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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Rappel

La mauvaise pièce que voilà

 

 

 

Est-ce pour ne pas risquer la concurrence déloyale du monde de la culture, toujours beaucoup plus prolixe en rebondissements, suspens, coups de théâtre, surprises et révélations que la classe politique dans son ensemble préfère garder la main sur le très mauvais scénario du feuilleton de l’année ? Il est légitime de s’interroger tant le déroulement des épisodes, les uns après les autres nous laissent sur notre faim, ne provoquant jamais l’enthousiasme d’un public pourtant captif qui s’attend à chaque fois au prochain épisode.

Nous allons avoir droit à un troisième rappel, le rideau à rebours de ce qui se passe au théâtre va une nouvelle fois s’abattre sur nos existences. La scène sera vide côté cour tandis que côté jardin, les responsables de cette mauvaise farce continueront de s’agiter en coulisse ou loin des spectateurs pour continuer à battre la campagne afin de continuer à être les seuls à occuper la scène.

Le drame dans cette histoire c’est que nous sommes contraints d’entendre les mêmes éléments de langage répétés à l’infini par tous les acteurs de la troupe. Des premiers rôles jusqu’au faire valoir, les petits cousins de province, ils reprennent tous en chœur, des répliques proposées par des dialoguistes à la petite semaine, des manieurs d’une langue de bois qui ne risquent jamais de prendre l’eau.

Le public se désespère d’écouter ainsi en écho la petite phrase à la mode pour un épisode qui de ricochets en ricochets, ira son chemin, tombant toujours à plat, jusqu’à gagner les lointains territoires. Le ministre reprend la formule du patron qui sera interprétée un peu plus mal par la députée tandis qu’un président de région ira de sa petite variation, jusqu’à ce que le dernier maillon de la pyramide des répétiteurs se mette à bredouiller quelque chose qui n’est plus identifiable. C’est le jeu de l’ambassadeur appliqué à la comédie politique.

Fort heureusement dans leur grande majorité, les maires sauvent les meubles et se refusent à reprendre les dialogues éculés de la haute administration du spectacle affligeant. Dans leur grande sagesse, ils connaissent leur public, ils ne sont pas éblouis par les projecteurs des médias. Ils ne peuvent en conscience servir de telles sornettes à ceux qu’ils côtoient tous les jours. Ils sont les seuls à respecter leurs électeurs et nous les en remercions.

Mais à part ceux qui font encore honneur à la démocratie, le reste de la distribution se contente de reproduire les mêmes banalités, les truismes de l’heure, les mensonges du jour. Nulle improvisation cependant dans cette cacophonie absurde et pitoyable, tout est écrit en haut lieu. La représentation doit continuer sur le même rythme et avec les mêmes ingrédients qu’à son début. C’est à croire que nous devrions assister à une terrifiante tragédie jouée par des acteurs comiques malgré eux.

Il y a si peu de talent dans la distribution, si peu de sincérité dans leur jeu, si peu de surprise dans la succession des coups de théâtres qui tombent toujours à plat que nous nous lassons prodigieusement de ce spectacle et aimerions pouvoir enfin retrouver les vrais artistes, la véritable exaltation du théâtre, du cinéma, de la scène vivante.

À bien y regarder, le spectacle vivant ne peut toucher le cœur de nos acteurs à la petite semaine politique. Eux se sont mis à défendre la représentation du deuil. Ils sont l’antithèse des intermittents, des auteurs, des interprètes de la vie triomphante. Entre les uns et les autres, le divorce est à jamais consommé. La troupe politique sait désormais ne plus rien devoir attendre des acteurs de la culture. Alors autant les laisser mourir pour continuer à jouer de mauvaises pièces sur les estrades d’une République des canailles.

Scénatristement leur.

 

 

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