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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les tribuns des tribunes politiques

Oxymores, mots tordus et arguties.

 

Les perroquets du perchoir.

 

Le petit personnel politique est d'une rare médiocrité. La plupart de ceux qui font métier de la chose sont en fait incapables de remplir les rares fonctions qui sont la spécificité de l'emploi. Ainsi, en tout premier lieu, puisque la seule pratique publique qui leur incombe véritablement étant le discours, nous serions en droit d'attendre d'eux non seulement qu'ils rédigent leurs textes mais qui plus est, les servent avec un peu de verve et de conviction.

 

Pour nombre d'eux, des scribouillards hautement diplômés tiennent le clavier tandis qu'ils n'ont plus qu'à lire un texte que faute de temps sans doute ou d'appétence pour la chose, ils n'ont pas pris la peine de travailler. Le verbe est plat, l'élocution défaillante, le vibrato tombe mal à propos malgré l'usage du surligneur pour mettre en évidence la petite phrase, joyau de l'orfèvrerie des marchands de vents, qui devrait être reprise en boucle par des médias à qui l'on a préalablement signalé la saillie du jour, histoire d'enfanter une polémique ou un mouvement d'opinion.

 

Pire encore, il débite sans âme un texte dont la platitude n'est pas prête de leur permettre de se frayer une petite place dans l'anthologie des grands discours de nos tribuns de jadis. D'ailleurs, qui les écoute véritablement s'il n'y est contraint par une quelconque obligation ? L'ennui est au bout d'une allocution lue sur un pupitre ou un prompteur, le regard oublieux du public, cette quantité négligeable désormais dans l'exercice du pouvoir.

 

Pourtant, s'ils y mettaient un peu de cœur, nous pourrions nous pencher un peu sur le contenu à défaut du débiteur de sornettes. Car voyez-vous, derrière ce simple exercice, se cachent désormais des petits métiers de la manipulation de l'opinion qui développent des trésors d'imagination.

 

Il y eut d'abord les oxymoristes, ces jongleurs du concept et de la formule qui en deux mots ou à peine plus, vous fabriquaient un slogan de campagne, une nouvelle mode de langage, un cache-misère pour noyer le poisson. Associer deux idées contradictoires, enfoncer les portes ouvertes pour y imposer le vide de la pensée : voilà du bel ouvrage avec la force-tranquille ou l'arrêt public en marche.

 

Il y a ensuite les spéléologues du mot qui fera mouche. Ceux-là sont des rats de bibliothèque, des abonnés à la vidéothèque de l'Institut National de l'audiovisuel. Ils aiment surtout à épier le mot rare ou l'expression amusante utilisés en son temps par le grand Charles. Ils les exhument et les confient à un politicien auquel ils ne prennent même pas la peine d'expliquer le bijou d'obsolescence qu'ils lui concoctent. Il est des réussites notoires en ce domaine de la Bamboche à la lampe à huile …

 

Il y a surtout de plus en plus souvent des princes de l'argutie qui vont chercher midi à quatorze heures, pour développer un raisonnement de la plus totale vacuité sous des oripeaux d'une logique de pacotille. Le syllogisme ou le raisonnement par l'absurde leur tiennent lieu de béquille, ils montent ainsi un système qui a toutes les apparences de la cohérence. Hélas, si on creuse un peu, la belle construction ne repose sur aucun fondement ce qui contraint son utilisateur à tourner en rond, à ne jamais répondre aux questions des journalistes et encore moins du peuple quand il a sorti la nouvelle ânerie à la mode.

 

Ils appellent ça un élément de langage. On peut aisément l'identifier quand il sort du laboratoire à idées fumeuses en ce qu'il est repris ici par la députée locale, là par le président de région, plus haut encore par un ministre ou le patron lui-même. Autrefois, on classait ce genre de fantaisie langagière dans l'ordre des arguties, des propos tout juste bons à prendre des mouches avec du vinaigre.

 

L'argutie a le vent en poupe. Le propos alambiqué est à la mode et plus personne dans nos bons médias ne se risque à pointer du doigt la pratique. Il est vrai qu'il ne fait pas bon se risquer à démontrer l'inanité du discours officiel. Les journalistes sont juste là pour servir la soupe à l'ortie et nous permettre d'avaler les couleuvres.

Vacuitement leur

 

 

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M
Bien raison malheureusement cher Bonimenteur !<br /> Belle journée à toi en tes beaux bords de la Loire d’Orleans<br /> Une fée en bord de Loire du Forez
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C
La fée du Forez<br /> <br /> Merci <br /> <br /> Je viens justement d'écrire un texte sur les mauvaises fées du pouvoir