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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les contes de campagne

 

Sans l'aval du conseil

Conte-tutionnel

 

Le conte est courant, il va son chemin bien plus vite que ces maudits marcheurs qui ont décidé de bâillonner toute la population afin de faire taire les discordances, les paroles libres, les ? . Alors, à visage découvert, le Bonimenteur battra la campagne pour déclamer ses histoires en dépit des Oukases d'un pouvoir ennemi de la culture, la seule guerre qu'il soit en mesure de livrer efficacement.

 

Le conte a toute sa place pour évoquer les monstres qui nous tourmentent. Ils se sont grimés en ogres quand il s'agit de se gaver toujours plus, de profiter d'avantages considérables sur le dos des braves gens, des seconds de cordées comme ils osent dire. Ils ajoutent même l'ignominie en confiant à d'autres la petite récompense qu'ils leur promettent avant de venir tout leur prendre ensuite pour alimenter la marmite d'un festin qui n'est pas pour le peuple.

 

D'autres ont choisi les oripeaux de la sorcière. Les citer ici serait leur faire trop d' honneur. Elles manient à la perfection la langue de vipère ajoutant le mensonge et la vulgarité à une méchanceté sans pareille. Le mépris est le venin qu'elles distillent à chaque intervention, infusant un poison qui s'insinue dans le tissu social. Elles sont les envoyées du grand Marcheur pour nous éloigner de la fée diabolique.

 

Merlin d'enchanteur est largement désenchanté depuis que le patron lui-même a décidé de tenir le rôle. Sa baguette magique n'a qu'un seul pouvoir qui surgit à chaque instant avec sa célébrissime formule : «  Quoi qu'il en coûte ! » qui a bouté à jamais notre regretté « Abracadadra ! » de nos vieux grimoires d'antan. Les miracles, les exploits, les renversements de situation ne sont pas pour la plèbe. Ce Merlin-là, ne favorise que les Princes, les Émirs, les Vizirs, et les Magnats.

 

Les bonnes fées ont été priées d'aller voir ailleurs. Toutes celles qui nous faisaient rêver dans les théâtres, les cinémas, les restaurants ont été mises aux arrêts. Merlin se contenant d'un peu de poudre de Perlimpinpin pour leur permettre de survivre tout en demandant à Gargamel de faire spectacle tous les jeudis pour les gogos.

 

Les gentils héros et les merveilleuses héroïnes du début de l'histoire ont basculé de l'autre côté du miroir. Ils ont brisé le mirage en évoquant l'état réel des hôpitaux publics. Ils ont dénoncé les mensonges des apprentis sorciers. Ils refusent la potion magique de druides aux mains crochues et à la compétence incertaine. Ils seront tancés, menacés, punis par les maîtres du jeu. Finis les applaudissements de vingt heures.

 

Les obstacles, chausse-trappes, avanies se multiplient sur le chemin sans que jamais le mauvais conte qu'on nous sert depuis un an ouvre des perspectives pour espérer le dénouement. Merlin et ses sbires repoussent sans cesse la sortie de la forêt des maléfices. Il faut maintenir le suspens, le désespoir et l'angoisse jusqu'au grand sabbat de 2022, la grande foire électorale pour remettre tout ce joli monde à la baguette.

 

Alors, si vous preniez votre destin en main en oubliant les gnomes de la majorité, les trolls ministériels et tous les farfadets de nos régions qui veulent vous faire croire au Père Noël tout en servant d'autres maîtres. Samedi, allez écouter de vraies conteuses, des raconteux et le Bonimenteur. Ils vous raconteront eux-aussi des sornettes sans jamais vous tromper pour votre bon plaisir. La différence est assez notable il me semble. C'est la journée mondiale du Conte, laissez-vous mener par le cœur par les souffleurs de vent, ceux-là vous veulent du bien à l'inverse de tous ces êtres maléfiques qui ont fait main basse sur notre histoire.

 

Fabuleusement vôtre

 

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