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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Fariboleries pour un mercredi

Propre - Âne

 

 

 

L'âne taillait sa route sur un chemin escarpé

Portant lourde charge comme tous ses voisins

Lorsque du tréfonds de ses entrailles, un pet

Vint frapper les oreilles d'un muletier malin

 

Le convoi transportait des bouteilles de gaz

Pour fournir en énergie un petit village

Même si ses bourriques ne sont pas des Pégase

Il pense à un astucieux bricolage

 

Pourquoi ne pas capter ce précieux méthane

Sans faire cette acensions inopportune

La flatulence n'est pas le propre de l'âne

Mais elle pourra en faire sa bonne fortune

 

Équipa ses animaux de quelques tuyaux

Afin de récupérer ce bon carburant

Qui alimentera au pays les chauffe-eaux

En lui permettant de gagner beaucoup d'argent

 

Le muletier connu un immense succès

Il se trouva rapidement le directeur

D'un des plus prospères consortiums français

Vendant de par le monde son récupérateur

 

La captation asinienne était si pratique

Qu'elle devint la principale source d'énergie

D'un pays cessant de tourner en bourrique

Grâce à cette curieuse idée de génie

 

Qu'importe si la prospérité a une odeur

La crise énergétique fut enfin résolue

Par un procédé qui poussa les décideurs

À nous glisser à tous un capteur dans le cul

 

Un soucis de taille contraria le pouvoir

Comment taxer le produit de nos entrailles ?

Un grand cabinet conseil se mit en devoir

De nous imposer un compteur sur notre attirail

 

Ce procédé pénétra dans les annales

Des curieuses astuces du trésor public

Quand survint un inconvénient peu banal

La ruine menaçait qui avait la colique

 

À toujours nous prendre ainsi pour des ânes

Ils recevront tôt ou tard un coup de sabot

Dans cette étonnante partie médiane

Qui ne nous distingue pas de tous ces nabots

 

La solitude d'une cistude

 

 

 

 

Ultime représentante de son espèce

Pleure la disparition de ses congénères

Autrefois petite compagne des druidesses

Elle vivait ici dès l'âge de pierre

 

La Loire ne lui réserve plus bon accueil

Bien des pièges se dressent sur ses berges

La rivière est devenue un linceul

Celle qui ne sera plus jamais son auberge

 

La dernière petite tortue se morfond

Depuis que son beau domaine est dévasté

Des engins monstrueux y construisent un pont

Défigurant à jamais sa belle vallée

 

Pour que traversent tous ces maudits camions

La cistude a subi bien des outrages

Comme l'odieuse destruction de sa maison

Dans la multitude des autres ravages

 

Sa carapace ne fit hélas pas le poids

Face à une pelleteuse ou un bulldozer

Elle finira écrabouillée comme il se doit

Au nom de leur dévotion routière

 

Les transporteurs doivent absolument passer

En dépit de l'absurdité d'une époque

Qui sacrifie notre biodiversité

Au nom de quelques maudits semi-remorques

 

Dans les étangs de Brenne, elle pourrait s'exiler

Exfiltrée d'une guerre qui se déroule ici

Mais comment peut-elle faire pour ainsi s'en aller

La route est si longue pour gagner le Berry ?

 

Comme les hérissons, ces malheureux martyres

C'est sous d'autres roues que finirait sa route

Les humains se font pires que des vampires

Pour toutes ces marchandises de la soute

 

La cistude se résigne à son triste sort

Latingy sera sa dernière demeure

Les impératifs économiques se font fort

Que la faune tout comme la flore s'y meurent

 

http://www.centre-val-de-loire.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/PRAcistude_version08112011_cle165b52.pdf

 

 

Sapiens

 

 

Qu'on le prétendît sage ne doit pas surprendre

Ce sont ses descendants qui le nommèrent ainsi

Étiquette flatteuse qui à tout prendre

Rejaillissait immanquablement sur ceux-ci

 

Les autres passagers de la planète Terre

N'ont à ce propos jamais été consultés

Il est vrai qu'ils avaient choisi de se taire

Pour ne pas subir de nouvelles contrariétés

 

Sa prétendue sagesse le pousse certainement

À détruire sauvagement tout ce qui l'entoure

Faisant table rase de son environnement

Provoquant le désastre partout alentour

 

Héritier d'un Dieu qu'il fit à son image

Sa parole devint sanctifiée et sacrée

Se permettant alors sans aucune ambages

De s'accorder le droit de tous les massacrer

 

Il affirma aussi, comble de l'hypocrisie

Que ses crimes étaient offrandes au créateur

Exigeant qu'il fit sacrifice de nos vies

Afin de gagner un paradis prometteur

 

Il réservera l'Enfer à cette planète

Pour toutes les autres espèces qui la partagent

Quand il leur accorda de pauvres miettes

Simplement pour assurer son nourrissage

 

Le temps est venu de clamer sa déraison

De libérer la Terre de cette engeance

Homo-sapiens ne sera qu'une illusion

La Nature aura légitime vengeance

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