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Chroniques au Val

Ligericus sum, nil Ligeris a me alienum puto.

Scène de ménage à trois.

Triste spectacle.

 

 

La politique a ceci de merveilleux que ses têtes de liste se complaisent semble-t-il à nous proposer le pire sans pudeur ni honte. Batailles de chiffonniers, langage de charretiers, concours d’invectives et surtout, cerise sur le fardeau, la réplique qui démontre que tout ceci n’est que faux-semblant, « Menteur ! », déclinée à plaisir sous toutes les formes possibles. Pourtant les trois personnages incriminés ici me sont sympathiques et je suppose que dans le privé, ils ont toutes les qualités requises pour être aimables et fréquentables. C’est donc le jeu de ce qu’on conçoit être la Démocratie qui suppose pareille transformation pour gagner des voix sur le dos des voisins.

Il suffit d’un débat pour que ces gens qui aspirent à prendre les rênes de la cité se transforment en lutteurs de foire. Eux qui espèrent de toutes leurs forces diriger une équipe qui leur sera dévouée corps et âmes, contraindront à leur tour ces derniers à accepter par loyauté d’avaler couleuvres et chapeaux pour pouvoir crier victoire le 28 juin au soir. Pour réaliser ce projet et durant une semaine encore, chacun ira de sa petite vacherie, de son commentaire acerbe, de sa peau de banane pour contrer les autres et faire du scrutin une bataille rangée par réseaux sociaux interposés.

Pour l’heure c’est le débat et son étrange jeu des apparences et des postures, quand ce que doivent montrer les candidats est éloigné au possible de ce que sont les personnes réelles. L’observateur neutre s'horrifie du spectacle proposé puis se demande s’il est raisonnable d’aller voter. Il comprend alors les raisons de cette mesure absurde qui exigera ce jour-là de porter un masque sur le visage : c’est simplement pour dissimuler sa honte de devoir choisir parmi ce menu fretin de la dialectique.

L’observateur se montre aussi injuste mettant dans le même panier de crabes celui qui ne dit rien et assiste contraint et désolé au combat de deux coqs qui se volent dans les plumes après avoir été amis et complices. C’est qu’il aurait dû taper du poing sur la table et exiger que cesse ce cirque honteux, au lieu de quoi, il pariait sur l’effet désastreux de cette algarade du plus mauvais effet. Tenir la chandelle est certes moins grave mais il eut été préférable d’en souffler les bougies.

Quant au meneur du jeu, l’essentiel était sans doute ailleurs. Plus les protagonistes s’étripent plus l’auditeur reste collé à son poste de radio. C’est la loi du genre et l’observateur n’échappe pas lui non plus à cette critique. Les odeurs de souffre, de sang et parfois celle de la fange attirent le futur électeur sans pour autant éclairer son choix.

Sur le fond, chacun aura compris que la Métropole allait se mettre à honorer la petite reine qui se cherche encore un roi digne de ce nom. La belle cité et ses satellites passeront à l’énergie verte ou électrique puisque celle-ci est soudain exonérée de tout déchet nucléaire par ces écologistes de la vingt cinquième heure. Pourtant avec tout ce qu’ils ont remué et qu’ils continueront à remuer, la méthanisation aurait un bel avenir en bord de Loire.

La crise sera le premier objectif de l’un, la priorité de l’autre et la préoccupation essentielle du dernier. Nous en sommes soulagés. Presque les mêmes remèdes à nos maux, la différence se fera sur la bonne mine de l’élu. Une bataille d’images en somme même si pour l’emporter il faut la ternir lors de deux combats de pancrace, à la vie à la mort. Le futur lauréat suppose sans doute que l’ardoise sera effacée et que les citoyens oublieront la désolante impression qu’ils nous ont offerte.

Je le leur souhaite. Il est vrai que la mémoire fait défaut dans le jeu de la politique y compris à ces principaux acteurs. Celui qui ne voulait rien entendre pour fermer un sens du pont Royal à la bicyclette se découvre l’urgente et impérieuse nécessité de réaliser ce projet qui lui tient à cœur depuis toujours, cet autre qui freina des quatre fers pour entreprendre la seconde ligne de tramway pour ne pas suivre les pas de son prédécesseur, rêve désormais d’un troisième tronçon et d’une extension du second. Le dernier, demeure encore vierge de réalisation puisque depuis toujours dans l’opposition.

Le choix sera complexe. La publicité faite à cette triangulaire dans les médias nationaux épargnera peut-être les futurs budgets communication de la ville. Il faut l’espérer. La présence médiatique du maire en activité fut d’ailleurs étrangement importante, preuve que se déclarer sans étiquette mais avoir une colistière députée en marche, aide à la bienveillance des grands groupes de communication. Tout ceci pour dire que la bataille sera rude, la dernière ligne droite semée de chausse-trappes et que quel que soit le vainqueur, un curieux et désagréable goût « à maire » ne s’estompera pas aisément. Que le meilleur gagne à moins que ce ne soit que le moins mauvais ! Mais qu’avons-nous à gagner nous autres les électeurs dans cette farce ?

Civiquement vôtre.

 

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