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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Qui va à la chasse…

Le proverbe est-il prémonitoire.

 

 

 

Les idiomes ne sont pas automatiques, c'est fort dommage parfois. Ainsi pourrait-on espérer voir se réaliser celui qui prétend malicieusement : « Qui va à la chasse d'eau perd sa place sur le trône ! ». Mais hélas, rien n'est moins sûr, tout dépend de la couleur et de la senteur des humeurs d'un bon peuple aussi versatile que bienveillant pour ceux qui les méprisent.

Restons dans ce registre pour examiner ce qui pourra corroborer la rétention scabreuse de l'heure, manière d'élever le débat au dessus d'une fosse à lisier qui laisse sceptique les observateurs avisés du débat public. Débutons cette introspection intestine par celui-ci : « Qui mal étron se prend pour Macron ! ». Si son authenticité n'est pas certaine, ce proverbe atteste que notre langue aime à explorer les secrets de l'âme et quelques endroits discrets.

D'autres font œuvre de prévision en commentant la rase campagne qui s'offre à nous : « Il faut avoir la courante séance tenante ! ». Non seulement, son interprétation est des plus embrouillée mais qui plus est, l'expression ne permet pas de se faire une réelle opinion sur les sondages à moins de cent jours de l'échéance. Toute rétention d'information et de matière en cette période délicate peut pousser à la crise de régime.

Fouillant plus avant les bas fonds du palais et de l'âme humaine, il vient à notre connaissance la formule suivante, qui mériterait une analyse approfondie : «Petit pet abat grand vent ! ». Est-ce à dire que nous ne sommes pas au bout de nos méprises et qu'il est permis d'espérer un coup de théâtre, l’émergence d'une nouvelle voie pour libérer nos entrailles.

Il s'agit de dérouler le grand parchemin de notre langue, jonché de fleurs de roses ou de parfum des Landes pour découvrir d'autres trésors. Parmi ceux-ci : « Qui trop expectore, mal s'exprime. Qui trop flatule reste dans le vent ! ». On peut y percevoir une sorte d'encouragement pour celui qui manie la langue vulgaire. Il est à souhaiter que la sagesse populaire se trompe en ce point.

Plus avant, nous trouvons un de ces fameux conseils que nous transmettaient nos grand-mères, quand celles-ci n'étaient pas prisonnières dans un quelconque lieu de relégation. Je me souviens avec nostalgie de cette parole de sagesse : «  Il est plus aisé de se retenir que de faire en public ! ». Voilà ce qui aurait permis à notre foutriquet de ne pas salir la fonction et de remuer sept fois son étron dans sa bouche.

Revenons à nos anciens avec Charles de Méry qui dans son histoire des proverbes en 1829 évoquait cet aphorisme qui mérite encore de faire écho dans le microcosme parisien : « La politique n'est que la science de la tuyauterie ! » . C'est dans le même temps le conflit des tenants du tout à l'ego, de ceux qui sont près à toutes les bassesses, à l'instar de brave Erdogan, pour à leur tour, s'asseoir sur le trône en faisant fi de leur convictions intimes. L'essentiel n'est pas ce qu'on y dépose, mais le chemin qu'il faut parcourir pour atteindre le Saint Graal.

Pour conclure en apothéose ce tour d'horizon bouché de notre campagne électorale, menée avec maestria par celui qui tient les commandes, nous pouvons parachever ce morceau d'anthologie qui restera dans les annales par la célèbre formule : « À cœur vaillant, rien d'impossible. À cul béant, tout est facile ». Quand la voie est tracée, que tout mène au triomphe, le trône reste grand ouvert.

Bien-sûr il se trouvera des esprits chagrins pour s'offusquer de tels propos. Si le contrepet est la fiente de l'esprit, la vulgarité n'en demeure pas la plus détestable manière de remplir la fonction suprême. Il est des circonstances qui réclament de la réserve tout autant que de la contenance. Quand on oublie cela, c'est le début des emmerdements !

À contre-pet.

 

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