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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La Loire vue de selle - 5 -

5 : La vie de Château

 

 

La forteresse de Chinon, la demeure de la belle au Bois dormant, le château d'Azay-le-Rideau sont au programme de cette itinérance entre Vienne et Indre avant que de trouver la Loire à Tours pour une étape à Montlouis. La sagesse prévaut en cette journée plus chaude encore que les précédentes ; les parcours cyclistes sont raccourcis et pour la première fois, toute la troupe, à l'exception des pilotes adultes au volant de la caravane matériel, est réunie pour une jonction reposante.

La nuit fut remarquablement calme. Il y a là certainement matière à réflexion. Épuisez votre progéniture au-delà de leurs forces et vous obtiendrez un matin paisible. Bien sûr, la méthode suppose quelques sacrifices de votre part à moins que vous ne trouviez, ce qui sera loin d'être évident, d'autres insensés à l'image de l'équipe pédagogique de l'école Victor Meunier. Mais revenons à nos moutons.

Je n'ai pas assisté à la visite de la forteresse de Chinon, étant de convoyage cycliste avec l'autre groupe, je ne peux donc vous en parler convenablement. Tout ce qui m'est revenu est l'émotion de la guide qui, les larmes aux yeux, a remercié les élèves et naturellement leur maître (j'use à dessein de ce vocable prétendument obsolète et qui pourtant lui va comme un gant). Jamais elle n'avait eu le loisir de donner des explications à des élèves aussi attentifs, sérieux, curieux et qui avaient manifestement préparé leur visite.

 

De mon côté, le transfert cyclopédique, comme à chaque fois nous a permis de croiser des individus infréquentables qui sous prétexte de disposer d'un volant s'arrogent tous les droits, surtout de mettre en danger des enfants qui ne sont fort heureusement pas les leurs. Il y a ceux qui roulent trop vite en croisant le convoi, ceux qui forcent le passage pour le doubler en dépit d'une impossibilité manifeste, cet autre qui nous double en sécurité pour s'arrêter immédiatement après afin de rentrer chez lui en marche arrière ; une forme de champion du monde dans sa catégorie.

Fort heureusement ceux-là sont largement minoritaires ce qui ne les empêchent pas d'user de l'invective, de l'insulte tout en se déclarant dans leur bon droit, la main sur un code qu'il n'évoque que lorsqu'ils sont dans leur tort. Et dire que la Loire à vélo use à plaisir de ce que nos bureaucrates nomment fièrement devant les élus admiratifs : « Un espace partagé ! ». Partager avec des voraces, des ogres, des égoïstes et des abrutis n'est pas une mince affaire et ça me reste encore sur l'estomac.

Puis la visite du Château d'Azay-le-Rideau se passa sans guide, car ceux-ci étaient réservés depuis belle lurette. Cela n'empêcha nullement la maîtresse de mener de main de professeur son affaire, avec schémas, croquis, prises de notes et questions pertinentes. Nous avions la chance de disposer dans l'encadrement d'un spécialiste des petits secrets de têtes couronnées qui, à n'en point douter, menace grandement Stéphane Bern dans son emploi à vie.

 

C'est ainsi que la salamandre et l'hermine n'ont plus de secrets pour eux tandis que la vie de château est parfaitement comprise avant que d'aller planter les tentes sous un soleil de plomb et des paupières éponymes. Il est vrai que l'infrastructure pour héberger des groupes à tarifs compatibles avec les moyens d'une école communale ne sont pas légion dans ce pays évolué.

La soirée vit l'arrivée de nouveaux parents, faisant basculer l'aventure vers la grande migration. Il y a désormais presque autant d'adultes que d'enfants, ce qui complique un peu plus les choses. C'est là sans doute, le but de l'opération : « Faire de chaque étape, un casse-tête joyeux ! »

 

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