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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

C'est lui faire trop d'honneur

Une malencontreuse erreur des services.

 

 

 

Nous connaissions le service deux pièces, nous ignorions qu'il put aussi, à plaisir, singer les matriochkas, les célèbres poupées russes qui n'en finissent pas de sortir de leur boîte. Cette fois, ce ne sont pas des lapins blancs qui émergent de la baguette du sorcier, mais de mystérieuses disparitions qui enchantent petits et grands pourvu qu'ils aient en horreur les histoires de Loire.

Le premier coup de baguette repoussa le palabreur du cahier des charges du programmateur. Point de récit dans une animation qui se veut avant tout festive, grand public et consumériste. L'indélicat prétendant toucher des zones du cœur et du cerveau totalement incompatibles avec l'ingurgitation frénétique des frites, saucisses, bières et chopines du grand rassemblement à cholestérol.

Le second coup de pouce plaça le bateleur sur les bateaux dévolus aux pauvres spectateurs contraints de faire longue queue pour bénéficier d'un petit tour de bassine tandis que les ci-devant s'octroient des sorties à haute teneur financière. Loin de la foule, le récit trop savant et documenté de la fripouille indisposera les seuls gueux d'un rassemblement plus confortable aux seigneurs et au beau linge. Il usera par la même occasion sa voix, pour la plus grande tranquillité des gens du quai, sitôt le gredin revenu à terre.

La troisième manœuvre fut un coup de maître digne du malin. Le mauvais esprit a totalement échappé à la vigilance de rédacteur du programme officiel. Un coup de génie qui permet par la suite d'enfoncer le clou pour celui qu'on rêve ici bas de fixer au pilori. Il n'avait pas se prévaloir d'un pseudonyme qui brille sur les clous rutilants de la cité.

La quatrième opération demanda un peu plus de doigté. Ayant malgré tout quelques soutiens dans les allées de la ville, il lui fut octroyé par charité municipale deux petites miettes de considération afin de calmer ce bouillant personnage atrabilaire. Un passage pour dédicacer ses livres sur le podium de la ville et un spectacle en catimini à la périphérie de la fête.

Lors du premier lot de consolation, à l'heure et au jour où la fréquentation était à son étiage, les accueillants sur le stand semblaient ne pas être au courant de sa venue tandis que l’intarissable animateur avait étonnamment avalé son micro (cravate sans aucun doute). Le succès fut immédiat, le vide sidéral, juste récompense de son absence totale de mérite.

Pour la seconde carotte dévolue à cette bourrique, il fallait frapper encore plus fort sur sa croupe et son échine. Au vide sidéral des annonces et de la communication, un esprit retors ajouta le coup de grâce. Sur cette scène éloignée, les techniciens de la sonorisation n'avaient pas été mis au courant, profitant de l'aubaine pour aller baguenauder sur la fête. Couper le sifflet du persiffleur, voilà un coup de maître.

C'est un serveur de la guinguette voisine qui alla les quérir cinq minutes avant l'heure prévue et ces personnages acceptèrent de se mettre au service du spectacle fantôme. Naturellement, il n'y eut pas de balance et de réglage, le temps pressait et la suite exigerait le silence rapidement. Les spectateurs présents seront naturellement à exfiltrer lors des prochaines animations, ayant entendu des horreurs qui ne sont pas de mise dans un tel événement.

La culture avait été déclarée non essentielle et totalement superflue. Sa disparition est le point d'orgue local d'une opération visant à toujours plus flatter les instincts moutonniers de la foule. Notre malheureux Caliméro remercie vivement ceux qui lui ont ainsi donné une fort belle leçon. Il est illusoire de croire qu'il est possible d'évoquer la Loire avec intelligence, poésie et humour. En tout cas pas en Orléans où l'histoire n'a pour seule fonction que de servir le roman local officiel, l'oriflamme johannique au vent et le girouet bien sagement amarré au quai.

Merci donc à tous ceux qui lui ont ainsi fait l'honneur de le considérer comme un danger potentiel et pernicieux pour la réputation de nos merveilleux et inoxydables Bourgeois de barrique ! Il lui ont donné belle fessée dont il ne se relèvera pas de si tôt à moins qu'il n'en fasse son prochain venin …

Vipérinement leur.

 

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