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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

La souris parasitée.

Petite puce deviendra grande.

 

 

 

Une puce désirant crever l'écran fit le choix d'investir une souris. Le choix était judicieux. Elle aurait pu se tromper et aller séduire un mulot : l'erreur est permise, d'autres l'on fait avant elle. Mais la demoiselle était branchée, elle se tenait au courant des dernières évolutions dans l'univers des parasites.

Redoutant de ne pas atteindre seul son grand dessein, elle unit ses forces avec un virus. L'histoire ancienne lui aurait soufflé de choisir un rat pour frapper plus encore les esprits et l'imagination. Elle se refusa d'autant plus à ce choix que depuis qu'elle était toute petite, les siens la traitaient de peste.

Refusant de voir tout en noir, elle opta pour une souris blanche, un animal de laboratoire au poil luisant et à la mine agréable. Elle se persuade qu'ainsi, elle ferait une entrée retentissante dans l'univers numérique. La puce, flanquée d'un virus sournois s'installa donc sur son hôtesse à son insu. La chose est courante dans cette espèce.

Pourtant, en dépit de cette installation clandestine, la puce eut rapidement le sentiment qu'entre elle et la souris, le courant passait. Une intuition qui ne se fondait sur rien mais qui avait le mérite de la conforter dans son choix. Par contre, du côté du virus, elle sentait bien que le malheureux avait du vague à l'âme, un manque d'entrain assez inexplicable.

 

Dans le laboratoire, la souris fut choisie pour une nouvelle expérimentation. Elle allait durant quelques jours, se nourrir exclusivement de pommes. On peut s'interroger sur les objectifs d'une telle démarche même si nous ne disposons pas d'assez de recul ni de connaissance pour critiquer les scientifiques.

Quand la souris entama la pomme, il se passa soudain un phénomène qui interroge encore les observateurs. Le virus qui jusque-là s'était mis en sommeil, pénétra le fruit jusqu'au trognon. Puis, arrivé au cœur de ce fuit, il se glissa dans un pépin. Une mutation s'opéra tandis que dans l'esprit viral, germa une curieuse idée.

Le virus en fut totalement transformé. Il revint sur la puce, s'attaquant à son système immunitaire. La pauvrette se sentit défaillir. Elle n'était plus en capacité d'agir sur la souris. Les responsables du programme scientifique qui observèrent ce phénomène à la périphérie de leur expérience, décidèrent de provoquer un PC de crise.

À l'instant de sa mise en place, la souris fut victime d'une intolérance alimentaire. La pomme ne passait plus. Elle fit un rejet spectaculaire, vomissant tripes et boyaux. Elle fut mise sous perfusion dans la confusion générale tandis que la puce vérolée se mit à prendre totalement le contrôle du centre nerveux du petit rongeur.

 

La puce prenant le contrôle de la souris, la première observation laissa les scientifiques pantois. La souris perdit sa queue sans qu'aucune donnée objective puisse expliquer ce phénomène. Puis, ayant désormais des déplacements erratiques dans le labo, le petit animal prit la poudre d'escampette en s'échappant par une fenêtre ouverte.

La puce, quoique totalement passive dans ce processus, venait de réaliser son rêve. Elle avait crevé l'écran. Par contre, elle ne put en jouir pleinement. Les responsables du laboratoire de recherche soucieux de ne pas laisser en liberté dans la nature, cette souris incontrôlée, lancèrent à sa poursuite une troupe de chat.

Bien vite, un vieux matou mit fin à la fugue de la souris blanche. Pour la puce, le virus et le petit rongeur, l'aventure s'arrêta là. Par contre, il se murmure dans les milieux autorisés qu'une nouvelle souche de chats aurait depuis fait son apparition. Des félins s'en prenant exclusivement aux souris d'ordinateur qu'ils dévorent sous les yeux ahuris des utilisateurs de la chose.

À contre-point.

 

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