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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

« Allez-vous faire inoculer ! »

« Allez-vous faire inoculer ! »

 

L'unique Vœu du Président …

 

 

Est-ce là parole de spécialiste ou tout simplement d’amateur versé sur la question ? Se contente-t-il de se mettre en bouche les propos de son comité d’experts ou dévoile-t-il un secret de polichinelle ? Toujours est-il que notre bon Freluquet semble enfin puiser dans le tréfonds de sa personnalité pour enfin déclarer aux citoyens éberlués d’une nation au bout du rouleau : « Allez-vous faire inoculer ! ».

Les observateurs en restèrent cois tandis que des sources télévisées, toujours promptes à enjoliver les déclarations du pouvoir, évoquèrent une nécessaire exigence de transparence et un acte d’un immense courage politique. Pour le bon peuple, la rudesse de la formule fit passer ce vœu pour beaucoup dans le champ de l’aveu. Un simple problème d’articulation pour les uns, une difficulté à se retourner sur cette année 2020 qui mit une partie de la France à genoux et l’autre sur le séant.

Si la forme, comme bien souvent avec notre chef laisse à désirer le fond n’est pas sans fondement ; expression maintes fois reprise par ceux qui ne redoutent pas la redondance. Qui se pique d’honnêteté appréciera la franchise du propos, s’imprégnera du message et en tirera les conséquences pour lui-même et les siens. Une injonction aussi pénétrante ne peut laisser indifférents ceux qui jusqu’alors doutaient de la rectitude morale de notre bon Prince. Le voilà débarrassé des oripeaux du mensonge, de la tromperie et des atermoiements. Il fait soudain face à la vérité avec une sincérité qui nous confond.

Naturellement, redoutant plus que tout autre cette perspective qui m’effraie, je me suis précipité dans un dispensaire afin de me faire sur le champ dispenser de la chose. Mal m’en prit, je me suis retrouvé immédiatement avec une protubérance dans le naseau qui me chercha des noises tout autant que la petite bête. J’en conclus peut-être hâtivement que notre bon Freluquet m’avait dans le nez. C’est ce qui déclencha la mèche qui justifie ce libelle.

Réfractaire à tout ce qui vient du pouvoir, l'inoculation constitue le sommet de la soumission. Devant le bon Prince il s’agit de faire la révérence tandis que par derrière, sournoisement, des valets jouent de la seringue dans le gras de fesse. Quelle indignité ! Je refuse de baisser ma culotte pour être ainsi la risée de l’assemblée, car vous n’êtes pas sans l’avoir remarqué, toute nouvelle injection se déroule devant des caméras braquées sur l’aiguille qui s’enfile dans la chair du condamné.

Ça me fait froid dans le bas du dos même si de bonnes âmes prétendent que je n’ai rien compris, qu’il me suffit de me retrousser les manches pour que la nation se redresse enfin et sorte du marasme. Alors pourquoi cette forme scabreuse ? « Allez-vous faire inoculer ! » prête à la gaudriole tout autant qu’à l’interprétation oiseuse. N’étant jamais le dernier en la matière, je me précipite langue la première, pour ternir les intentions de notre vénéré chef.

Si la vérité ne sort jamais toute nue du puits d’incompréhension et d’approximation qui nimba la période récente, cette mise au point éclaire cependant d’un nouveau jour la problématique de l’heure. L’injonction présidentielle relève à la fois de l’acte manqué tout autant que de la volonté d’afficher clairement sa nouvelle stratégie. Pour que les masques tombent enfin, il convient de passer à la casserole, de se laisser prendre par cette attaque en règle des escadrilles en blouses blanches qui fondent sur nous le dard en avant.

Le monde d’Après est à ce prix. D’une nation de bras cassés en gilets jaunes, par la magie de la chimie moléculaire, le noyau dur de la contestation va se dissoudre tandis que le sérum de vérité viendra diffuser la bonne parole au sein même d’un corps social enfin séduit par la ligne à suivre sans récriminer. L’inoculation sera l’injection suprême de la soumission. Les abeilles piqueuses annonceront la prochaine récolte, Freluquet fera son miel de notre adhésion collective.

Seringuement sien.

Acceptez plutôt mes vœux qui sont plus authentiques ...

 

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J
C'est Nabum s'est mis à cultiver l'authentique comme Marcel Pagnol dans ses livres.
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C
Jean

C'est trop d'honneur et la comparaison est excessive

Je cultive l'art du quotidien
Une forme personnelle du journal intime à connotation collective