Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les nouveaux interdits

Petit catalogue à usage de la prohibition sociale.

 

 

La bouffée d'oxygène que ce soit durant les vacances ou bien le repos hebdomadaire tombe désormais dans le champ du délit tout comme le bol d'air au-delà de 18 heures. Une mesure qui aurait beaucoup de vagues en un autre temps tandis que cette fois, si les français en restent bouche bée, personne ne peut s'en apercevoir à cause de ce maudit masque. Le vent de la révolte lui-même est entré dans la longue liste des interdictions. Il serait porteur de bien des maux qui ont depuis toujours empêché notre économie de respirer à plein pognon.

La bonne bouffe est depuis quelques temps dans le collimateur de législateurs qui veulent que les citoyens ne soient pas bien dans leur assiette. Au risque de mettre les pieds dans le plat, les empêcheurs de manger en groupe s'accordent ce privilège qu'ils refusent aux autres. La chose risque de tourner au vinaigre et la mayonnaise ne prendra plus entre les parlementaires et leurs électeurs. Les restaurateurs sont en premier lieu les principales victimes d'une mesure qui est destinée à leur interdire de faire bouillir la marmite.

Le divertissement est en ligne de mire. Le pouvoir entend faire une scène à qui veut brûler les planches. La mesure, pensait-on, concernait l'administration des Eaux et Forêts qui elle aussi subit les coupes claires du budget de la rigueur, mais c'est pour exactement le monde de la Culture qui avouons-le est composé de plus de têtes brûlées que de braves citoyens en marche. La libre expression artistique est de nature à mettre en danger l'entreprise de conditionnement du pouvoir sur les masses. Faire tomber le rideau était la seule solution pour continuer à jouer la plus mauvaise pièce du répertoire mondial.

La parole plombe les déplacements dans les transports en commun et vient apporter une concurrence déloyale à l'abrutissement par GSM interposé. Après réflexion, le pouvoir dans sa grande mansuétude a renoncé à couper la langue des hérétiques qui entendaient encore adresser la parole à leurs voisins. Seules les interdictions de parler, rire, bailler et tousser ont été prononcées ou plus exactement écrites sur le marbre de la loi martiale et sanitaire. Une nouvelle mesure qui nous en bouche un coin d'autant que les prochains masques risquent fort de contenir un dispositif d'isolation acoustique pour éteindre tout risque de contagion de la subversion.

La valse hésitation du pouvoir a provoqué tant de moqueries qu'en représailles la danse est tombée sous le coup de la censure. Boîtes de nuit et dancings, parquets et bals traditionnels avaient tout l'air d'être de dangereux repères à malfaisants. La répression a été impitoyable, adieu les couples langoureux, finies les rondes endiablées, la contre-danse a été préférée pour suppléer à cette odieuse privation. Même la grande marche écossaise n'a pas le bonheur d'entrer dans les pratiques dérogatoires, seul le pas de l'oie est désormais permis.

La bamboche a pris ses valoches à grands coups de galoches ferrées dans l'arrière-train. Le préfet n'enchante plus personne sauf la maison Auchan, il se meut en père la rigueur. La convivialité est proscrite, il convient de regarder l'autre : voisins, amis, parents en chien de faïence pourvu qu'il soit muselé. Il est interdit de se recevoir, de déjeuner et encore plus de souper ensemble. La portion individuelle est de rigueur tandis que l’onanisme est vivement recommandé. Les couples pourvus qu'ils soient légitimes auront tout juste droit à la levrette, pratique hautement nécessaire pour les moutons à tondre.

La liste est naturellement non exhaustive. Tout ce qui faisait jadis société est jeté dans les latrines de l'histoire. Les humains n'ont qu'à bien se tenir, le vaccin se pique de les maintenir en état de docilité, de servage et de soumission. Demain, le joug ne sera pas que virtuel, le pouvoir a désormais droit de regard sur tous les aspects de nos existences.

Séditieusement vôtre.

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article