent à nous pour jouir eux aussi de ce supplément délicieux, instructif, jubilatoire. Martine dévoile les secrets de l'endroit avec une gourmandise incroyable, évoque tour à tour Clovis, Saint Dyé le bon ermite, d'Artagnan emprisonné dans l'église puis au village, Picasso, Cartier Bresson, passant du coq à l'âne pour retomber sur ses ergots avec maestria. Un vrai régal.

Elle mêle la grande histoire, les anecdotes, ses histoires personnelles, raconte son église qui n'a plus qu'un office tous les deux mois mais présente une série de grands tableaux qui en font un lieu baroque, surréaliste dans lequel elle évolue comme un poisson dans l'eau. Je vous laisse le plaisir de la découvrir et de vous proposer son petit tour de visite. Je ne pourrai jamais égaler ni rendre compte de sa faconde délectable.

Le château de Chambord nous ouvrit ses bras alors qu'il était couvert d'échafaudages lui donnant curieusement une allure de décor de cinéma. Point de vue curieux certes mais fort étonnant. Cette fois une guide nous proposa une visite. Liza-Marie sut merveilleusement se mettre à la portée des enfants tout en comprenant à quel point ils étaient fatigués. Elle fit preuve d’adaptation, de patience et de disponibilité sans qu'il ne fût jamais nécessaire de recadrer le groupe.

Les élèves ayant fort bien préparé leur sortie surent répondre même si comme c'est normal à cet âge, il y eut parfois des contre-sens, des anachronismes et des confusions drolatiques. Ils prirent des notes et le plus dur reste à faire pour les maîtres, puisqu'il conviendra d'en tirer à défaut de la quintessence, du moins de quoi établir un document. Puisse ce journal de bord leur apporter un peu d'aide en dépit de sa forme et de son contenu distancié.

 

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