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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Le grand loto des malades de la covid

Les Cadeaux princiers pour quelques malades à l’isolement.

 

 

En temps de crise, une bonne communication permet de passer le cap, de distraire le bon peuple et de s’en sortir sans trop de dégâts. La cellule de crise de la garde rapprochée de Freluquet premier, notre bon monarque a saisi la balle au bond de la récente petite indisposition du patron pour lancer une grande campagne pédagogique.

Chacun sait que l’idée de l’isolement et du confinement des cas positifs a du mal à passer dans l’esprit obtus d’une population incapable de comprendre les enjeux réels de la période actuelle. C’est pourquoi il convient de faire preuve d’initiative tout autant que d’imagination afin d’apporter la lumière au cœur des ténèbres.

 

L’occasion faisant le larron, une idée étincelante a germé dans l’esprit acéré d’un chef de cabinet. La polémique née de la maladie du Président et sa positivité dans les circonstances que l’on sait a nécessité une grande clarification médiatique. Il fallait saisir l’occasion au bond pour faire avaler la pilule avant que de passer à la piqûre de rappel : « L’isolement des malades s’avère indispensable ! »

 

Les esprits retors ont vu dans l’installation de Jupiter à la résidence de la lanterne un privilège monarchique, une mesure rigoureusement antidémocratique dans ce qui est censé être une République. Les remarques ironiques, les propos acerbes non seulement n’ont pas faire perdre la tête à notre Aristocrate à la Lanterne mais qui plus est, pour éviter qu’on lui jette la première bière dans un bistro clandestin, c’est en toute transparence qu’il a été décidé de lancer le grand concours des Résidences princières.

 

Tous les citoyens qui le souhaitent peuvent s’inscrire sur l’application Stop Covid dont le succès ne se dément pas. Munis de ce précieux Sésame, les candidats devront se faire tester autant de fois qu’il leur plaira, la participation n’étant nullement limitée à une seule tentative. Les cas déclarés positifs enverront alors un SMS à leur agence régionale de santé en écrivant sans faute d’orthographe le message suivant : « Non la Lanterne n’est pas une lampe à huile ! »

 

Un tirage au sort se déroulera en présence d’un huissier de justice membre du conseil de l’ordre des médecins et les heureux élus gagneront une quatorzaine, tous frais payés dans l’une des quatorze résidences d’état. Une seule condition sera cependant requise pour bénéficier de ce cadeau somptueux, avoir contracté le virus lors d’un repas de travail regroupant dix personnes. Des photographies devront attester de cette circonstance particulière.

Le premier prix conduira le malade à l’isolement au palais de l’Élysée et se verra offrir une carte d’adhérent à vie au Parti En-Marche. Le second prix enverra l’heureux agonisant à l’Hôtel Marigny avec en prime la possibilité de se fournir gracieusement en cigarettes éponymes le reste de son existence.

 

Celui qui aura été photographié faisant le zouave lors de son repas de contamination héritera d’un séjour au Palais de l’Alma avec possibilité d’effectuer quelques bains dans la Seine pour tester un nouveau traitement. Le séjour au Pavillon de la Lanterne sera possible quand le convalescent actuel sera guéri. Cette récompense ne pourra revenir qu’à un gazier électricien.

Pour nos amis du Sud de la France, un séjour curatif au fort de Brégançon sera le cinquième prix mis en jeu. Là encore, le vainqueur sera dans l’obligation de tester le traitement hydraulique en passant plusieurs heures par jour dans la piscine présidentielle. Le professeur Raoult émet cependant de fortes réserves sur cette posologie douteuse.

Les prix suivants permettront à quelques heureux malades de vivre un isolement de rêve dans l’un des châteaux des domaines de l’État. Rambouillet, Champs sur Marne, Vizille, Sougy la Briche, Chambord ouvriront leurs portes à ces citoyens sur leur lit de douleur. Pour Chambord, il faudra au préalable s’assurer que le spectre de VGE n’est pas venu effectuer une partie de chasse dans le domaine.

Il restera enfin des lots non négligeables à se partager entre les derniers postulants au trépas princier. Le Petit Luxembourg et le Grand Trianon seront réservés à deux personnes de la même famille, infestées le même jour lors d’un réveillon. Il convient de mettre un peu de piment dans ce concours. L’Hôtel de Matignon offrira ses portes à l’avant dernier malade à la double condition qu’il ne se prénomme ni Philippe ni Édouard, une curieuse exigence du patron en personne.

Pour bien rester dans l’esprit des privilèges, passe-droits et autres arrangements avec la règle commune, le fait du Prince s’appliquera pour la dernière résidence. L’Hôtel de Lassay sera comme son nom le laisse supposer exclusivement réservé à un adhérent du parti présidentiel correspondant aux critères de sélection ou non. Une entorse à la règle qui n’en doutons pas satisfera les derniers soutiens de notre bon monarque.

Résidentiellement vôtre.

 

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