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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une trop belle histoire.

Le conte n'y est plus.

 

 

 

 

Il était une fois … Et pourquoi pas une autre fois ? Quelle est donc cette manie de toujours commencer les histoires de la même manière. Ne manquerait plus qu'elles se terminent aussi de la même façon pour rompre la magie de ce moment si rare. Pourtant c'est souvent le cas ; les méchants finissent mal, les gentils se sortent de tous les pièges, les périls et les chausse-trapes pour terminer en apothéose le plus souvent par un mariage en grande pompe. L'exacte copie de la vraie vie en somme.

Grande pompe ou pas, curieusement le chat botté échappa à la norme. Sans doute allait-il trop grand train en ce lieu à moins qu'un chat ne puisse trouver chaussure à son pied, prestige qui ne semble n'appartenir qu'aux humains. Quant aux héros, à de très rares exceptions, ils sont beaux, forts, grands et intelligents ce qui leur permet après bien des vicissitudes d'épouser une jeune fille « Belle comme un soleil » ; bergère de son état ou bien représentante d'une profession que l'on qualifie désormais de premier de cordée.

À la nuance près que dans les contes de fées, les petites mains de l'histoire ne s'usent pas au labeur, demeurent rayonnante malgré les difficultés de leur ouvrage. Elles savent qu'il suffit de laisser se dérouler le scénario pour qu'au final, elle change radicalement d''existence par la seule grâce d'un joli sourire et d'une mine avenante. Puis, sans se soucier de leurs compagnes qui jusque-là partageaient la même destinée, l'héroïne abandonne sa classe sociale pour aller se la couler douce dans les allées du pouvoir.

Il était une fois, formule usant de l'imparfait qui, dans ce contexte, a toute sa valeur. Le temps du passé révolu, de ce qui ne reviendra jamais. L'ascenseur social, même par le truchement d'une gentille fée, d'un gentil mage ou d'un exploit formidable et d'une mine rayonnante fonctionnait en ce temps-là. Depuis, les rouages sont grippés et la baguette magique n'a plus la moindre efficacité tandis que la promotion par la braguette a, fort heureusement, du plomb dans l'aile.

Il sera une fois n'est certes pas à l'ordre du jour. Du moins, pour la plus grande majorité d'entre nous. La vie de conte de fée existe bel et bien pour une toute petite minorité qui jouit sans entrave, profite de tout et se moque de devoir réaliser des prodiges pour bénéficier d'une vie de château. Ils n'ont rien fait si ce n'est naître au bon endroit.

Cendrillon restera leur servante et encore doit-elle se féliciter d'être du bon côté de la Méditerranée. D'autres peuvent avoir des rêves plein la tête, prendre des risques insensés pour atteindre leur idéal et ne trouver ni bonne dame ou ange gardien pour échapper à la fatalité qui se profile à l'horizon. La fin de l'histoire s'achevant au fond de la mer ou dans un centre de rétention quelconque.

Pendant ce temps, les Princes, les princesses, leurs enfants et tous les semblables s'offrent des yachts luxueux, des croisières dans l'espace ou parcourent tous les océans de cette planète sans la moindre entrave, graissant quelques pattes au passage. Ceux-là sont les rois du monde et n’ont nul besoin de baguette magique pour multiplier les dividendes et les avoirs, abattre les obstacles et déroger aux règles communes.

Il sera une dernière fois. Ce serait là la plus nécessaire chute dans cette histoire qui a fini par tourner en rond, en se privant de tout ce qui faisait jadis le sel des légendes : une belle morale, des idéaux et des vertus du côté de ceux qui sortent vainqueurs de l'aventure. Les méchants, les mauvais, les égoïstes, les véreux, les pourris ont tous les privilèges, tous les pouvoirs, tous les postes clefs.

Ils nous bercent d'illusion en nous laissant croire que par le travail, la patience, l'opiniâtreté, le courage, nous pouvons rejoindre leur univers féérique, comme si du reste, leurs existences dorées sur tranche constituaient l'expression absolue du bonheur et de la concrétisation.

Le temps est venu d'abattre les murailles invisibles qui nous laissent de l'autre côté de ce monde merveilleux, univers de comptes et de méfaits. Il ne s'agit pas de vivre comme ces anomalies, il est simplement question d'abolir définitivement les privilèges, l'iniquité et les monstrueux avantages de ces personnages diaboliques, véritables sorciers détruisant plus que tous les autres notre Planète. Un bon coup de balai s'impose. N'est-il pas du reste l'autre attribut des sorcières ?

À contre-emploi

 

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