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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les sportifs ont brûlé les planches.

Changement de paradigme.

 

Autrefois, des souverains éclairés, dans un univers, pourtant profondément injuste et inégalitaire, avaient cependant eu la clairvoyance de prendre sous leur aile, des artistes afin qu’ils puissent exprimer pleinement leur art. La postérité a depuis longtemps oublié les mécènes pour ne retenir que ces géants qui ont transformé notre manière d’appréhender le monde, de penser la société et de comprendre l’immense mystère de la vie.

La Culture a en effet cette fonction fondamentale. Peintres, écrivains, architectes, sculpteurs, musiciens nous ont ouvert à d’autres manières d’envisager les savoir, d’interpréter les manifestations naturelles, de critiquer la société, de transcender nos existences. Le plus souvent, ce sont leurs œuvres qui ont favorisé les grands changements de société. C’est sans doute ce qui pousse les petits princes qui nous gouvernent actuellement à retenir les leçons de l’histoire et à mettre à bas la Culture.

Cette société fondamentalement injuste, inégalitaire, liberticide, les gouvernants la défendent de toutes leurs forces. C’est justement parce qu’ils ne sont plus des souverains disposant de leur pleine et entière souveraineté mais tout juste des valets, des serviteurs des forces de l’argent qu’ils ne sont plus là pour soutenir le monde de la culture. Le risque de voir émerger une voix capable de bouleverser les codes établis, de provoquer une indignation générale, une prise de conscience planétaire les a poussés à substituer le sport spectacle à l’art.

Se souvenant des empereurs décadents de la Rome antique, Freluquet tel le Néron des temps modernes brûle non pas sa ville mais toutes les planches des théâtres et des salles de spectacle. Il a horreur de lire ce petit monsieur puisque c’est de sa seule initiative que les Librairies sont fermées. Le risque est trop grand pour lui, de tomber sur des portraits au vitriol, des pamphlets d’une incroyable lucidité, des parodies sur cette marionnette des puissants. Il préfère de très loin admirer les charmantes évolutions de jeunes gens en short dans des arènes soigneusement débarrassées de ce maudit peuple qui risquerait de le conspuer.

Le sport de haut niveau dispose de plusieurs avantages considérables à ses yeux de midinette. Tout d’abord il se prétend professionnel ce qui tombe bien dans une nation où le travail est désormais au premier rang de la devise républicaine. Ensuite, ce haut niveau peut faire illusion et évoquer une certaine forme d’élitisme. Une élite certes pas intellectuelle, il n’est qu’à écouter parler ces idoles de pacotille mais une élite financière, seule référence reconnue par ce Président des riches. Enfin, les sportifs ont le formidable mérite pour un politicien de la régression, d’abrutir leurs adorateurs plutôt que de les élever culturellement.

Le grand maître du pays, en sa tour d’ivoire élyséenne a donc décidé de maintenir le spectacle sportif et de condamner tous les autres sans exclusive, espérant sans doute obtenir sa réélection par ce moins disant culturel qui a si bien réussi à ses prédécesseurs. Nous sombrons dans l’indigence intellectuelle avec cette primauté donnée au sport sur la culture. Nous savons désormais que tout sera fait, dans cette vertigineuse logique, pour réduire l’importance de l’école, mettre en faillite les associations, pousser au désespoir les artistes, réduire le niveau général des masses grâce aux médias complices et sous tutelle.

Du pain et des jeux. Nous sommes revenus à la grande décadence celle qui annoncera des temps incertains, des troubles et des catastrophes. Les gens de culture ne pourront plus agir comme des balises, des repères, des garde-fous. Ils seront condamnés au silence tandis que l’on tendra les micros vers de pauvres types, élevés au rang d’idoles mondiales pour attester que la fortune est le lot commun, que chacun peut en ce bas monde, aspirer à la gloire et à la richesse. Jupiter peut bien tenir un éclair dans la main, il n’est pas prêt d’éclairer le monde. Il le brûle tout au contraire, ne laissera après son passage qu’un tas de cendres et des victimes par milliers. Il est allé jusqu’à souffler sur les braises avec l’Islam, pour se donner encore plus de chance de rester en place. C’est tout simplement abject.

Néronement sien.

 

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