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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Au secret !

Victime collatérale.

 

 

 

Réjouissez-vous braves gens, vous qui avez trouvé l'occasion de briller en société par quelques clichés bien sentis, vous qui avez clamé sous tous les toits les différentes étapes de votre parcours du combattant dans cette guerre sans pitié menée on ne sait plus vraiment contre quoi ou bien qui. Le résultat est plus que tangible, il est patent, manifeste, éclatant et sans doute définitif. Bravo à vous tous qui sans pudeur avez honteusement déchiré le secret le plus précieux qui soit et sans doute le plus protecteur que nous n'ayons jamais acquis.

Vous vous êtes vautrés dans ce piège immonde tendu par des apothicaires véreux, des apprentis sorciers dont les intentions n'ont jamais été louables. Tout ceci n'était que prétexte à réduire en lambeaux vos libertés, à placer sous perfusion votre esprit critique, à vider de toute sa substance votre capacité d'analyse.

Vous avez été trompés, leurrés, manipulés, effrayés, menacés pour qu'enfin vous soyez devenus ce peuple sans réaction, ces citoyens sans principes, ces individus sans scrupules, ces êtres sans empathie ni humanité. Pion vous êtes devenus en tombant dans tous les panneaux, les chausse-trappes, les impasses, les pièges tendus par un système qui se rêvait, excusez du peu : sécuritaire, autoritaire, sanitaire en marche forcée vers le meilleur des mondes, celui que dénonçait Orwell.

Mais encore eut-il fallu que vous preniez la peine de lire ce magnifique roman et d'autres encore. Vous préférez depuis bien trop longtemps pour que la rémission soit envisagée, vous préférez donc avaler en boucle les potions amères des chaînes de télévision. Vous y avez perdu votre âme et l'héritage de ceux qui se sont battus pour sortir de la tyrannie.

Vous avez crié au loup avec des bergers aux méchantes intentions. Vous avez baissé la garde et votre manche. Le premier vaccin fut pour vous un grand moment, au point que vous l'avez immortalisé et offert au monde numérique ébahi par votre courage. Le pli étant pris, vous avez fait de même pour les suivants, faisant de votre santé un spectacle permanent.

Puis vous avez photographié ou numérisé votre Sésame, ce Pass(e) qui vous libérait. Vous étiez les conquérants d'un nouveau monde, celui de l'éradication du risque médical. Le visage dissimulé ne vous a pas contraint, bien au contraire : votre trombine sous le voile de la peur a elle aussi circulé sur la toile. Vous étiez si radieux sous ce déguisement.

Vous avez encore accepté sans penser aux autres que même à la télévision, vos responsables s'adressent à vous sans que l'on voit leur bouche. Masque protecteur qui cache le mensonge et interdit à nombre de mal entendants de les comprendre. Mais de ça ils n'en ont cure. Puis vous vous précipitez pour vous faire tester, cinq, dix, vingt fois sans vous soucier de l'état de nos finances publiques. Vous applaudirez encore quand on fermera toujours plus des lits d'hôpitaux pour équilibrer les comptes.

Vous n'avez jamais protesté contre l'odieux statut des entreprises qui inondent les pays qui n’ont pas les moyens de vaccin que nul responsable politique ne fera tomber dans le domaine public. Votre santé est devenue une matière première, une source de profits colossaux pour une minorité et les corrompus à qui ils ont graissé les pattes.

Vous voilà pris au piège, vous avez brisé le secret médical, ce bouclier protecteur, bien plus utile qu'une énième dose d'un produit qui demeure douteux pour les uns, inopérant pour d'autres et insatisfaisant dans tous les cas. Vous allez exclure de la société ceux qui par choix, par conviction ou des motifs qui ne nous appartient pas de connaître, refusent de vous suivre dans cette course effrénée vers l'abîme. Vous êtes prêt désormais à les huer, les montrer du doigt, leur interdire les soins. Vous êtes devenus des monstres avec la bonne conscience de ceux qui suivent aveuglement leurs chefs.

En agissant ainsi, vous renoncez à votre humanité, vous détruisez le lien social, vous faites basculer la société dans un univers effrayant. En tuant le secret médical, en vous faisant complice de ce coup d'état en blouse blanche, vous faites le lit d'un monde détestable du contrôle absolu, de la surveillance et de l'aliénation. Je vous en conjure, faites ce que vous jugez bon pour vous, mais gardez le pour vous, refusez de montrer ce laisser passer honteux, ne vous vautrez plus dans l'exposition de tous vos actes médicaux, gardez-vous de la haine contre ceux qui ne pensent pas comme vous et surtout, portez-vous le mieux possible sans faire étalage de ce qui doit absolument relever du sacrosaint SECRET MÉDICAL.

À contre-courant.

Billet illustré par les œuvres de Shamsia Hassani :  street artiste afghane

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