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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Duel aux abysses.

Sondons nos profondeurs.

 

 

Tandis que les Chinois examinent à la loupe le fondement de leur population à la recherche d’un virus qui s’accroche partout, la sphère politique et médiatique de notre nation se contente de sonder l’opinion pour la préparer au fameux duel aux abysses qu’elle appelle de ses vœux. Il s’agit en quelque sorte de préparer le terrain, de faire fi d’une campagne d’idées, d’un inventaire et d’un projet d’avenir pour retrouver ce duo qui arrange tout le monde.

Les arguments sont invariants. La droite n’a pas de leader, la gauche n’existe plus, l’homme providentiel n’existe nul part, la politique n'intéresse plus personne, les carottes sont cuites et deux navets sont en devanture. Bien évidemment sous cet angle merveilleusement honnête, il n’y a plus que cette hypothèse nulle qui tient la route. Nous aurons une nouvelle joute, une bataille de chiffonniers pour mériter l’honneur de gouverner un pays en faillite.

Prenez-nous pour des imbéciles, vous savez si bien le faire. Nous ne nous préoccupons que de l’étiquette et non du contenu de l’emballage. Un homme et une femme, le choix se résume ainsi en un curieux coup de dé d’autant plus étrange qu’avec ce cas de figure, il est difficile de croire encore à une opposition des genres… Les représentations traditionnelles sont faussées et bien malin pourrait déterminer qui porte la culotte dans cet effroyable duo.

La politique doit donc se résumer à la sélection d’une icône, d’une belle tête d’affiche pour idées creuses et perspectives moroses. La crise n’aura rien changé, on prendra les mêmes pour recommencer et satisfaire aux attentes des grands patrons de presse qui ont tout à gagner dans cette mascarade. Car au bout de la farce, ils envisagent nécessairement la victoire de leur protégé sur l’épouvantail de service, une fonction assumée de père en fille avant que d’y glisser la nièce.

Comment sortir de ce piège si ce n’est en exigeant une bonne fois pour toute l’interdiction de tels sondages qui ne sont pas des enquêtes d’opinion mais bel et bien des instruments de propagande, de conditionnement et d’abrutissement des derniers citoyens désirant voter ? Mais au-delà de cette farce absolue, il est impératif de changer les règles d’un jeu qui nous conduit de candidats potiches en présidents fantoches au naufrage de la Démocratie.

Un seul mandat, plus long certes mais un mandat unique pour éviter d’avoir un Président préoccupé uniquement de sa réélection. La fin de ce pouvoir personnel en inventant un autre système de représentation avec pourquoi pas un couple à la tête de la Nation ; une femme et un homme, duo distinct issu des urnes par des votes différents. La candidature unique me semble tout aussi importante pour changer un peu le générique au fil des représentations. L’échec devrait être rédhibitoire en ce domaine.

Mais tout ceci n’est que la surface d’un problème qui se tourne une fois encore sur les personnes et non le contenu. C’est un projet de société qui devrait permettre aux citoyens de se déterminer et non les sourires hypocrites des premiers de caste. Là, ce n’est pas gagner avec des partis qui déterminent leurs propositions non pas en mettant en avant des convictions et des certitudes, mais uniquement des stratégies et des orientations en fonction là encore d’enquêtes d’opinion.

Les girouettes se préoccupent du sens du vent avant que de se positionner sur l’échiquier politique. Le monde à l’envers, l’absence d’ambition, la volonté de piloter à vue dans la seule perspective de surtout ne rien changer. C’est bien pour cela que ce duel au sommeil est souhaité de toutes leurs forces par les dignitaires et les parasites de cette République Bananière.

Quelle est notre marge de manœuvre dans cette pantomime ? Nous ne pouvons que revendiquer haut et fort notre refus de répondre au moindre sondage, à la plus insignifiante enquête d’opinion afin de discréditer définitivement l’instrument de notre aliénation. « Je m’engage à ne jamais répondre à un sondeur parce que ma liberté de penser ne se dissout pas dans une représentation fictive et tronquée de notre société ! »

Raslebolement leur.

 

 

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