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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les douze travaux du postulant. Première partie

Journée 1

De Hercule à Hilarion

 

 

Il se rêvait Hercule ne sera que Hilarion ! Il s’imaginait un destin digne des dieux et c’est pour réaliser son rêve qu’il voulut s’approcher de l’Olympe. Il fit la cour à Jupiter en personne, lui vouant une vénération sans limite. Le temps était alors aux opportunistes, aux aventuriers prêts à tout pour côtoyer les Princes de ce monde. Il prit sa carte, se mit en Marche pour gravir tous les échelons de l’Eden.

 

Hilarion devint un rouage de ce groupuscule aux dents longues. La prise du pouvoir était à portée de mains. Il faut choisir pour tenter sa chance dans une élection quelconque. On lui demanda alors, pour rester dans la ligne du maître, de suivre une petite formation. On ne s’improvise pas candidat, surtout du principal parti de France, sans un minimum de bases. Il dut passer dans douze ateliers, deux modules selon le vocable officiel, pour parer à toutes les nécessités de l’aventure.

 

Laissez-moi vous narrer dans le détail, les contenus de formation. Tous nos députés macronistes sont passés par là, il se murmure que d’autres partis disposent du même programme préparatoire. Je vous invite à prendre très au sérieux ce petit résumé si vous désirez, à votre tour, vous lancer dans la grande aventure civique.

 

Première journée

 

 

Atelier numéro 1 : Comment manger son chapeau ?

 

Il n’est jamais inutile de débuter un cursus par le point le plus délicat. L’exercice du pouvoir suppose d’avoir de l’estomac. Un autre atelier le démontrera également. Il est important pour ce premier impératif d’avoir les dents longues. La matière dont sont faits les chapeaux suppose également de parfaire sa dentition. La recommandation de base est d’affûter ses canines contre un parquet. Si l’exercice est délicat, il n’en demeure pas moins d’une efficacité largement attesté par bien des grands noms de la fonction.

 

Atelier numéro 2 : Apprendre à arracher les dents ?

 

Il convient parfois de prendre au pied de la lettre les expressions populaires. Elles sont porteuses d’une sagesse dont le futur candidat ne peut se dispenser. L’art du mensonge suppose de mettre tous les atouts de son côté pour passer maître dans la duperie. Apprendre à arracher une dent sans anesthésie et avec les moyens du bord est une sorte de passage obligé tout comme du reste trouver le cobaye pour réaliser la chose. Accomplir ce prodige risque de couronner votre entrée en politique.

 

Atelier numéro 3 : Jeter de la poussière aux yeux ?

 

Si le mensonge est votre fond de commerce, il s’agit de ne pas s’en contenter. Les belles promesses, les propositions illusoires doivent alimenter vos discours. La conviction s’impose en ce domaine. L’art d’enfiler des perles, des propos creux mais brillants pour un public que nous qualifions dans notre jargon de Pimpins vous sera fort utile pour vous concilier ceux qui votent sans réfléchir. La poudre de perles à Pimpins sera une arme redoutable dont vous devrez acquérir la maîtrise.

 

Atelier numéro 4 : Monter en épingle

 

L’art de la controverse ne doit pas vous être étranger. Cependant, s’aventurer réellement dans le débat est un risque majeur surtout si comme notre profession l’impose, nous n’avons guère de solution crédible à avancer. L’esquive est la plus sûre parade en s’appuyant sur un fait ou une réplique mineure afin de sans cesse revenir à la charge, piquer votre adversaire, le harceler avec une parfaite mauvaise foi. Nous appelons ça monter en épingle ou parfois monter la mayonnaise.

 

 

Atelier numéro 5 : Vendre du vent

 

Voilà bien ce qui caractérise notre corporation. Si la formule peut laisser croire que la chose est aisée, il convient cependant de savoir justement d’où vient le vent. Le bon politicien doit impérativement disposer d’une girouette qui lui donnera le cap à suivre. Le doigt toujours mouillé, vous devrez sentir les courants d’idées, saisir les nouvelles tendances, avoir l’art et la manière d’infléchir vos positions pour toujours être en phase avec la versatile opinion publique.

 

Atelier numéro 6 : Laisser pisser le mérinos

 

Nous achèverons ce premier cycle de formation par un module essentiel à votre tranquillité. Nous ne vous demandons pas d’avoir bonne conscience, la chose est impossible dans le métier mais tout simplement de repousser d’un revers méprisant de la main tout ce qui pourrait vous contrarier. Ne vous sentez jamais concerné par les attaques surtout quand elles viennent d’un persifleur, d’un pamphlétaire ou d’un opposant systématique. Votre silence est garant de succès.

La seconde journée de formation demain. Voici un exemple d'application à la lettre de mes cours par un élève prometteur

 

 

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