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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Mise à pied.

Les bras m'en tombent.

 

 

 

Le monde du football ne cessera jamais de m'étonner. Un grand club tricolore quoique ayant un penchant prononcé pour une couleur qui n'est pas sur le drapeau, vient, après une série calamiteuse de résultats, de mettre à pied son entraîneur. Le malheureux risque fort de ne plus savoir sur quel pied danser.

Je l'imagine vouloir reprendre la balle au bond, au pied levé, ça va de soi. Il n'a cependant pas le choix, il doit passer la main pour qu'un autre tente de sauver la situation. Mais lui, de son côté, que doit-il faire ? Se retrouvant sans emploi, les jambes coupées, le moral en berne, le pauvre garçon doit songer à se recycler. Le Handball lui tend la main, c'est à lui de prendre au mot ceux qui l'ont privé de son emploi.

La mise à pied pourrait aussi toucher tous ceux qui se prétendent en marche. On ne joue pas impunément avec les expressions. Le retour de bâton est toujours possible et attend au coin du bois, ceux qui se voient prolonger l'aventure en grande pompe. Dans pareil cas, cette mesure serait de nature à rabaisser le caquet du Freluquet, lui qui se prend pour Jupiter, divinité toujours flanquée d'une roue.

La confusion ne peut plus durer. La roue tourne tandis que le marcheur tente vainement de mettre un pied devant l'autre. La mise à pied clarifierait les choses, mettrait un peu plomb dans les semelles de ce monarque qui n'a eu de cesse de nous glisser des cailloux dans nos croquenots. Malheureusement, notre constitution n'envisage qu’une seule alternative : son remplacement éventuel, comme si, changer de pointure apporterait la plus petite réponse à ce bazar.

Comme pour le club de football, changer le guide suprême, c'est accréditer l'idée que pour marcher droit nous avons besoin d'un éclaireur, un seul, capable de trouver la bonne voie dans la tempête et l'obscurité. La France n'est pas loin de vivre sous le concept fallacieux de l'infaillibilité présidentielle.

Le guide suprême décide de tout et nous devons emboîter ses pas, les yeux fermés. Nul contrôle de la route, nulle possibilité d'infléchir le parcours, nulle discussion sur le choix du chemin. Un seul décide et s'il nous envoie dans le décor, nous devons sauter avec lui dans le précipice. C'est cette constitution qui mérite d'être mise à pied. La monarchie est passée de mode tandis que le spectacle que donnent les prétendants au trône atteste que nous filerons un mauvais coton, quel que soit le prochain éclaireur.

Nous pourrions marcher de concert, main dans la main. Au lieu de quoi, on nous promet la trique, la bride ou le fouet, l'absence de concertation sur l'itinéraire à prendre. Pieds et poings liés, nous suivrons la prochaine ou le prochain guide, lui faisant une confiance aveugle sous le prétexte fallacieux d'une légitimité par les urnes.

Les errements de la crise actuelle démontrent à l'évidence qu'un seul être ne peut pas avoir la science infuse. Il est grand temps de repenser le pouvoir dans une collégialité qui suppose des idées et des pensées divergentes. Marcher au pas au son du canon n'est pas la plus sûre manière de parvenir à ses fins.

Voilà les réflexions inutiles qui me sont venues en tête à l'annonce de ce limogeage sportif. Je fais une terrible erreur en pensant que l'opinion d'un quidam a une quelconque chance d'être prise en compte. La troupe doit marcher au pas, les mains sur la couture du pantalon, sans savoir où elle va. Seul le premier de cordée, décidera le moment venu et en dépit de ce qu'il a pu promettre avant, de la direction à prendre. Oui, vraiment, la mise à pied de la cinquième République s'impose.

À contre-pied.

 

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