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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Georges Armstrong Custer, un grand pas pour le langage.

En général et surtout chez les particuliers.

 

L’histoire nous cache parfois des vérités qui ne sont pas toujours bonnes à écrire. Il en va ainsi de l’abominable aventure du Général Custer qui s’employa avec un acharnement sans pareil à éradiquer la femme au foyer surtout quand il s’agissait d’amères indiennes. Comme il ne fit pas de quartier sous le tipi, l’expression même de femme au foyer se trouva en danger. Le récent retour au premier plan de ce sinistre individu, grimé sous un L pour faire la une des journaux toujours friands de termes venant d’outre-Atlantique a chamboulé le lexique national.

Il nous appartient d’en examiner attentivement les conséquences afin de mieux lutter contre cette détestable propension de nos journalistes et dignitaires à sacrifier la francophonie à leur désir d’une universalité aussi douteuse que démesurée. Suivons donc les méandres d’une langue, elle aussi, victime sous le masque de la terrible crise langagière de l’heure. Plutôt que de rédiger un fastidieux traité sémantique, contentons-nous de suggérer les nouvelles propositions qui tendent à remplacer le terme équivoque de femme au foyer qui a subi depuis toujours une véritable chasse aux sorcières, Jeanne d’Arc ne dira jamais le contraire.

Flemme au Foyer : C’est un héritage du télé travail qui s’invita massivement dans nos demeures en compagnie du télé-enseignement, son rival potentiel. La flemme au foyer est une réponse inavouable de cette injonction à ne pas rester les deux pieds dans la même pantoufle. Chacun agissant en conscience pour se faire porter pâle à la première occasion.

Flamme au foyer : Le confinement mettant parfois en relation étroite des couples qui en avaient perdu l’habitude, tant une existence trépidante les avait écartés de ce qui fit jadis, le sel de leur rencontre, le retour de flamme n’est pas à exclure même s’il est contraire aux gestes barrières réclamés à corps et à cris par une administration tatillonne et hostile à l’amour.

Lame au foyer : Corollaire malheureux de la précédente proposition, celle-ci vient mettre un coup d’arrêt brutal à la nouvelle lune de miel, devenue hélas Lune de fiel. Les femmes sont souvent les victimes de ce qu’on nomme désormais les féminicides, horreur absolue pour un tête à tête contraint qui s’achève dans le sang.

Drame au foyer : Cette formule étend le domaine de l’effroi à la famille tout entière. Le confinement constitue une forme avancée de la macération, accélérant les griefs, aggravant les distensions, poussant les uns et les autres à bout. La violence est au bout de cette inexorable descente aux enfers et ce sont souvent les plus faibles qui trinquent.

Trame au foyer : Forme plus sournoise de l’opposition à la mesure coercitive, de fil en aiguille les reclus se montent la tête, se mettent à douter du bien fondé de cette privation de liberté et se mettent progressivement à constituer une pelote de vérités alternatives, de nouvelles biaisées et d’informations qualifiées de merdeuses. Ils se font ainsi vecteur du terrible complot.

Rame au foyer : Version familière certes mais ô combien significative de notre époque. Dans de nombreux foyers, la crise est accompagnée de son cortège de problèmes financiers majeurs. Chômage, dépenses sanitaires, ennuis, alcoolisme domestique ont mis bien des familles dans le rouge. La situation n’est d’ailleurs pas prête de s’arranger et le pire est à venir pour les plus humbles tandis qu’une fois encore les riches s’enrichissent honteusement avec la bénédiction du pouvoir.

Crame au foyer : Le feu qu’on prétend vouloir couvrir en haut-lieu, couve depuis le début de cette mascarade. Dessous la braise, le retour de flammes ne manquera pas de provoquer une explosion qui mettra non seulement le feu aux poudres mais le pays en ébullition. Il convient de prendre très au sérieux cet incendie qui s’annonce et pas seulement lors de la nuit de la Saint Sylvestre qui sera sans aucun doute, particulièrement chaude.

Âmes au foyer : Achevons ce tour dramatique de la situation par une note d’espoir. Il se trouvera bien des poches de résistance qui profiteront de la liberté encore préservée qu’offrent les réseaux sociaux pour diffuser de la Culture, ce mal absolu pour le pouvoir de l’argent. En lisant, chantant, créant dans leurs geôles, des citoyens redonnent une âme à cette nation quand ses dirigeants ont tout bonnement pactisé avec le diable.

Avant de mettre un point final sans doute provisoire à ce petit traité du confinement, notons d’autres candidats à cette substitution langagière. Chacun pourra y aller de sa définition et apportera je n’en doute pas de nouvelles suggestions. Je vous laisse commenter : Alarme au foyer - Larmes au foyer – Charme au foyer – Programme au foyer – Blâme au foyer - …

Clusterement vôtre.

 

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