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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Il n'y a pas de quoi s'emballer !

Peau de balle et conditionnement…

 

 

 

 

Il fut un temps si lointain que les consommateurs avisés d'une planète en déliquescence ne peuvent l'imaginer, les humains réfléchissaient à deux fois avant que de commander un produit venu de loin. Non seulement se posait l'épineuse question du transport mais tout autant son corollaire du conditionnement. Si l'écriture est née de la nécessité d'annoter ce qui était ainsi transporté, l'emballage des marchandises constitua une incessante préoccupation pour les voituriers de toute condition.

Il est cependant évident que celui qui opte pour la caravane que ce soit à dos de chameau, dromadaire, mulet ou bien cheval n'a pas à envisager le problème de la même manière que l'intrépide qui opte pour un moyen de transport plus volumineux : charroi ou bien bateau. Dans le premier cas, le bât sera adapté à la bête tout autant qu'au produit, avec une limitation de la charge dépendant de la capacité de la bête de somme. Dans le second cas, si la place ne fait pas autant défaut, il convient d'envisager la protection de la marchandise. Le packaging allait naître sans porter ce vilain mot.

La notion de circuit court étant largement privilégiée à l'époque, seuls les produits introuvables sur place faisaient le voyage. La sagesse était encore de mise puisque le progrès n'avait pas encore frappé les esprits les plus retors. L'emballage supposait de peser les avantages et les inconvénients d'un choix qui devait s'avérer simple, économique et efficace.

Nous pouvons évoquer la jarre qui fut incontestablement la grande vedette de cette première ère de la circulation des marchandises pour tous les paiements en liquide. Comme on ne fait pas dans la demi-mesure, l'éléphant ne fut guère sollicité pour la chose, connaissant son peu de goût pour les magasins de porcelaine ou de terre cuite. L'osier, le cuir, la terre étaient ainsi les matériaux qui en ce temps faisaient un carton tandis que les amazones ne daignaient pas se préoccuper de ces tâches subalternes à leurs desseins guerriers.

L'amphore fait un tabac bien que ce produit demeurera longtemps inconnu chez nous. Elle permet de conditionner vin, huile, miel, bière, olives et fruits avec l'inconvénient qu'elle ne se cale pas aisément sur un bateau. Les phéniciens voyant les choses en grand inventèrent le bateau citerne, avec les Dolia, une vaste amphore pouvant contenir jusqu'à 2 500 litres. Sur certains navires, il y en avait jusqu'à quinze à bord de quoi largement étancher sa soif.

La fragilité de ce récipient attisa l'inventivité des commerçants. Le bois était préférable à la terre et le tonneau fit son entrée sur scène. L'orgueil gaulois dussé-je en souffrir, c'est une invention Suisse qui bouleversa le transport. Longtemps, il fut la grande vedette de l'emballage, se laissant rouler aussi aisément qu'il pouvait tenir droit contrairement à ceux qui en abusait quelque peu.

Pour les produits solides, la balle eut longtemps la primauté et avouons-le, ce n'était pas ballot. La simplicité du système n'avait d'égale que sa facilité d'utilisation. Une protection somme toute assez sommaire mais qui satisfaisait les besoins de l'époque. Le container ne tarda pas à rouler sa caisse en bois sur bien des ponts. Nous sommes encore loin cependant des monstres métalliques qui voguent désormais inlassablement sur un Océan de tristesse et de désolation.

Le carton attendait sournoisement son heure quand on le découvrit plus plastique et modulable que son confrère le bois. Ce fut un feu de paille ou de papier bulle car la matière plastique, synthétique et artificielle brûlait d'envahir la planète. Non seulement elle tenait et remplaçait même la corde mais en plus, elle avait l'incroyable capacité à créer des niveaux toujours plus grands de protection. Le suremballage n'avait plus de limite pour un commerce qui s'emballe tellement qu'il court à la perte de la Planète et à l'empoisonnement des eaux.

Au terme de ce papier qui je l'avoue n'est pas un cadeau, retrouvez la raison. Le paquet de Noël ou de toute autre occasion n'a pas besoin d'être emballé, il n'est pas utile non plus qu'il vienne de l'autre bout du monde. Revenez à l'essentiel, à la simplicité et à la proximité. Cette histoire du conditionnement s'est emballée pour la seule et unique raison que c'est vous qui avez subi un impitoyable conditionnement. Aux yeux de ces maudits marchands, vous n'êtes bon qu'à être roulé dans la farine. Tout cela n'est que de la poudre aux yeux.

À contre-temps

Il vaut mieux ne pas lire mes livres que les commander sur Amazon

 

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