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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les réseaux « scato »

À bon entendeur ...

 

Qu’il est désagréable de découvrir sa messagerie inondée d’immondices, de propos alarmistes, de ragots à la petite semaine et de tout ce qui se fait de plus vil, bas, vulgaire, déprimant et dégradant. C’est à croire que le tout à l’ego a tiré son irrévérence pour laisser place à son confrère des eaux vannes, l’odeur en moins jusqu’au prochain progrès technique.

Jadis, nous pouvions nous amuser de ce partage forcené des galipettes des compagnons à quatre pattes, une manière sans doute d’exister par le truchement d’un animal moins bête et méchant que bien des humains. Le chat pitre tenait la première place, noircissait des pages et des pages tandis que le cabot amusait lui aussi la galerie à peu de frais. D’autres se mettaient en scène avec des airs de chiens battus, ce n’était guère mieux.

Les réseaux sociaux sont l’apanage des journalistes par procuration, des plumitifs participatifs qui ont tous abandonné la rubrique des chiens écrasés pour se consacrer avec délectation à celle de nos amis les bêtes. Les photographies ou pire encore les vidéos alourdissant le bilan carbone de ce monstre planétaire pour donner à voir notre humanité au travers de nos lointains cousins dans l’évolution.

Il est vrai qu’écrire devient de plus en plus complexe, que les mots se dérobent, se refusent et se contractent pour laisser place à un verbiage médiocre, ramassé et souvent truffé d’anglicismes. L’image remplace plus facilement le texte dans ce vaste retour en arrière qui nous replonge aux temps des premiers pictogrammes. Mais, ne nous moquons pas, le cliché ne fait pas recette quand il emprunte les chemins de la métaphore…

Il est donc plus judicieux de partager le pire des mauvaises nouvelles, de se vautrer dans le morbide, le sang, le sordide avec une jubilation qui me laisse pantois et totalement circonspect quand c’est à ? la course à la nécropole. Qu’importe à celui qui se contente de faire des ricochets dans ce marigot nauséeux, d’être le répétiteur d’une infirmation que chacun peut trouver s’il en a le désir ? Existe-t-on vraiment quand on se fait l’insipide truchement de la haine, de la peur, de la propagande des uns ou des autres ? Le syndrome du perroquet en somme. Gare à ne pas être croqué tout cru par tous ces chats qui s’égaient sur la toile !

Comment expliquer à ces braves gens qu’un commentaire personnel serait au moins nécessaire pour accompagner un peu plus utilement ces partages sans fin ? Peut-on leur faire comprendre qu’un peu de cohérence s’impose également dans cette démarche qui ne vise pas simplement à reproduire à l’infini, à dupliquer tout et n’importe quoi sans la moindre logique ? En agissant ainsi, non seulement ils s’effacent devant ce qui les dépasse mais se privent de tout jugement. J’ajoute que recevoir cette fange en message personnel ou par courriel est parfaitement désagréable, totalement insupportable. Il en faut des trésors de politesse pour glisser un « Merci » alors que c’est l’envie de vomir ou de hurler qui prend le dessus. C’est pire encore quand ces braves « Dupont la joie » se font l’écho des absurdités gouvernementales, des manipulations de l’heure, des théories absurdes, ce vaste cortège de la stupidité du moment.

Je ne prétends pas penser mieux que les autres, j’exerce modestement mon droit à l’expression qui n’a de sens que s’il conduit à un propos personnel, si possible écrit convenablement et un tant soit peu argumenté et non ce duplicata sans fin des âneries qui circulent. Nous sommes tombés collectivement si bas que pour exister nombreux se contentent d’être les portefaix d’une bouillie scatologique.

J’espère à titre personnel ne plus recevoir à l’avenir de tels messages, encore faudrait-il que leurs expéditeurs sachent lire. L’inventeur du « copié collé » est promu indubitablement au rang de fossoyeur de la culture et de la réflexion. Prenez-y garde et ne sombrez pas à votre tour dans la fosse septique d’une toile qui étend son réseau toujours plus profondément dans les ténèbres de la pensée.

Immondicement leur.

 

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