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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Une démarche éminemment scientifique.

 

Prenons-en de la graine.

 

 

La période n’est pas avare de surprises et parfois même de révolutions scientifiques. Il est vrai que toutes les élites planchent désormais pour trouver la petite bête afin de nous permettre de survivre dans un contexte de plus en plus délicat. La France, plus que tout autre nation sans doute, s’honore de la multiplication des conseils scientifiques constitués d’experts incontestables et au-dessus de tout soupçon de corruptibilité, ça va de soi.

Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique a lancé une nouvelle forme de démarche scientifique qui sera je n’en doute pas de nature à bouleverser les démarches habituelles, les stratégies jusqu’alors employées sans tenir compte de l’urgence éventuelle de la situation. La crise sanitaire nous a permis de nous initier à ces procédures, qui n’ont eu de cesse du reste d’alimenter la polémique. Les uns accusant les autres de ne pas respecter le fameux protocole.

Double aveugle, échantillon témoin, panel suffisant, … j’avoue me perdre un peu dans ce jargon complexe qui est réservé à des spécialistes. La gravité de la pandémie a semble-il rebattu les cartes afin que la célérité soit à l’ordre du jour. De nouvelles démarches sont naturellement mise en place pour répondre à l’urgence tout en court-circuitant toutes ces procédures si pesantes. Nous pouvons que nous réjouir de cette accélération des démarches pourvu que nous en tirions bénéfice sans dommage.

S’il est certain que pour le vaccin, tout sera mis en œuvre pour franchir les étapes à pas de géant quitte à ne pas prendre toutes les mesures habituelles de sécurité, dans d’autres domaines, les progrès procéduraux sont si spectaculaires qu’il convient de s’en féliciter. Notre bon président du Conseil scientifique vient de nous en apporter une démonstration fulgurante qui risque fort de faire école, si je puis dire.

Devant un problème délicat à examiner, une proposition qui aurait dû se prendre après consultation de pédopsychiatres, de pédagogues, de médecins et de parents d’élèves, qui auraient exigé des études de terrain, des analyses longues et délicates, notre homme, dans le souci de l’efficacité a décidé de ne prendre pour seul avis que celui d’une sommité du monde scientifique : son petit-fils.

C’est donc à ce gamin de 6 ou 7 ans - le bon président est si occupé qu’il ne connaît pas l’âge exact de son descendant - qu’est revenu ce privilège, cet honneur, cette lourde responsabilité de prendre une décision qui implique des millions d’enfants. Son grand-père lui a demandé s’il pensait que porter un masque à l’école ne le gênerait pas.

Nous pouvons au passage admirer la précision du questionnement qui en utilisant une formule interro-négative, ouvrait tout le champ des possibles tout en aplanissant tout risque d’incompréhension chez un enfant de cet âge. Sans préjuger du temps de réponse du bambin, élément qui échappe à notre connaissance, nous savons que sa décision fut ainsi entérinée par le conseil ad-hoc.

Cette révolution permet d’ouvrir de nouveaux horizons dans la prise de décision. On peut imaginer bien des pistes de simplification pour les prochains dossiers. Ainsi, pour le maintien ou non des visites dans les EHPAD, le nouveau président du conseil scientifique, le petit fils demandera directement à son arrière- grand-mère si elle n’est pas opposée à la suspension temporaire des visites des familles.

Pour la durée de la sortie quotidienne et le rayon d’action autorisé, l’enfant interrogera son chien pour lui demander s’il ne souhaiterait pas apporter des inflexions aux conditions en vigueur. Par contre, le jeune homme ne pourra se prononcer sur les règles à instaurer dans l’intimité des couples. C’est donc vers sa belle-fille que l’ancien président se tournera pour lui demander s’il ne faudrait pas suspendre provisoirement la position du missionnaire, trop frontale à son goût lors des relations intimes.

Vous pouvez à votre tour et à votre guise imaginer d’autres exploitations possibles pour cette nouvelle démarche éminemment scientifique et d’une simplicité enfantine selon le petit fils de notre sommité. Il suffit d’interroger indirectement (forme interro-négative oblige) une personne concernée pourvu qu’elle appartienne au cercle restreint de la cour du Président. La crise du COVID aura ceci de remarquable, qu’elle permet de faire des bons de géants dans bien des domaines dont ceux de la démocratie et de la science en tout premier lieu. Nous ne pouvons que nous en réjouir.

Scientifiquement leur.

La preuve est ici

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K
Ou pour coller un peu plus à votre texte, le drone préciserait "sur décret de monsieur le Ministre, sur les conseils de sa belle-fille"...
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K
Il serait bon pour nous de préconiser un drône de surveillance dans chaque foyer, doté des dernières avancées en intelligence artificielle et muni de pistolet à impulsion électrique.<br /> Ainsi quand le couple partagerait des moments intimes, si la position du missionnaire s'invite à la fête, on imagine le robot balancer une décharge électrique sur les contrevenants en scandant: «position proscrite, 1500 euros d'amende, seules la levrette et la cuillère sont autorisées par décret numéro 567342098765432567 de monsieur le Ministre... ». Idem pour tout étranger de trop au domicile etc...<br /> Merci pour ce texte, et surtout ce final j'ai bien ri
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C
Kakashi<br /> <br /> Le fameux compteur Linky aura cette fonction quine crée pas l'orgasme hélas