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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Les douze travaux du postulant : deuxième partie

Formation professionnelle au parlement

 

 

Après une première journée d’apprentissage des bases du métier de la politique, une petite soirée récréative s’impose. Elle se déroulera lors d’une cérémonie officielle si possible suivie d’un spectacle. Vous aurez alors tout loisir de jouir des privilèges de ceux qui vous précèdent, qui sont parvenus au pouvoir. Champagne, petits fours, place réservée, passage dans les loges, photographies en compagnie de l’artiste sont autant de petit plus qui doivent vous donner l’envie de bénéficier à votre tour de ces à côté de la profession. Le chauffeur personnel ne sera au programme que si vous avez une ambition plus forte encore.

 

Atelier numéro 7 : Avaler des couleuvres

 

Nous débuterons la seconde journée à nouveau par une compétence alimentaire. Notez la nuance, cette fois, il s’agit d’avaler, sans digérer bien sûr. La couleuvre doit glisser, ne laisser aucune trace, disparaître à tout jamais. Votre organisme doit l’ingérer, l’engloutir et ne plus jamais évoquer son souvenir. Il convient de passer bien des choses en profit et pertes, disposer de la capacité d’effacer les éléments négatifs de votre disque dur. L’amnésie est une qualité fondamentale dans notre univers.

 

Atelier numéro 8 : Tirer les ficelles

 

Vous serez souvent traités injustement de pantin par les jaloux. Ne leur accordez aucune importance car bien au contraire, c’est à vous de vous dissimuler derrière le rideau pour en tirer les ficelles. Vous devez déléguer, envoyer au feu des comparses et encore mieux des opposants qui seront le cœur de cible des déçus. Vous apparaîtrez alors, en sauveur, sans avoir été affecté par les erreurs, les fautes qui auront été commises par d’autres. Vous devrez surtout apprendre à vous laver les mains de tout ce qui n’est pas bon à votre image.

 

Atelier numéro 9 : Mettre le nez dans la farine

 

Rassurez-vous, il ne s’agit pas de votre nez. Si vous devez le mettre partout, tout savoir s’en rien n’en paraître, il vous appartient de vous montrer impitoyable dès qu’une bévue est commise. Le responsable désigné (qu’importe la réalité du fait) sera châtié publiquement, humilié, radié de votre entourage. Vous devez lui enfoncer le nez dans la farine ou à défaut dans la fange. Vous devrez faire preuve d’une détermination impitoyable. Renoncer à l’amitié s’impose dans l’exercice du pouvoir.

 

Atelier numéro 10 : Clouer le bec

 

Nous pourrions tout aussi bien appeler ce module : enfoncer le clou. Il est ici question de l’art et de la manière de faire taire définitivement un opposant. Plus vous taperez dur, plus vous taperez fort et mieux sera obtenu le résultat. Prenez de la hauteur, tenez le marteau à l’extrémité du manche, assurez-vous que le clou soit dans les mains d’un comparse. Des exercices pratiques vous seront proposés afin d’apprendre à ne jamais frapper à côté de la bonne tête.

 

Atelier numéro 11 : Faire le gros dos.

 

Nous vous apprendrons à laisser passer la tempête, à disparaître opportunément quelques jours au cœur de la tourmente. Nous vous donnerons aussi quelques conseils à propos de cette partie du corps qu’il convient de ne jamais présenter à vos ennemis. À titre de conseil et pour rester dans ce registre, faire la bête à deux dos dans l’exercice de votre activité est fortement déconseillé. Beaucoup s’en mordent les doigts.

 

Atelier numéro 12 : Tirer les marrons du feu

 

C’est pour finir le plus grand talent que vous devez acquérir. Les mandats sont de courte durée, un projet met du temps à se réaliser. Bon nombre d’actions que vous inaugurerez ne seront pas de votre fait. Qu’importe, vous devez absolument vous les attribuer comme il vous appartiendra de coller sur le dos de vos opposants les éventuelles et improbables maladresses de votre fait. Le marron est destiné à remplir les dindes et les chapons, ne vous en privez pas quand il s’agit de boulets à traîner. Par contre, s’ils vous sont favorables, n’hésitez jamais à vous en régaler.

 

Hilarion sortit hilare et ragaillardi de sa formation. Il devint un être certes parfaitement infréquentable comme ami, compagnon de route ou fréquentation ? mais un solide professionnel de la duperie, de l’hypocrisie et de la roublardise. Il se rendit compte à sa grande surprise que tous ces adversaires avaient eu la même formation ce qui ne lui fit jamais douter de sa pertinence. Il se prit pour Hercule, n’étant hélas que lui-même, Hilarion Lefuneste le bien nommé.

 

 

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