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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La course à l'échalote

L'important, c'est la prose…

 

 

 

 

À vos marques, partez ! Se prenant tous pour la tortue, ils se lancent dans l'aventure, traînant leur ego en guise de carapace et tentant de débusquer un lièvre qui n'a pas encore pris le départ. C'est la grande comédie des ratés, ceux qui se présentent pour le seul plaisir de faire entendre une voix qui n'a aucune chance de recueillir des voix. Mais qu'importe, puisqu'après eux, et surtout grâce à leur participation, le déluge est certain.

Oh, bien sûr, ils ne seront pas tous de la défaite. Certains resteront sur la ligne de départ, n'étant pas dans la capacité de recueillir les parrainages réglementaires. Ne croyez pas qu'il suffit d'invoquer la Démocratie, la liberté d'expression, la pluralité pour disposer des signatures d'élus, placés sous les projecteurs de l'opinion publique. Les candidats à la course à l'échalote devront en rabattre pour certains, sans pour autant songer à unir leurs forces.

Ça, non c'est impossible ! Chaque candidature s'impose surtout si c'est pour entraîner dans la débâcle celui qui pense presque pareil. La défaite des amis ou des voisins est bien plus jouissive que l'échec de l'ennemi à abattre. Tous les coups sont permis pour perdre en entraînant dans la catastrophe ceux qui hier ou avant hier, étaient des compagnons de route.

Curieux spectacle que ces croche-pieds entre personnes défendant les mêmes couleurs qui en profitent pour dérouler un tapis rouge à celui qu'ils exècrent. Il est bien difficile de comprendre ce jeu absurde, cette foire à la vanité qui relève bien plus du chamboule-tout que du dégomme l'odieux patron. Ils ont sans doute l'envie secrète de ne rien changer pour continuer ainsi en espérant rafler la mise quand le peuple, nos libertés, nos finances et nos espoirs seront exsangues.

Existe-t-il une quelconque raison de leur faire entendre raison. Justement, voilà une qualité qui leur fait cruellement défaut. Ils sont aveuglés par l'ambition de se faire connaître, de porter haut et fort, une pensée inaudible dans la cacophonie ambiante. Remarquez, ceci n'a aucune importance à leurs yeux, puisqu'ils ne sont préoccupés que par leur seule image, leur narcissisme déplorable au travers d'un miroir dépoli.

La course à l'échalote des postulants à la fessée électorale est certainement la plus insupportable farce qu'un scrutin qui se déroulera en plein état d'urgence sanitaire - détail qui n'a aucune importance pour ces grands démocrates à la petite semaine – qui s'offre à notre indignation contrite. Ils n'ont aucun principe, aucun dessein réel pour la nation, aucune ambition réelle de gouverner. Ils font simplement acte de présence, reprenant à leur compte la stupide maxime des Jeux Olympiques : « L'essentiel est de participer ! »

Alors, toujours plus faux, toujours plus retords, ils s'indignent que l'on puisse leur reprocher de faire perdre leur camp, de ruiner l'espoir des braves gens. Voilà bien qui est le cadet de leur souci, baudruches gonflées d'une importance factice, pantins dérisoires d'un cirque politique qui n'amuse plus personne, ils espèrent simplement se faire une petite place dans l'Histoire.

Ils n'ont d'ailleurs pas tort. Ils seront les fossoyeurs de la liberté, les destructeurs de l'héritage du conseil de la Résistance, les complices du coup d'état libéral, les facilitateurs du succès du Monarque. La gloriole personnelle est bien plus importante qu'un grand dessein collectif. Faire métier de la politique c'est renoncer à l'intérêt général pour se faire sa petite place au soleil et négocier un petit avantage, le moment venu.

Misérables candidats qui dispersent et ventilent les voix de la colère, de l'humiliation, de la révolte simplement pour que rien ne change, vous êtes le déshonneur de la nation, des palabreurs de l'inutile, des pantins dérisoires et des monstres d'égoïsme. Surtout ne changez rien, vous êtes là dans le seul rôle que vous sachiez tenir convenablement.

À contre-attaque.

 

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